Omnisport

Une gestion scientifique est nécessaire pour le sport de haut niveau  

Boxe, athlétisme et judo, ces sports ont offert à l’Algérie des médailles 

Invités mardi dernier sur le plateau de la chaîne II, dans le cadre du Forum de la radio nationale consacré au thème « Disciplines porteuses de médailles : entre moyens et performances », des figures éminentes du mouvement sportif ont partagé une conviction unanime : l’émergence d’un champion mondial ou olympique repose sur un suivi rigoureux et une approche scientifique de la préparation. Autour de ce constat commun, la majorité des spécialistes – experts, dirigeants, techniciens et athlètes – s’accorde sur une recette-clé : pour viser l’excellence mondiale, le sport de haut niveau a besoin de moyens matériels et humains importants, et d’un projet national qui s’appuie sur un accompagnement méthodique et l’implication d’un ensemble de parties prenantes. Cette vision dessine un cadre où le suivi et la gestion scientifique ne sont plus des accessoires mais des éléments indispensables à la performance.
Pour une prise en charge globale de l’athlète
L’ancien sélectionneur national de boxe, Rabah Hamadache, qui a dirigé l’équipe algérienne lors de quatre Olympiades, illustre ce point à partir de l’expérience du noble art. Malgré des performances notables, certains pugilistes ont été confrontés à des pratiques extra-sportives, notamment des jeux d’influence. « Pour préparer des boxeurs au JO, il faut un encadrement global et continu. Les athlètes qui visent le podium supportent un stress massif tout au long de la compétition ; l’assistance d’un psychologue devient alors primordiale pour éviter le décrochage et la perte de sang-froid », explique-t-il, ajoutant que les résultats pourraient être encore plus élevés sans ces tensions et sans les obstacles hors-jeu. Il rappelle aussi que dans d’autres nations – Kazakhstan, Cuba, États-Unis et d’autres – l’encadrement psychologique est mieux intégré.
Cette dimension psychologique est corroborée par Mohamed Flissi, grand nom de la boxe amateur algérienne, qui affirme avoir vécu les mêmes pressions lors des JO de Rio en 2016. « J’étais classé deuxième mondial et considéré comme un candidat sérieux ; voir mes coéquipiers sortir dès le premier tour m’a fortement affecté et m’a privé de mes chances », raconte-t-il. « Si un psychologue avait été présent, je suis convaincu que les résultats auraient été meilleurs. Parfois, ce sont des détails qui font la différence. » Idriss Haouès, expert en sport et coordinateur au MC Alger, souligne que le haut niveau exige non seulement planification et moyens, mais aussi la création d’un environnement propice à l’athlète, qui demeure influençable. Il évoque le rôle des médias, la gestion rationnelle des ressources matérielles et une planification efficace, recommandant une organisation couvrant au moins deux cycles olympiques.
Mettre au diapason la méthode de travail et la gestion 
Idriss Haouès rappelle que le talent existe en Algérie et que l’État mobilise les moyens nécessaires, mais que porter cet élan vers un niveau mondial suppose une planification à moyen et long terme. Il rappelle les exploits déjà réalisés par certains athlètes dans les championnats du monde et les JO, et affirme que l’histoire du sport national montre que les performances les plus marquantes proviennent des disciplines individuelles – athlétisme, boxe, judo, haltérophilie – qui constituent le véritable réservoir de médailles. Une planification rigoureuse est donc nécessaire pour convertir ce capital en résultats lors des échéances internationales futures. Ahmed Boubrit, directeur technique national (DTN) de la Fédération algérienne d’athlétisme, déplore que la préparation d’un athlète pour les JO s’étale sur environ quatre années, alors que les financements arrivent trop tard dans le cycle.
Il appelle à une révision des méthodes de travail et à une responsabilisation accrue des instances dirigeantes, insistant sur l’adoption de critères de compétence et de discipline dans la gestion technique et administrative, et sur le refus des interventions non qualifiées. Malgré ces défis, il affiche un optimisme prudent: la nouvelle génération d’athlètes est prometteuse, comme en témoignent les résultats obtenus lors des meetings. Il affirme que plusieurs jeunes sont capables de porter haut les couleurs nationales lors des Jeux olympiques de 2028. En somme, la voie vers des performances olympiques et mondiales passe par une approche intégrée, où les ressources, le soutien psychologique, la planification et la bonne gouvernance se coordonnent pour transformer le talent en résultats durables. L’espoir est là: avec une stratégie à l’échelle du long terme et une responsabilisation renforcée des acteurs, la Algérie peut renouveler et amplifier son récital de médailles sur la scène internationale.
A. A. 

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