
Comment analysez-vous cette demi-finale perdue face à la Tunisie ?
Il faut être honnête, notre première période a été catastrophique. On est complètement passés à côté de notre sujet. Trop de pertes de balles, beaucoup de déchets dans le jeu et surtout un énorme manque d’efficacité. À ce niveau de compétition, face à une équipe comme la Tunisie, ce genre d’erreurs se paie immédiatement. On leur a facilité la tâche et on a rendu le match très compliqué dès les premières minutes.
Qu’est-ce qui explique ce visage inquiétant montré avant la pause ?
Il y a plusieurs facteurs. D’abord, la pression du match, une demi-finale continentale face à un rival historique. Ensuite, un manque de lucidité dans les choix offensifs et pas mal d’erreurs de placement en défense, notamment dans l’axe. On a laissé trop d’espaces, notamment à leur pivot, et on a subi. Quand vous ratez autant d’occasions et que vous perdez autant de ballons, vous ne pouvez pas espérer rivaliser longtemps.
En seconde période, l’équipe a montré un meilleur visage…
Oui, il y a eu des choses intéressantes après la pause. Les joueurs ont essayé de se libérer, de jouer avec plus d’agressivité et d’intensité. On a fait mieux circuler le ballon, on a été plus disciplinés par séquences. Mais le mal était déjà fait. Le retard était trop important pour être comblé face à une équipe tunisienne expérimentée, bien rganisée et très réaliste.
Le manque d’efficacité et les pertes de balles ont été déterminants…
Absolument. On ne peut pas gagner une demi-finale du Championnat d’Afrique avec autant de déchets techniques. On a manqué de précision dans les tirs, de justesse dans la dernière passe. La Tunisie, elle, a su profiter de nos erreurs et gérer son avance avec beaucoup de maîtrise. C’est aussi ça l’expérience du haut niveau.
Vous avez souvent évoqué la pression subie par l’équipe après la défaite face au Nigeria…
Oui, et je tiens à le dire clairement. Après cette défaite, certains ont été très virulents envers les joueurs. J’ai trouvé cela excessif, voire injuste. Il ne faut pas oublier que 12 joueurs sur 18 disputaient leur premier championnat d’Afrique. Ce sont de jeunes joueurs, en apprentissage, et ils ont besoin de soutien, pas d’acharnement.
Que retenez-vous, malgré tout, de ce parcours ?
La qualification pour le Championnat du monde reste l’essentiel. C’était l’objectif principal et il a été atteint. Je dédie ce parcours et cette qualification à tous les amoureux de la sélection nationale, à ceux qui ont soutenu et encouragé les joueurs du début jusqu’à la fin, dans les moments difficiles comme dans les bons.
Quel message pour l’avenir de la sélection ?
Il faut se tourner vers l’avenir avec lucidité et optimisme. L’équipe qui prendra le relais après ce championnat d’Afrique pourra travailler dans la durée et préparer sereinement le Mondial. Participer régulièrement aux compétitions internationales est indispensable pour ne pas creuser l’écart avec les grandes nations. Il y a encore des lacunes, bien sûr, mais l’important est de construire, de faire progresser ce jeune effectif et de préparer l’avenir. Je reste optimiste.
Entretien réalisé par A. A.



