
La sélection algérienne masculine de handball s’apprête à disputer la prochaine édition des Jeux méditerranéens, organisée à Tarente en Italie du 21 août au 3 septembre 2026.
Cette manifestation multisports, qui réunit tous les deux ans les nations du bassin méditerranéen, représente un rendez-vous majeur pour le handball algérien. Pour le Sept national, cette participation revêt une importance capitale, car elle permettra de déployer l’équipe A dans une optique de préparation optimale aux échéances internationales à venir, en tête desquelles figure le championnat du monde 2027 en Allemagne, prévu du 14 au 31 janvier. Qualifiée pour cette compétition planétaire après une campagne réussie en 2025, l’Algérie entre dans une phase décisive de son cycle olympique et mondial. Les responsables de la Fédération algérienne de handball (FAHB) sont conscients que chaque regroupement, chaque stage et chaque match comptent désormais pour bâtir une montée en puissance progressive. Dans ce cadre précis, les Jeux méditerranéens émergent comme une plateforme idéale, offrant non seulement du temps de jeu précieux mais aussi des confrontations directes avec des adversaires de calibre international. Historiquement, l’Algérie a souvent brillé dans ce tournoi, avec des médailles d’or en 1993 à Montpellier et en 2009 à Pescara, des souvenirs qui motivent le staff actuel à viser un podium pour relancer la dynamique.
Une compétition idéale pour préparer le mondial
L’atout majeur de cette compétition réside dans son format dense, garantissant un volume de matchs substantiel pour la sélection nationale. Dès la phase de groupes, les Algériens affronteront plusieurs équipes de premier plan issues du bassin méditerranéen, telles que l’Espagne, la Tunisie, l’Égypte ou encore la Croatie, des nations rodées aux plus grands rendez-vous continentaux et mondiaux. Ces duels initiaux permettront de tester les schémas tactiques sous pression réelle. Si l’Algérie parvient à se qualifier pour les phases finales, les opportunités se multiplieront avec des quarts, demies ou la finale ; sinon, les matchs de classement et la coupe du président – réservée aux équipes éliminées précocement – assureront au moins cinq à sept rencontres. Cette structure est d’autant plus précieuse dans un contexte où les stages internationaux, souvent coûteux et logistiquement complexes, se raréfient pour les sélections africaines. Face à des rivales européennes habituées aux circuits de la Ligue des champions EHF et aux équipes arabes comme le Qatar ou l’Arabie saoudite, les Verts pourront évaluer leurs progrès post-qualification mondiale. Par exemple, lors des qualifications, l’Algérie avait impressionné par sa défense agressive et ses contre-attaques fulgurantes, menées par des piliers comme Belkacem Ghorbel ou les frères Bourguiba. Les Jeux méditerranéens offriront l’occasion d’affiner ces automatismes, de corriger les faiblesses observées – comme la gestion des rotations en fin de match – et de mesurer le gap restant avant le Mondial allemand, où les cadors comme la France ou le Danemark dicteront la cadence.
Une occasion en or pour le futur sélectionneur
Au-delà du terrain, cette participation intervient dans un moment clé pour la gouvernance technique de la sélection. La FAHB accélère ses recherches pour nommer un sélectionneur stable, chargé de piloter le groupe sur le cycle 2026-2028, incluant le Mondial, l’Afrobasket et les JO de Los Angeles. Les Jeux méditerranéens pourraient constituer le premier banc d’essai grandeur nature pour ce nouveau technicien, lui offrant une série de matchs officiels pour analyser les profils individuels, observer les réactions sous stress et implanter les fondations de son système de jeu – qu’il s’agisse d’un 6-0 défensif ou d’un jeu plus fluide à la monténégrine. Si le processus traîne, comme souvent dans les instances sportives algériennes, Tahar Labane, expérimenté adjoint et intérimaire lors des qualifications, prendra les rênes temporairement. Cette continuité technique évite les ruptures brutales, comme celles vécues après le Mondial 2023 où les changements de coach avaient déséquilibré le groupe. Labane, artisan des succès récents avec ses 25 ans au sein du handball national, connaît parfaitement les forces des Verts : une intensité physique inégalée et un public fervent. Quoi qu’il arrive, Tarente sera un laboratoire précieux pour tester des options tactiques et fédérer un vestiaire multigénérationnel.
Donner leur chance aux jeunes éléments
Cette mobilisation offrira aussi un tremplin aux jeunes talents appelés à s’imprégner progressivement de l’effectif type. Les Jeux méditerranéens, avec leur enjeu modéré comparé à un Mondial, constituent un cadre parfait pour lancer des pépites issues des championnats locaux ou des clubs européens, sans exposer l’équipe à une élimination catastrophique. Des joueurs comme le pivot prometteur Ayoub Idoum ou l’arrière polyvalent Sami Zouaoui, âgés de 22-24 ans, pourraient ainsi accumuler des minutes précieuses face à des défenses hermétiques. Ces confrontations forgeront leur mental, les habitueront au rythme effréné du haut niveau – 60 minutes d’intensité pure – et les positionneront pour des sélections durables. Le renouvellement générationnel est un chantier prioritaire pour le handball algérien, qui repose encore trop sur une ossature de vétérans comme Lakhdar Bouguerra, proche de la quarantaine. La stratégie privilégiée – mixer jeunesse explosive et expérience – a déjà porté ses fruits en qualifications, avec des jeunes contribuant à 30% des buts. Tarente accélérera ce processus, en alignant sur la durée une sélection résiliente et ambitieuse.
Un soutien financier attendu
Des sources fiables indiquent que le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) s’engage à soutenir financièrement la FAHB pour cette préparation. Les budgets alloués couvriraient les frais de déplacement vers l’Italie, les stages en Europe – potentiellement en Croatie ou en Serbie – et les primes aux joueurs. Ces coûts, estimés à plusieurs millions de dinars, pèsent lourd sur une fédération aux ressources limitées. Ce coup de pouce étatique, récurrent depuis les qualifications mondiales, stabilisera les comptes et permettra une planification sereine jusqu’au Mondial, avec des sparrings de qualité et un encadrement médical renforcé.
Les dames également concernées
La sélection féminine suivra le même chemin, avec son équipe A au rendez-vous de Tarente. Pour ces handballeuses, inactives depuis le Championnat d’Afrique 2024 au Sénégal – où elles décrochèrent l’argent malgré une finale serrée face à l’Angola –, cette pause de plus de deux ans a freiné leur élan. En hibernation faute de compétitions et de staff stable, le groupe attend un renouveau, avec des rumeurs persistantes sur un coach espagnol expérimenté, à l’image de celles qui ont propulsé le Maroc en 2022. Tarente marquera un redémarrage, offrant des matchs pour retisser les liens et tester une génération menée par des cadres comme Chaabna ou Medjdoub, avides de revanche.
Un rendez-vous à ne pas manquer
À quelques mois de l’événement, les Jeux méditerranéens de Tarente 2026 s’imposent comme un pivot stratégique pour le handball algérien. Messieurs et dames y trouveront l’étincelle pour relancer la machine, préparer l’avenir et insuffler un nouvel élan à la discipline nationale, sous les yeux d’un public passionné.
A.A.



