
Quelques heures avant le départ pour la République tchèque, le sélectionneur national, Salah Bouchekriou, est revenu en détails sur l’objectif des deux prochains stages, mais aussi sur l’importance des prochaines sorties amicales face à des adversaires de qualité tels que la sélection tchèque ou encore le Kosovo et la Géorgie. Et ce n’est pas tout, puisque Salah Bouchekriou, qui dirige pour la 7e fois de son histoire la sélection, a révélé les principaux objectifs lors de la prochaine CAN, prévue à partir du 21 janvier au Rwanda.
Vous allez entamer un long stage de préparation en République tchèque. Quel est l’objectif principal de ce rassemblement à l’étranger ?
Ce stage en République tchèque est très important dans notre plan de préparation. Il s’étalera jusqu’au début janvier et sera surtout axé sur la montée en puissance du groupe, aussi bien sur le plan physique que technico-tactique. Concrètement, nous allons axer le travail sur l’endurance, la résistance à l’effort et la précision technique nécessaire pour exécuter notre plan de jeu. Nous aurons l’occasion de disputer un premier match amical, le 30 décembre, face à la sélection tchèque, avant d’enchaîner avec d’autres rencontres contre le Koweït, le Kosovo et la Géorgie. Ce sont des confrontations intéressantes qui nous permettront de mesurer notre niveau face à des styles de jeu différents et d’ajuster notre travail en conséquence.
Pourquoi avoir programmé autant de matchs amicaux durant cette période ?
Ces matchs sont essentiels pour moi. À l’entraînement, je peux déjà observer certaines choses, mais ce sont les matchs qui révèlent réellement le niveau technique, tactique et mental des joueurs. Nous avons intégré de nouveaux éléments dans le groupe, ils montrent de bonnes choses à l’entraînement, mais je dois les voir en situation réelle, sous pression. C’est à travers ces rencontres amicales que je pourrai mieux cerner leur capacité à s’intégrer au projet de jeu et à répondre aux exigences du haut niveau. Les adversaires de qualité, comme le Kosovo et la Géorgie, nous permettront aussi de tester notre capacité à adapter notre plan de jeu en fonction de propositions variées et de schémas offensifs différents. En somme, ce calendrier de matchs amicaux sert de laboratoire grandeur nature pour les choix définitifs avant la compétition.
Le groupe va-t-il se renforcer avec l’arrivée de joueurs évoluant à l’étranger ?
Oui, progressivement. Lors du rassemblement à Alger, quelques joueurs évoluant à l’étranger ont commencé à rejoindre le groupe, et cette semaine l’effectif va se compléter. C’est un point très important, car ces joueurs apportent une expérience différente, un vécu international qui est précieux à l’approche d’une compétition continentale comme la Coupe d’Afrique des nations. L’objectif est d’avoir un groupe équilibré, compétitif et prêt sur tous les plans. L’arrivée progressive permet aussi de favoriser l’intégration dans le système de jeu et de limiter les effets de transition avant le grand moment.
Sur quoi portera le travail technique et physique durant ce stage ?
Nous travaillons évidemment l’aspect physique, car c’est la base à ce stade de la préparation, mais nous insistons aussi beaucoup sur le technico-tactique. La CAN approche à grands pas, elle débutera le 21 janvier au Rwanda, donc, il faut être prêt rapidement. Nous cherchons à installer nos principes de jeu, à améliorer la cohésion du groupe et à corriger certains détails qui peuvent faire la différence lors des matchs officiels. Concrètement, cela se traduit par des séances combinant endurance spécifique, travail de force fonctionnelle et répétitions en situation de jeu, afin que chaque joueur puisse appliquer rapidement les consignes même sous pression.
Après la République tchèque, vous enchaînerez avec un second stage en Slovénie. Que peut-il apporter de plus ?
Après ce premier stage, nous irons en Slovénie où nous affronterons également une équipe slovène d’un très bon niveau. Ce sera une étape supplémentaire dans notre préparation, avec des adversaires solides et un contexte encore plus exigeant. À l’issue de ce second stage, nous rentrerons en Algérie, le 14 janvier. Nous aurons alors 2 ou 3 séances avant de repartir à Kigali le 17 janvier, soit 4 jours avant le début de la compétition. Cette logistique tient compte de l’horloge biologique des joueurs et de la nécessité d’être en phase avec les exigences du tournoi, tout en préservant les récupérations et les éventuels ajustements finaux.
Comment analysez-vous le groupe de l’Algérie pour cette CAN ?
Je dirais que notre groupe est abordable, même si le Nigeria sera sans doute l’adversaire le plus difficile du premier tour. Notre objectif est de passer ce premier tour et accéder au second. Logiquement, nous pourrions ensuite affronter des équipes comme l’Égypte et l’Angola. Ce sont deux grandes nations du handball africain, avec un niveau très élevé. L’Égypte domine le handball africain ces dernières années et l’Angola reste une référence sur le continent. L’adversité sera relevée, mais ce défi peut aussi servir de carburant pour pousser nos jeunes joueurs vers un niveau plus élevé.
À partir de quel moment la compétition devient-elle réellement difficile, selon vous ?
À mon avis, c’est surtout à partir du second tour que les choses sérieuses vont commencer. Le niveau sera plus relevé, les matchs plus intenses et chaque détail comptera. Si nous parvenons à aller encore plus loin, nous pourrions croiser des équipes comme la Tunisie ou d’autres formations très solides. Mais je ne veux pas trop me projeter. Dans ce genre de compétitions, il faut gérer match par match.
Quel est l’état d’esprit du groupe à quelques semaines de la CAN ?
Les joueurs sont motivés, concentrés et déjà dans le bain. On sent une vraie envie de bien faire et de réussir un bon parcours. Le plus important pour nous, c’est de bien préparer ces deux stages en République tchèque et en Slovénie, afin d’arriver au Rwanda dans les meilleures conditions possibles. Ensuite, le terrain parlera, mais je suis confiant quant à l’engagement et à la détermination de mes joueurs.
Propos recueillis par A. A.



