
Álex Palou a frappé un grand coup dans l’histoire de l’IndyCar. À 28 ans, le pilote catalan du Chip Ganassi Racing décroche officiellement son quatrième titre dans la série américaine, le troisième consécutif. Un exploit qui lui permet d’égaler des légendes comme Mario Andretti, Dario Franchitti et Sébastien Bourdais. Surtout, il devient le premier pilote depuis Al Unser Jr. en 1994 à être sacré avec deux courses d’avance.
Le scénario s’est écrit bien avant l’arrivée, grâce au retrait prématuré de son dernier rival au championnat, Pato O’Ward. Parti en pole position après la pénalité moteur infligée à Christian Lundgaard, le Mexicain menait la course dans les premiers tours. Mais au 21e passage, son Arrow McLaren perd soudainement de la puissance. Malgré les efforts des mécaniciens pour le relancer, O’Ward repartira avec neuf tours de retard, définitivement hors course pour le titre. Dès cet instant, Palou était assuré d’être champion, quel que soit son résultat final.
La course, retardée pour des raisons de diffusion télévisée, avait pourtant bien commencé pour O’Ward, leader devant Rosenqvist et Power. Palou, seulement cinquième sur la grille après une erreur en qualifications, gagnait rapidement une position sur Malukas. Les premiers tours furent agités : plusieurs accrochages (Ferrucci, puis Foster et Simpson) provoquèrent deux neutralisations rapprochées, suivies d’un troisième drapeau jaune après un contact entre Rasmussen et Daly. Profitant d’une stratégie décalée, Power, Palou et McLaughlin menèrent un temps la course.
Après la neutralisation causée par l’abandon d’O’Ward, Power s’installa solidement aux avant-postes, ressortant en tête à mi-course après les premiers arrêts. Il conserva ensuite l’avantage sur Palou et Newgarden, avant que ce dernier ne soit accroché par Dixon. Dans les vingt derniers tours, Will Power contrôla la situation, résistant à Christian Lundgaard, revenu dans son sillage. Palou, troisième, tenta d’arracher la deuxième place avec l’aide du Push to Pass, mais le Danois défendit fermement jusqu’au drapeau à damier. La victoire à Portland est la première de la saison pour Power et le Team Penske, qui n’avaient plus gagné depuis cette même épreuve l’an dernier. Palou, lui, peut désormais aborder les deux dernières manches libéré de toute pression, déjà entré un peu plus dans la légende de l’IndyCar.

Amayas LAAZIB



