Ligue des champions, UEFA, sponsoring… le milliard qui fait trembler le football européen

Alors que l’UEFA s’apprête à franchir un cap historique en atteignant le milliard d’euros par an de revenus commerciaux issus des compétitions de clubs, dont la prestigieuse Ligue des champions, une énorme menace plane sur l’équilibre du football européen. Explications.
Toujours plus de cash avant le crash ? C’est sans doute ce que prédit l’Union des clubs européens (UEC), groupe de pression qui a récemment proposé l’adoption d’un nouveau modèle de répartition des revenus issus de la Ligue des champions et d’autres compétitions de clubs de l’UEFA, à la lecture du papier de The Guardian publié mardi sur le sujet. Et pour cause. Selon plusieurs sources concordantes, l’instance dirigeante du football européen s’apprête à franchir un cap historique sur le plan financier en générant, dès l’an prochain, plus d’un milliard d’euros annuels de revenus issus du sponsoring de ses compétitions de clubs, portés par une refonte ambitieuse de sa stratégie commerciale. Comme expliqué par le quotidien britannique, l’UEFA a, en effet, décidé de restructurer son offre marketing autour de partenaires « premium » capables d’investir massivement pour une visibilité globale sur l’ensemble de ses compétitions. L’objectif étant de maximiser la valeur de chaque contrat en augmentant l’exposition des sponsors sur un volume de matchs bien supérieur à celui de la seule Ligue des champions. Dans cette optique, des contrats longue durée avec de grandes multinationales comme AB InBev ou PepsiCo sont actuellement conclus alors que Nike a, de son côté, entamé des négociations pour remplacer Adidas comme fournisseur officiel du ballon. Dans le même temps, les droits TV continuent de s’envoler, notamment au Royaume-Uni et en Allemagne.
L’Union des clubs européens milite pour une nouvelle répartition
Des hausses significatives qui pourraient finalement porter les revenus audiovisuels à plus de 5 milliards d’euros par an. The Guardian précise même que les compétitions interclubs de l’UEFA pourraient dépasser les 6 milliards d’euros de recettes annuelles, contre environ 4,4 milliards actuellement. Oui mais voilà, si cette envolée (estimée à plus de 40%) s’inscrit dans une dynamique globale de croissance des recettes, celle-ci ne manque pas d’inquiéter. En effet, il convient de rappeler que la répartition actuelle des revenus favorise très largement les clubs engagés en Ligue des champions, qui captent près des trois quarts des montants redistribués (l’UEFA alloue 74 % de ses revenus en prize money aux clubs de C1, 17 % à la Ligue Europa et 9 % à la Conference League). Une concentration qui alimente logiquement les craintes d’un creusement des inégalités entre clubs européens. Vainqueur de la Ligue des champions la saison dernière, le Paris Saint-Germain avait ainsi récolté près de 144,4 millions d’euros. Des sommes XXL poussant donc l’Union des clubs européens à la révolte. Récemment, le groupe avait ainsi proposé une redistribution plus équitable entre les différentes compétitions et, indirectement, entre les championnats nationaux (50% pour la Ligue des champions, 30% pour la Ligue Europa et 20% pour la Conference League). Une proposition qui continue, pour autant, de se heurter à l’influence des plus gros cadors européens et qui empêche, à l’heure où nous écrivons ces lignes, d’imaginer une véritable réforme. De son côté, l’UEFA continue, elle, d’imprimer une logique claire : renforcer son attractivité commerciale et consolider la position de ses compétitions comme moteur économique du football mondial. Une stratégie attractive, certes, mais qui pose aujourd’hui la question de l’équité sportive et d’un modèle de plus en plus déséquilibré… Oui le cash arrive, à quand le crash ? Rapporte le site footmercato.net.



