
Après une saison 2025 globalement décevante, le team Pertamina Enduro VR46 aborde l’année 2026 dans une position charnière. Si la structure fondée par Valentino Rossi a terminé troisième du classement des équipes, ce résultat masque une réalité plus contrastée : 493 points seulement, contre 530 en 2024, et surtout aucune victoire, faisant de VR46 la seule équipe Ducati restée à jeun la saison passée. Fabio Di Giannantonio, pourtant équipé de la GP25 championne du monde avec Marc Márquez, n’a décroché que quatre podiums. Franco Morbidelli, sur une GP24 pourtant très compétitive, s’est contenté de deux troisièmes places, sans jamais jouer la victoire. Un bilan en net recul par rapport au potentiel affiché en 2023, lorsque Marco Bezzecchi s’était invité dans la lutte pour le titre mondial. Dans ce contexte, le directeur sportif Pablo Nieto a fixé un cap clair : « Nous devons absolument progresser. Le team doit désormais se battre pour quelque chose qui compte ».
Une déclaration forte, à l’image des attentes croissantes autour d’une équipe devenue « factory supported » par Ducati jusqu’à fin 2026. Mais l’équation VR46 dépasse le seul cadre sportif. De plus en plus éloigné de la gestion quotidienne depuis son retrait fin 2021, Valentino Rossi est désormais très impliqué en GT, notamment avec BMW. Une implication réduite qui nourrit l’idée d’une structure davantage orientée vers le business que vers une quête obsessionnelle de résultats, à contre-courant de la philosophie prônée par Liberty Media, nouveau propriétaire de la MotoGP, favorable à des patrons de teams pleinement engagés sur le terrain. L’horizon 2026 s’annonce donc décisif. Le contrat Ducati arrive à échéance, tout comme le partenariat avec le sponsor principal Pertamina. En coulisses, la piste d’un passage chez Aprilia à partir de 2027 circule avec insistance, tandis que le marché des pilotes s’agite déjà. Le rêve Pedro Acosta reste dans les esprits, même si rien n’est encore acté. Héritier d’un passé glorieux en Moto2 et Moto3, le team de Tavullia sait que le temps de la nostalgie est révolu. Désormais, seuls les résultats compteront. Pour VR46, 2026 devra être l’année du rebond… ou celle d’un profond tournant stratégique.
Amayas LAAZIB



