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L’heure de la réforme a sonné

De retour du Championnat d’Afrique des nations, l’équipe nationale algérienne de handball a relancé, une fois de plus, le débat sur l’état réel de la discipline. 
Retard par rapport aux grandes nations du continent, manque de constance au haut niveau, le constat est largement partagé. Mais au-delà des performances ponctuelles, c’est tout un système qui est aujourd’hui interpellé. Et pour la première fois depuis longtemps, les signaux envoyés laissent penser que le moment d’agir est arrivé.
Un diagnostic enfin assumé
Le président de la Fédération algérienne de handball, Mourad Boussebt, n’a pas cherché à contourner le débat. Au contraire, il a reconnu publiquement les limites actuelles du handball national et la nécessité d’un changement profond. Les déclarations récentes sur l’ouverture de discussions avec un technicien islandais pour prendre en charge la sélection nationale seniors messieurs s’inscrivent dans cette logique de rupture avec les anciennes pratiques. Mais pour certains, plus que le choix d’un entraîneur, c’est surtout la mission qui lui serait confiée qui retient l’attention. Il ne s’agirait pas uniquement de gérer une équipe nationale, mais de participer à la mise en place d’un véritable organigramme technique fédéral, avec un rôle central au niveau de la DTN, de la formation, de la planification et de l’organisation globale de la discipline.
Une fédération stratège et des clubs formateurs, une nécessité
L’un des points essentiels évoqués concerne la clarification des rôles. La formation ne peut plus être un slogan, ni une responsabilité diluée. La Fédération doit définir une vision, des méthodes, des standards, tandis que le travail quotidien de formation doit se faire au niveau des clubs. C’est là que se construisent les joueurs, là que se forgent les bases techniques et mentales. Se rapprocher des clubs, comprendre leurs réalités, leurs difficultés, leurs moyens, mais aussi leurs manquements, devient une nécessité. Sans clubs solides, structurés et accompagnés, aucune réforme durable ne peut voir le jour. Le handball moderne repose sur un écosystème cohérent, pas sur des décisions isolées.
Le professionnalisme comme un passage obligé
Le débat sur le statut du championnat n’est plus évitable. Rester dans un modèle amateur, avec une moyenne d’entraînement très faible, est incompatible avec les exigences du handball international. À l’échelle mondiale, les joueurs de haut niveau s’entraînent jusqu’à 1 200 heures par an. L’écart est immense et il explique en grande partie le retard accumulé. Passer au professionnalisme n’est donc pas un luxe, mais une obligation. Cela suppose des clubs structurés, des contrats clairs, un encadrement compétent et une planification rigoureuse. Sans ce virage, toute ambition continentale ou mondiale restera théorique.
La volonté politique est bien là
Pour que cette transition soit possible, la volonté politique est indispensable. À ce niveau, des signaux forts ont été envoyés. Le président de la République a exprimé son engagement à soutenir le redressement du sport algérien, y compris par le recours à des expériences étrangères reconnues. Cette ouverture est une opportunité à saisir, à condition qu’elle s’inscrive dans un projet global et cohérent et non dans des solutions ponctuelles. L’apport extérieur peut être un levier, mais il ne remplacera jamais une réforme interne profonde, adaptée aux réalités locales.
Le moment d’agir, sans attendre
Le handball algérien est à un tournant. Le diagnostic est posé, les discours sont clairs, les intentions sont affichées. Il ne manque désormais qu’une chose, le passage à l’acte. Repousser encore les décisions reviendrait à prolonger une situation déjà connue, avec les mêmes conséquences. Prendre le taureau par les cornes, engager une vraie réforme, redresser la barre avec courage et lucidité. C’est dire que le temps n’est plus à l’observation, mais à l’action. Le handball algérien a besoin d’un projet, d’une méthode et d’une vision à long terme. La vraie réforme, celle qui peut changer le destin de la discipline, doit commencer maintenant.
A. A.

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