Arts martiauxOmnisport

Le président de la fédération évalue la participation de l’EN 

Championnats du monde de Kumité et Kata, Égypte-2025

La sélection nationale algérienne de karaté a récemment pris part à la 27e édition du Championnat du monde, qui s’est tenu au Caire, en Égypte, avant de regagner le pays hier en début d’après-midi.
Cette compétition mondiale a rassemblé les meilleurs karatékas de la planète, dans une atmosphère chargée d’intensité et d’exigence sportive. Selon Réda Benkaddour, président de la Fédération algérienne de karaté, et malgré les moyens limités dont dispose la fédération ainsi que les conditions de préparation des athlètes, la participation de l’équipe nationale algérienne reste tout à fait honorable. Louiza Abouriche, pièce maîtresse de la sélection, a su se distinguer en décrochant une médaille de bronze dans la catégorie des moins de 55 kg, un exploit qui représente la toute première médaille féminine remportée par l’Algérie dans un championnat senior de cette envergure.
Ce succès individuel témoigne à la fois du talent et de la détermination de cette athlète, qui a su porter haut les couleurs nationales. Néanmoins, Réda Benkaddour ne cache pas que l’équipe aurait pu faire mieux. Selon lui, Louiza avait le potentiel de prétendre à un résultat encore plus prestigieux. De même, plusieurs autres compétiteurs, face à des adversaires redoutables et après des performances prometteuses, n’ont malheureusement pas pu atteindre leurs objectifs escomptés, notamment en raison d’une préparation insuffisante. Par exemple, Ayoub Anis Helassa a été éliminé en quart de finale alors qu’il menait encore 2 à 0, tandis que Hocine Daïkhi et Cilya Ouikene ont vu leur parcours s’arrêter prématurément dès les huitièmes de finale.
Les conditions de qualification et la performance de la sélection
L’impression que Louiza Abouriche serait « l’arbre qui cache la forêt » ne correspond pas à la réalité, insiste le président de la fédération. En effet, la sélection algérienne comprenait un effectif de 11 athlètes de haut niveau, dont seulement trois avaient accédé directement au championnat grâce à leur classement mondial.
Les autres membres de la sélection ont dû obtenir leur qualification lors du dernier Championnat d’Afrique disputé à Abuja, où ils ont brillamment décroché des places sur le podium. Malgré ces qualifications méritées, la préparation globale des athlètes en amont du championnat mondial n’a pas été à la hauteur des exigences internationales, ce qui s’est ressenti dans certains résultats. Il faut noter que les meilleurs karatékas mondiaux étaient présents, rendant la compétition d’autant plus difficile.  Plusieurs athlètes ont dû financer eux-mêmes leurs voyages et leur participation à des tournois internationaux, une contrainte importante qui rend d’autant plus remarquables leurs performances sur le tatami, parfois obtenues dans des conditions très ardues.
Les difficultés financières et l’impact sur la préparation
La Fédération algérienne de karaté est confrontée à d’importantes difficultés financières qui ont fortement limité la qualité et la durée de la préparation des athlètes. Le bureau fédéral, en place depuis seulement huit mois, a hérité d’une dette massive estimée à 5 milliards de centimes, ce qui pèse lourdement sur les capacités d’action. Les créanciers réclament constamment leurs paiements, et les subventions prévues pour les exercices actuels ainsi que ceux des années précédentes n’ont malheureusement pas encore été versées. Cette situation financière difficile a gravement entamé la crédibilité de la fédération, au point qu’il devient désormais impossible de contracter des crédits pour améliorer les conditions des athlètes. Même la participation aux récents championnats d’Afrique a été réalisée en s’appuyant sur des dettes antérieures. C’est grâce au soutien direct du ministre des Sports que la sélection nationale a pu bénéficier d’un unique stage précompétitif au centre de Fouka marine  avant le rendez-vous mondial, un coup de pouce essentiel face à un contexte financier très compliqué. Ce stage a sans doute contribué à peaufiner la préparation physique et mentale des karatékas, leur permettant d’aborder la compétition avec un peu plus de sérénité et de confiance.
Un palmarès à valoriser et un avenir prometteur
L’Algérie compte à ce jour seulement trois médailles remportées aux Championnats du monde toutes éditions confondues, mais chacune d’entre elles revêt une signification particulière, symbolisant la montée en puissance et la reconnaissance progressive du karaté algérien sur la scène internationale. Réda Benkaddour lui-même a été champion du monde en 1993 à Alger, un exploit historique qui a marqué de son empreinte le développement de la discipline dans le pays. En 2012 à Paris, il assumait le rôle d’entraîneur lorsque Walid Bouaboub est monté sur la troisième marche du podium, décrochant une médaille de bronze synonyme d’une belle réussite collective. Aujourd’hui, à la tête de la fédération, il accompagne avec fierté le parcours de Louiza Abouriche, nouvelle médailleuse féminine pour l’Algérie dans un championnat senior. Il tient à souligner que le mérite revient avant tout aux athlètes eux-mêmes ainsi qu’aux staffs techniques qui les soutiennent et les accompagnent sans relâche tout au long de leur parcours, souvent avec des moyens très limités. Par ailleurs, il rappelle également la performance remarquable de Lamya Matoub, qui a remporté la médaille d’or aux Jeux mondiaux de 2017 et une médaille de bronze lors du Championnat du monde en 2018, illustrant ainsi la continuité et le potentiel du karaté féminin algérien. Ces résultats, bien que perfectibles, représentent un socle solide sur lequel il est possible de s’appuyer pour construire un avenir plus radieux. Malgré les difficultés actuelles, la passion, la détermination et le courage des karatékas algériens restent intacts. Avec une meilleure organisation, des moyens renforcés et un soutien accru, la Fédération algérienne de karaté est convaincue que ses athlètes pourront bientôt rivaliser plus efficacement avec les meilleurs du monde.
K. M. 

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page