
À quelques jours du coup d’envoi du championnat Excellence masculin, prévu le 2 octobre, le flou persiste autour du lancement de la nouvelle saison. Après le report des finales de la Supercoupe, initialement programmées le 25 septembre, c’est désormais la première journée du championnat qui pourrait être décalée, sur fond de divergences persistantes entre la Fédération algérienne de handball (FAHB) et les présidents de club.
La réunion tenue la semaine dernière entre les responsables de l’instance fédérale et les représentants des clubs n’a, en effet, pas permis de dégager un véritable consensus sur les principaux dossiers liés à la reprise de la compétition. Les difficultés financières rencontrées par plusieurs formations, les modalités d’organisation du championnat et les contraintes liées à la programmation ont créé des tensions, au point que certains présidents de club ont brandi la menace d’un boycott si des solutions concrètes ne sont pas trouvées.
Dans ce contexte, l’hypothèse d’un report de la première journée prend de l’épaisseur, alors que les clubs sont déjà engagés dans leur préparation et que le calendrier de la saison s’annonce particulièrement chargé.
Une formule à 16 clubs qui divise
Parmi les principaux points de désaccord figure la formule de compétition, avec un championnat à 16 équipes réparties dans une seule poule, soit 15 journées lors de la phase aller et autant au retour, pour un total de 30 journées. Si cette formule garantit à chaque équipe un nombre conséquent de rencontres, elle soulève néanmoins des interrogations sur le plan logistique et financier.
Chaque club devra, en effet, effectuer 15 déplacements au cours de la saison, même si certaines confrontations entre formations algéroises permettront de limiter les frais de transport et d’hébergement. Pour les autres équipes, la facture risque toutefois d’être particulièrement lourde. La JS Saoura, à titre d’exemple, devra effectuer 15 déplacements, avec toutes les charges que cela implique en matière de transport, d’hébergement et de restauration.
Une contrainte qui vient s’ajouter aux dépenses liées à la préparation, aux salaires des joueurs et à la gestion quotidienne des clubs. Dans un contexte où plusieurs formations éprouvent déjà des difficultés à boucler leur budget, la multiplication des déplacements constitue un véritable sujet de préoccupation. La question de la viabilité de la formule retenue mérite ainsi d’être examinée avec attention, d’autant que les clubs réclament des garanties leur permettant d’aborder la saison dans des conditions acceptables.
Le Mondial de janvier, une autre équation à résoudre
À ces difficultés vient s’ajouter un autre paramètre susceptible de compliquer davantage la programmation : le Championnat du monde masculin, prévu en janvier prochain. La participation de la sélection nationale à ce rendez-vous international pourrait entraîner une interruption du championnat d’environ un mois, notamment si le sélectionneur national, l’Espagnol Raúl Alonso, décide de faire appel à plusieurs joueurs évoluant dans le championnat local pour renforcer les rangs de l’équipe nationale.
Une telle éventualité obligerait la FAHB à revoir sensiblement son calendrier, avec le risque d’un enchaînement de rencontres à un rythme soutenu après la reprise. Pour les clubs, déjà confrontés à des contraintes financières et logistiques, cette situation pourrait compliquer la gestion de leurs effectifs et la préparation des différentes échéances.
La combinaison d’un championnat à 30 journées, d’une éventuelle trêve internationale prolongée et des difficultés financières des clubs pose ainsi la question de la faisabilité du calendrier dans sa configuration actuelle. Une réflexion approfondie sur la programmation apparaît nécessaire afin d’éviter que les contraintes organisationnelles ne finissent par peser sur le déroulement de la compétition.
Trouver rapidement une issue pour lancer le championnat
Face à cette situation, l’urgence est désormais de parvenir à un compromis permettant de lancer le championnat dans les meilleurs délais. Le président de la FAHB et les membres du bureau fédéral sont appelés à privilégier le dialogue, la raison et la sagesse afin de rapprocher les positions et de trouver des solutions réalistes aux préoccupations exprimées par les clubs.
Il ne s’agit pas uniquement de trancher la question de la formule de compétition, mais aussi de tenir compte des réalités économiques des équipes et des impératifs du calendrier international. Des ajustements pourraient ainsi être étudiés dans un esprit de concertation, sans perdre de vue la nécessité de préserver la régularité du championnat et les intérêts de l’ensemble des acteurs.
À ce stade précoce de la saison, un décalage de la première journée ne ferait qu’accentuer les incertitudes et compliquer davantage une programmation déjà délicate. La priorité doit donc être de parvenir rapidement à un terrain d’entente, pour permettre aux clubs de se concentrer sur le volet sportif et éviter que les divergences administratives et financières ne compromettent, dès son lancement, le bon déroulement de la saison.
A. A.



