
L’Algérie sera représentée par quatre judokas seulement aux prochains Championnats du monde de judo, prévus à Bakou, en Azerbaïdjan, du 4 au 10 octobre 2026. Une délégation volontairement resserrée, construite autour des athlètes ayant confirmé leur statut sur la scène continentale, notamment lors des derniers Championnats d’Afrique et des Jeux méditerranéens de Tarente.
La Fédération algérienne de judo (FAJ) a ainsi fait le choix de miser prioritairement sur ses champions d’Afrique et ses médaillés récents pour défendre les couleurs nationales lors de ce rendez-vous mondial, avec trois représentants masculins et une dame.
Quatre noms pour défendre les couleurs nationales
Dans la catégorie des moins de 66 kg, l’Algérie pourra compter sur Kaïs Moudathir. Régulier sur le circuit africain, le judoka algérien tentera de franchir les différents tours d’une compétition qui réunira l’élite mondiale de la discipline, avec des têtes d’affiche issues de toutes les confédérations. Chez les moins de 73 kg, la sélection nationale sera représentée par Dris Massoud Redouane, l’un des cadres actuels du judo algérien. Le judoka arrive à Bakou avec une référence de poids cette saison, après avoir décroché la médaille d’or aux Jeux méditerranéens de Tarente, fin août 2026. Un titre qui vient confirmer sa progression et qui lui permet d’aborder les Mondiaux avec une expérience supplémentaire au plus haut niveau, après une présence aux Jeux olympiques de Paris 2024 et plusieurs podiums continentaux. Dans la catégorie des plus de 100 kg, Mohamed El-Mehdi Lili sera le représentant algérien. Habitué des grands rendez-vous internationaux, il aura notamment la lourde tâche de se mesurer aux meilleurs spécialistes mondiaux de sa catégorie, dont plusieurs médaillés olympiques et mondiaux. Chez les dames, Yasmine Djelab sera engagée dans la catégorie des moins de 63 kg. Elle complétera une sélection algérienne qui compte donc en tout quatre représentants pour cette édition des Championnats du monde, dans un tableau féminin particulièrement relevé, marqué par le retour de plusieurs championnes olympiques et mondiales.
Le choix des champions d’Afrique, une sélection sur référence
Cette sélection traduit une volonté clairement assumée de la Fédération algérienne de judo de privilégier les athlètes ayant confirmé leur statut à l’échelle africaine et méditerranéenne. Les titres continentaux constituent, en effet, un critère déterminant au moment de composer une équipe appelée à prendre part à une compétition mondiale où chaque combat se joue souvent à un détail technique ou tactique. Avec seulement quatre judokas engagés, l’Algérie aura néanmoins une présence limitée à Bakou, comparée à d’autres nations africaines ou européennes. Plusieurs catégories ne seront pas représentées, notamment chez les hommes, où certains jeunes athlètes auraient pu prétendre à une première expérience mondiale. C’est notamment le cas d’Abdessalam Belbelhout, dans la catégorie des moins de 81 kg. Le jeune judoka, déjà régulier sur le circuit continental, aurait pu bénéficier d’une opportunité afin de poursuivre son apprentissage au niveau international et se frotter à l’élite mondiale. Même constat pour Rayan Zakaria Benattia, qui aurait également pu être retenu dans une catégorie inférieure à 100 kg, afin de gagner en expérience et en maturité tactique.
Des absences dans certaines catégories
La sélection algérienne ne comptera, par ailleurs, aucun représentant dans les catégories des moins de 60 kg et des moins de 90 kg. Une situation qui peut notamment s’expliquer par l’absence actuelle de judokas disposant de références suffisamment solides pour rivaliser avec les meilleurs spécialistes africains dans ces deux catégories, et donc justifier une sélection aux Mondiaux. La Fédération a donc fait le choix de concentrer ses moyens et ses chances de résultats sur les athlètes ayant déjà démontré leur capacité à s’imposer au niveau continental, plutôt que de diluer ses ressources sur plusieurs catégories sans garanties de performance. Pour les quatre représentants algériens, le défi sera désormais d’élever encore leur niveau afin de rivaliser avec une concurrence mondiale particulièrement relevée, marquée par la présence de nombreux médaillés olympiques, mondiaux et de Grand Chelem. Les Championnats du monde offrent également une occasion de mesurer le chemin parcouru depuis les dernières échéances africaines et méditerranéennes, et d’évaluer la marge de progression par rapport à l’élite internationale.
Dris Messaoud, une médaille d’or pour confirmer son statut
Parmi les judokas algériens engagés à Bakou, Dris Massoud Redouane sera particulièrement attendu après son sacre aux Jeux méditerranéens de Tarente. Sa médaille d’or constitue l’une des principales références de sa saison et confirme sa capacité à répondre présent lors des grands rendez-vous, après un titre aux JM d’Oran 2022 et plusieurs podiums africains. Le judoka algérien devra maintenant transposer cette dynamique sur la scène mondiale. Le niveau sera évidemment d’un autre calibre, avec la présence des meilleurs judokas internationaux dans la catégorie des moins de 73 kg, dont des champions du monde en titre et des médaillés olympiques. Mais son titre méditerranéen lui offre une expérience et une confiance supplémentaires avant d’aborder les Championnats du monde, ainsi qu’une légitimité renforcée au sein de la délégation algérienne. À Bakou, l’objectif sera donc de défendre au mieux les couleurs algériennes et, pour chacun des quatre représentants, de tenter d’aller le plus loin possible dans une compétition où chaque combat constituera un véritable test au plus haut niveau. Sur le plan technique, les judokas algériens devront notamment soigner leur entrée en matière, gérer intelligemment leur engagement physique et exploiter au maximum les opportunités de kumi-kata et de transitions debout-sol, face à des adversaires souvent très préparés tactiquement.
A.A



