
Le Sept national joue gros ce matin, dans un contexte particulièrement tendu. À l’occasion de la 2e journée du tour principal de cette compétition continentale de handball, l’Algérie affrontera l’Angola à 10h30, dans un match qui ressemble déjà à une finale avant l’heure, avec des enjeux cruciaux pour la suite du tournoi.
Après un parcours en dents de scie depuis le début de la compétition – marqué par des victoires encourageantes, mais aussi des revers inattendus face à des adversaires directs –, les Verts n’ont plus la moindre marge d’erreur et se trouvent dos au mur. Seule une victoire convaincante leur permettra de continuer à croire à une qualification pour le dernier carré, ce qui représenterait un exploit majeur pour la sélection algérienne. Toutefois, il y a des calculs précis à faire, car même en cas de succès, les Verts doivent impérativement dépasser la barre des 3 buts d’écart pour inverser la tendance au classement. Tout est, en effet, une question de goal-average dans ce décompte final impitoyable, où chaque but marqué ou encaissé peut faire basculer les positions et sceller les destins.
Bouchekriou soucieux du manque d’efficacité
Parmi les points qui préoccupent le plus le sélectionneur national, Salah Bouchekriou, figure incontestablement le manque criant d’efficacité offensive de son équipe. Face à l’Égypte, lors du match précédent, les Algériens ont affiché un réalisme défaillant dans les moments clés, avec pas moins de 21 tirs ratés, un chiffre alarmant et bien trop élevé pour un tel niveau de compétition internationale. Malgré des situations favorables créées avec persévérance, une circulation de balle parfois fluide et intéressante qui a mis en difficulté la défense adverse, le manque de lucidité dans le dernier geste – ces fameuses finitions décisives – a coûté extrêmement cher aux Verts, les privant de points précieux. Pour espérer faire tomber l’Angola, réputé pour sa solidité défensive, l’Algérie devra afficher un visage totalement différent sur le plan offensif, en cultivant une plus grande concentration mentale, une patience stratégique dans la construction des actions et, surtout, une efficacité chirurgicale face au but adverse. Bouchekriou a d’ailleurs multiplié les séances vidéo et les exercices spécifiques pour corriger ces lacunes et réveiller l’instinct tueur de ses attaquants.
Défensivement, il faudra être solides
Défensivement, le chantier à mener est tout aussi colossal et urgent pour les Algériens. Le staff technique, emmené par Bouchekriou, insiste avec force sur la nécessité d’être plus compacts dans le placement collectif, plus agressifs dans les duels, sans pour autant tomber dans l’excès de fautes qui pourrait profiter à l’adversaire. Si le sélectionneur opte pour une défense avancée – une option tactique qu’il affectionne pour presser haut –, il faudra impérativement fermer tous les espaces exploitables, couper les lignes de passes avec précision et éviter de laisser trop de liberté aux arrières angolais, réputés pour leur puissance physique impressionnante, leur endurance et leur capacité redoutable à tirer de loin avec une précision diabolique. La réussite défensive passera également par une meilleure communication verbale et gestuelle entre les joueurs, une discipline tactique irréprochable sur toute la durée du match, ainsi qu’une rotation intelligente des pivots pour maintenir la fraîcheur. Ces ajustements sont d’autant plus vitaux que l’Angola excelle dans les transitions rapides et les contres fulgurants.
Éviter les fautes de 2 minutes
L’autre point noir relevé lors du match face à l’Égypte concerne l’infériorité numérique récurrente, un fléau qui a miné les performances des Verts. L’équipe a écopé de 7 exclusions de 2 minutes, soit un total de 14 minutes passées en infériorité numérique – un handicap colossal dans un match de haut niveau où chaque seconde compte. Ces passages à vide répétés ont clairement influencé le rythme du jeu, perturbé l’équilibre tactique et diminué le rendement global de l’équipe, permettant à l’adversaire de prendre l’ascendant. Face à l’Angola, dont les joueurs sont passés maîtres dans l’art d’exploiter les supériorités numériques, l’Algérie devra commettre le moins d’erreurs individuelles possible, éviter les fautes inutiles souvent dues à une frustration mal canalisée, et gérer intelligemment l’engagement physique pour rester maître de ses nerfs. Des rappels constants du banc et une meilleure anticipation des arbitres seront essentiels pour inverser cette tendance négative.
Tout donner pour passer en demi-finales
Malgré les difficultés, l’espoir est toujours permis. Contrairement à la situation qui prévalait après la défaite face au Nigeria, les Verts ont désormais leur destin entre leurs mains. Une victoire est impérative, avec l’objectif clair de s’imposer par plus de trois buts pour rester en course pour les demi-finales. Conscients de l’enjeu, les joueurs algériens savent qu’ils devront livrer un match plein, avec du caractère, de la solidarité et un mental à toute épreuve. Ce match face à l’Angola est bien plus qu’une rencontre de handball, c’est tout simplement le match de la survie !
A. A.



