
À quelques jours du coup d’envoi du Championnat d’Afrique des nations à Kigali, l’arrière gauche de la sélection nationale, Messaoud Berkou, s’apprête à disputer la dernière CAN de sa riche carrière internationale. Recordman algérien de participations à la compétition, le cadre du Sept national évoque avec lucidité et ambition ce rendez-vous continental, la préparation en Slovénie, les objectifs de l’Algérie et les défis qui attendent les Verts.
Vous allez disputer votre dernière CAN avec la sélection nationale. Dans quel état d’esprit abordez-vous cette compétition ?
C’est évidemment un sentiment particulier. Oui, ce sera ma dernière CAN avec l’équipe nationale et j’en suis pleinement conscient. Il y a beaucoup d’émotion, mais surtout beaucoup de motivation. Je veux terminer cette aventure sur une bonne note, donner le maximum et aider l’équipe à atteindre ses objectifs. J’ai vécu beaucoup de CAN avec l’Algérie et je souhaite que celle-ci soit mémorable. J’ai aussi conscience que ce moment, après tant d’années et tant d’efforts, représente une étape importante dans ma carrière. Cela me pousse à puiser au fond de moi-même afin d’offrir une prestation à la hauteur de mes années de service et de dévouement envers le maillot vert et le peuple algérien.
Vous êtes le joueur algérien le plus capé à la CAN. Quel regard portez-vous sur votre parcours continental ?
C’est une grande fierté. Disputer 10 CAN avec le maillot national est un honneur. Chaque CAN m’a appris quelque chose et aujourd’hui, je me sens privilégié d’avoir vécu tout cela. Mais le plus important reste le collectif et ce que nous pouvons encore accomplir ensemble. Mon parcours m’a permis d’acquérir une expérience précieuse que je suis prêt à transmettre à mes jeunes coéquipiers afin qu’ils apprennent à gérer les exigences d’un tournoi aussi exigeant que la CAN, tant sur le plan technique que mental.
Cette CAN marque aussi un rajeunissement important de l’effectif. Comment jugez-vous la nouvelle génération ?
Honnêtement, je suis très confiant. Il y a une bonne relève qui arrive. Beaucoup de jeunes ont montré de belles choses durant la préparation et lors des matchs amicaux. Ils ont du talent, de l’envie et surtout une mentalité de gagneurs. Notre rôle, à nous les anciens, est de les encadrer, de les rassurer et de les aider à gérer la pression d’une grande compétition comme la CAN.
J’essaie de leur parler sincèrement, de partager ce que j’ai appris durant ces années, et d’être un repère stable sur et en dehors du terrain. Ensemble, nous devons transformer cette énergie nouvelle en performances concrètes et en résultats.
Justement, la préparation en Slovénie a été longue et intense. Quel bilan en tirez-vous ?
La préparation en Slovénie a été une grande réussite. Nous avons beaucoup travaillé physiquement, tactiquement et mentalement. Les matchs amicaux nous ont permis de corriger certaines choses et de renforcer la cohésion du groupe. Le staff a très bien géré cette période et, aujourd’hui, on sent que l’équipe est prête. Il y a une vraie progression par rapport au début du stage. Les automatismes commencent à se dessiner et la confiance collective monte à mesure que nous avançons. Les séances ont été exigeantes, mais elles ont aussi été constructives et motivantes, ce qui est essentiel avant un tournoi d’une telle envergure.
L’Algérie débutera la CAN face au Nigeria. Quelle importance accordez-vous à ce premier match ?
Le premier match est très important. Débuter par une victoire face au Nigeria nous mettrait en confiance pour la suite. En CAN, il n’y a pas de petit match et il faudra être concentré dès la première minute. Le Nigeria est une équipe physique, qu’il faudra prendre très au sérieux. Une bonne entame peut conditionner tout le parcours. Nous devons aborder ce duel avec pragmatisme, rester solides défensivement et développer rapidement notre jeu offensif pour prendre l’ascendant psychologique dès le début.
L’Algérie est versée dans le groupe A, avec le Nigeria, le Rwanda et la Zambie. Comment analysez-vous cette poule ?
C’est une poule équilibrée. Le Rwanda jouera à domicile, ce qui n’est jamais facile, et la Zambie est une équipe en progression. Il faudra respecter tous nos adversaires. L’objectif sera de bien négocier la phase de groupes pour aborder la suite dans les meilleures conditions possibles. Nous devons rester concentrés sur chaque étape, éviter les faux pas et capitaliser sur notre expérience pour prendre le bon rythme dès les premiers matchs. Le groupe offre des défis variés, mais il donne aussi des opportunités si nous restons rigoureux et déterminés.
Le second tour s’annonce plus relevé avec de possibles confrontations contre l’Égypte et l’Angola…
Oui, au second tour, les choses sérieuses commencent. L’Égypte et l’Angola sont des références du handball africain. Ce sont des matchs qui se jouent sur des détails, sur la discipline et l’expérience. Mais on a toutes nos chances pour réussir cette CAN. Nous avons déjà prouvé que nous pouvions rivaliser avec ces équipes, notamment lors de la dernière édition. La clé sera de rester constants sur la durée et d’exploiter nos meilleures ressources collectivement. Chaque détail comptera, et nous devons être prêts à répondre présents dans les moments décisifs.
Justement, après la finale perdue en 2024 face à l’Égypte, sentez-vous la nécessité d’une revanche sportive ?
On ne parle pas forcément de revanche, mais plutôt de continuité. Atteindre la finale en 2024 a prouvé que l’Algérie est de retour au plus haut niveau africain. Cette fois, on veut aller encore plus loin. L’objectif principal reste la qualification au Mondial, mais si l’occasion se présente de jouer une nouvelle finale, on ne s’en privera pas. Cette équipe a démontré une certaine maturité et une capacité à rebondir rapidement après les défaites. Notre ambition est désormais d’aller chercher le trophée, tout en restant réalistes et fidèles à notre plan de jeu.
À titre personnel, quel serait le plus beau scénario pour conclure votre carrière en sélection ?
Terminer sur une bonne note, tout simplement. Aider l’équipe à se qualifier pour le Mondial et, pourquoi pas, atteindre la finale ou remporter le titre. Ce serait une magnifique façon de dire au revoir à la sélection. Mais quoi qu’il arrive, je donnerai tout jusqu’à la dernière minute sur le terrain. Mon souhait est de rester fidèle à ma philosophie de travail et à mes valeurs de capitaine, en montrant l’exemple par l’assiduité, le professionnalisme et le respect des partenaires et des adversaires. J’aimerais que ce chapitre final soit une célébration de tout ce que nous avons construit ensemble et une porte ouverte vers les générations futures.
Entretien réalisé par A. A



