L’airbag : la fausse bonne idée de la FIA

À la suite du dramatique week-end d’Imola en 1994, marqué par la mort de Roland Ratzenberger et d’Ayrton Senna, la FIA engage une refonte en profondeur de la sécurité en Formule 1. Parmi les nombreuses pistes explorées figure une solution aujourd’hui étonnante : l’introduction d’un airbag dans le cockpit des monoplaces. L’objectif était de réduire les traumatismes crâniens, notamment après l’accident de Mika Häkkinen à Adélaïde en 1995, où le pilote finlandais s’était grièvement blessé à la tête. Les premiers essais d’un airbag d’environ 60 litres montrent un bénéfice limité. La position très allongée du pilote concentrait l’impact au niveau du menton, et surtout, le risque de déclenchement intempestif sous les fortes contraintes en course rendait le système peu fiable. Rapidement, une autre solution s’impose : le HANS (Head And Neck Support). Développé avec l’appui de la FIA à la fin des années 1990, il cible précisément les blessures du cou et se révèle bien plus efficace. Malgré une adoption initialement contestée par certains pilotes pour des raisons de confort ou de crainte, le HANS devient obligatoire en 2003 et s’impose comme un standard incontournable. Aujourd’hui, combiné au halo introduit en 2018, il symbolise l’évolution pragmatique de la sécurité en F1, reléguant l’airbag à une simple étape historique, finalement mieux adaptée à la compétition moto.
Djaffar KHODJA



