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Bouchekriou : « Il y avait une place pour une médaille de bronze »

Fin de la CAN, le sélectionneur national fait son bilan

Au terme du Championnat d’Afrique disputé à Kigali, au Rwanda, le sélectionneur national, Salah Bouchekriou, dresse le bilan de la participation de l’équipe nationale. Déçu par le contenu du match de classement face au Cap-Vert, le technicien algérien revient sans détours sur les lacunes offensives, tout en mettant en avant la qualification au Mondial et l’émergence de jeunes joueurs prometteurs.
Comment analysez-vous ce match de classement perdu face au Cap-Vert ?
Je suis forcément déçu, surtout par notre prestation offensive. Nous avons encore une fois facilité la tâche à l’adversaire. Il y a eu beaucoup de pertes de balle, des fautes techniques, des précipitations. Offensivement, nous n’avons pas été à la hauteur et ce match a été révélateur de lacunes que nous traînons depuis le début du Championnat d’Afrique. Cette déception est d’autant plus forte que les occasions manquées et les décisions précipitées ont coûté cher à l’équipe dans un contexte où chaque opportunité comptait.
Vous insistez beaucoup sur le manque d’efficacité en attaque…
Oui, parce que c’est un vrai problème. Face au Cap-Vert, comme contre l’Égypte ou le Nigeria, nous avons raté énormément d’occasions. On parle de plus de 20 pertes de balle et d’environ 35 tirs face au but, avec de nombreuses parades du gardien adverse. Quand vous ratez autant, il est impossible de gagner un match, peu importe l’adversaire. En clair, l’efficacité devant le but n’a pas suivi et cela a pesé lourd sur le résultat final.
Est-ce un problème de précipitation ?
Clairement. Nous n’avons pas été patients. On ne garde pas le ballon, on le perd parfois en moins de 10 secondes. On se précipite face au gardien, on ne construit pas suffisamment nos attaques. Tout cela nous a privés de cette troisième place et d’un objectif qui restait à portée de main jusqu’au bout.
Défensivement aussi, il y a eu des manques…
Oui. Dans une défense avancée, qui est l’un de nos principes, il faut absolument gagner les duels. Or, par moments, nous les avons perdus. Cela a déséquilibré notre organisation et offert des solutions faciles à l’adversaire. Le collectif a été fragilisé lorsque les duels clés ont manqué, et cela a créé des situations dangereuses que l’on a ensuite eu du mal à contenir.
L’aspect physique est-il pour quelque chose ?
Certainement. Certains joueurs étaient très fatigués. Ayoub Abdi, par exemple, a beaucoup donné et cela s’est ressenti. Messaoud Berkous était blessé durant ce championnat d’Afrique, ce qui a affaibli notre compartiment offensif. Ce sont des paramètres qu’il faut prendre en compte pour comprendre les écarts observés, surtout dans l’intensité des matchs et le rythme soutenu du tournoi.
Avec du recul, auriez-vous pu demander plus à vos joueurs ?
Honnêtement, non. J’ai quelques regrets, bien sûr, car l’équipe aurait pu mieux faire, mais je ne peux pas accabler mes joueurs. Ils ont fait de leur mieux pour représenter dignement la sélection nationale. Ils se sont battus et ils méritent d’être remerciés. Ce qu’ils ont montré dans le cadre d’un tournoi difficile mérite d’être salué, même si le résultat final n’a pas été à la hauteur des ambitions.
Les objectifs fixés au départ ont-ils été atteints ?
Le premier objectif était la qualification au prochain mondial, en Allemagne, et il a été atteint. C’était primordial. Le deuxième objectif était le podium, malheureusement, nous avons échoué face au Cap-Vert. Mais je reste optimiste, car l’équipe a été rajeunie. 12 joueurs sur les 18 convoqués disputaient leur premier championnat d’Afrique. Ce turnover, bien encadré, est une base solide pour l’avenir et démontre que nous avons des ressources à développer.
Quelles sont vos principales satisfactions durant ce championnat d’Afrique ?
Sans hésiter, les jeunes joueurs. Des éléments comme Anis Mehdi, Bouadjadja, Guemaida et d’autres issus des moins de 21 ans ont montré des choses très intéressantes. Ce sont l’avenir de la sélection nationale. Ils ont du talent et peuvent nettement progresser s’ils sont mis dans de bonnes conditions et bénéficient d’un cadre stable pour mûrir.
Pensez-vous que cette génération peut progresser rapidement ?
Oui, à condition de travailler sérieusement. Il faut de la continuité, du temps et surtout un cadre stable. Les jeunes ont besoin de jouer, d’enchaîner les matchs de haut niveau et d’être accompagnés. Le talent est là, mais il doit être encadré et développé sur la durée. Le chemin peut être rapide si l’encadrement et les structures suivent.
Le Mondial sera-t-il une opportunité pour franchir un palier ?
Absolument. Une qualification au mondial n’est jamais anodine. C’est une vitrine, mais aussi une exigence supplémentaire. Le niveau y est très élevé et cela obligera les joueurs à hausser leur rendement. C’est dans ce genre de rendez-vous que l’on apprend le plus, aussi bien individuellement que collectivement. Cette expérience peut servir de tremplin pour la suite.
Que pouvons-nous retenir de cette compétition africaine à Kigali ?
Ce championnat d’Afrique doit servir de référence pour l’avenir. Il a mis en évidence nos limites, mais aussi notre potentiel. Nous avons affronté des sélections habituées au très haut niveau africain, avec beaucoup d’expérience. De notre côté, nous sommes encore en construction. Ce genre de compétitions permet justement de mesurer le chemin qu’il reste à parcourir et de calibrer nos prochaines étapes.
Un mot sur votre avenir à la tête de la sélection ?
Ma mission est accomplie. J’étais là de manière provisoire, après avoir répondu à l’appel du cœur et à la demande du président de la Fédération algérienne de handball. L’objectif inscrit dans le contrat était de qualifier l’équipe pour le Mondial. C’est fait. Aujourd’hui, c’est à un nouveau staff de prendre le relais et d’écrire la suite avec les garçons qui possèdent le potentiel nécessaire.
Enfin, quel message souhaitez-vous adresser aux clubs algériens ?
Le travail doit se faire en club. Ce n’est pas en sélection qu’on apprend à tirer ou à être efficace face au gardien. J’espère aussi que les clubs pourront participer davantage aux Championnats d’Afrique des clubs. Cela permet aux joueurs locaux d’élever leur niveau et de se confronter aux meilleures équipes du continent. Il faut un championnat national plus relevé et plus de moyens, car c’est la relève qui garantira l’avenir de cette équipe nationale.
Entretien réalisé par A. A.

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