
Rien ne va plus à la JS Kabylie. Le club le plus titré d’Algérie traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente et continue de « manger son pain noir ».
Avant-hier soir, au stade Hocine-Aït Ahmed, les Canaris ont encore laissé filer deux précieux points à domicile, en concédant un nouveau nul face au MB Rouisset. Un résultat qui a le goût amer d’une défaite et qui enfonce davantage le club dans la crise. Le public kabyle, habitué à voir son équipe jouer les premiers rôles, ne comprend plus ce qui arrive à son club de cœur. De match en match, la JSK déçoit, inquiète et donne l’image d’une équipe sans repères ni confiance. Face au MB Rouisset, les coéquipiers de Boudebouz ont livré une prestation très décevante et ont même frôlé la défaite. Sans quelques parades et un brin de réussite, le revers à domicile était tout à fait envisageable. Sur le plan du jeu, les carences sont criantes. La défense multiplie les erreurs d’appréciation et de placement, offrant des espaces et des occasions à l’adversaire.
Les relances sont approximatives, les duels mal négociés, et le bloc équipe peine à rester compact. Le compartiment défensif, censé être la base de toute grande équipe, se montre fébrile et vulnérable. Au milieu et en attaque, le constat n’est guère plus rassurant. Les joueurs donnent l’impression d’avoir perdu toute confiance. Ils jouent sans conviction, sans agressivité positive, et manquent de lucidité dans le dernier geste. Les enchaînements sont brouillons, les passes imprécises, les déplacements sans coordination. Par séquences, l’équipe semble jouer « n’importe comment », sans plan clair ni leader pour remettre de l’ordre sur le terrain. Ce nouveau faux pas à domicile ne fait que confirmer une réalité que plus personne ne peut nier : la JSK est plongée dans une véritable crise, aussi bien sportive que structurelle. Une situation qui fait très mal aux supporters, impuissants face à ce naufrage progressif.
Des objectifs ratés
La crise actuelle ravive chez les supporters le souvenir des saisons difficiles où la JSK jouait le maintien, loin de ses standards habituels. Pourtant, les moyens mis à la disposition de l’équipe sont importants. Sur le plan financier, le club bénéficie du soutien d’une grande entreprise publique, mais les résultats, eux, ne suivent pas.
Sur le plan des compétitions, le constat est alarmant. La JSK a déjà quitté la Coupe d’Algérie prématurément, une compétition qui a souvent constitué un terrain de reconquête pour les grands clubs en difficulté. En Champions League africaine, la situation n’est guère meilleure : en deux matchs disputés en phase de poules, les Canaris n’ont récolté qu’un seul point, se compliquant sérieusement la tâche pour la qualification au tour suivant.
En championnat, le titre semble d’ores et déjà s’être envolé, tant l’équipe manque de régularité et de constance. Même le podium, synonyme de qualification continentale, apparaît difficilement accessible au vu de la dynamique actuelle et de la concurrence. À ce rythme, le club risque de vivre une saison blanche, voire plus inquiétante encore si la spirale négative continue. Face à ce sombre tableau, des solutions doivent être trouvées, et vite. Il y a urgence. Si rien ne change rapidement, la JSK risque non seulement de rater complètement sa saison, mais aussi de s’enfoncer durablement dans une crise de confiance et de projet. Plus le temps passe, plus la marge de manœuvre s’amenuise. La clé se trouve très probablement du côté de la société Mobilis, actionnaire majoritaire et principal décideur. C’est à elle de prendre des mesures en urgence pour réorganiser la direction, choix techniques assumés, feuille de route sportive lisible, rétablissement d’un climat sain autour de l’équipe. Le club a besoin d’une ligne directrice stable et d’une gouvernance qui inspire confiance, avant qu’il ne soit trop tard.
M. L..



