L’Algérie fait parler sa profondeur de banc

Ce huitième de finale face à la RD Congo s’est longtemps apparenté à une partie d’échecs, où la patience et la lucidité primaient sur l’emballement. Face à un adversaire rigoureux, compact et discipliné, la sélection nationale a dû accepter un scénario exigeant, fait de maîtrise stérile et d’attente prolongée. Un type de rencontre où la gestion des temps faibles et la lecture des moments-clés deviennent déterminantes. D’entrée, les Verts ont pris l’initiative, confisquant le ballon et installant le jeu dans le camp adverse. La possession était bien là, tout comme l’organisation, mais les situations franches tardaient à se matérialiser. Le bloc congolais, très bas, fermait les espaces, obligeant l’Algérie à multiplier les circulations latérales, souvent propres mais insuffisamment incisives dans la zone de vérité.
Petković, le stratège
À mesure que la fatigue gagnait les organismes et que la perspective des tirs au but se précisait, le staff a choisi d’intervenir avec ambition plutôt que prudence. Les ajustements opérés ont redonné de la lisibilité au jeu et injecté de l’énergie dans les trente derniers mètres. L’entrée de joueurs capables d’accélérer, de provoquer et de casser les lignes a progressivement fait reculer le bloc congolais, jusque-là bien en place. Dans un match verrouillé, le dénouement survient souvent sur une étincelle. Elle est venue dans les ultimes instants des prolongations, sur une action construite, née d’une meilleure occupation des demi-espaces et d’un engagement maintenu jusqu’au bout. La finition, puissante et assumée, est venue récompenser une équipe qui n’a jamais cessé d’y croire, même lorsque le temps semblait jouer contre elle.
Une victoire révélatrice d’un état d’esprit
Au-delà du but décisif, ce succès met en lumière une sélection capable de gagner autrement. Sans briller en permanence, mais en faisant preuve de résilience, de discipline mentale et d’une vraie profondeur de banc. Dans une CAN où chaque détail pèse lourd, l’Algérie a démontré qu’elle savait accepter la souffrance, gérer la pression et frapper au moment opportun. Ce genre de match ne se résume pas à une ligne de statistiques. Il raconte surtout une équipe qui avance, apprend et s’adapte des qualités essentielles pour aller loin dans ce type de compétition.
Djamel ABED



