Un chantier à réguler à six mois du Mondial
Des lacunes constatées lors de la CAN

L’élimination des Verts a laissé plus de questions que de certitudes. Sortie dès les quarts de finale face à une sélection nigériane pourtant loin d’être intouchable, l’Algérie a vu son statut de référence continentale sérieusement remis en cause.
Envoyé spécial à Rabat Omar Adli
Troisième nation africaine au classement FIFA avant le tournoi, l’équipe nationale n’a jamais réellement donné l’impression de maîtriser son sujet lorsque le niveau d’exigence est monté. Cette contre-performance impose désormais une remise en question profonde, d’autant que la route vers le Mondial américain ne tolérera ni approximation ni indulgence. Le chantier le plus sensible concerne sans doute le poste de gardien. Présenté comme un élément fiable et moderne dans son jeu, Luca Zidane n’a pas rassuré lors du rendez-vous décisif. Son intervention manquée sur l’action du but nigérian, marquée par une mauvaise lecture de trajectoire et une sortie hésitante, a lourdement pesé sur le sort de la rencontre. À ce niveau, la moindre incertitude se paie comptant. Dans la perspective d’une Coupe du monde, où chaque détail devient déterminant, la question de sa légitimité comme numéro un se pose avec acuité, surtout avec le retour attendu de concurrents plus aguerris.
Mais réduire l’échec à un seul poste serait simpliste. La défense, globalement solide face à des adversaires modestes, a montré ses limites dès que l’intensité s’est élevée. Belghali, pourtant intéressant en phase de groupes, a souffert face à un adversaire plus agressif, tandis que la charnière centrale a semblé en difficulté, privée de repères et mal protégée. L’absence de sérénité derrière a progressivement contaminé l’ensemble du bloc. Au milieu, le manque d’impact et de justesse technique s’est également fait sentir. Zerrouki, appelé à compenser un Bennacer diminué, n’a pas su imposer le tempo ni sécuriser la relance, accentuant la fragilité collective. Devant, le choix de s’appuyer sur l’expérience de Riyad Mahrez, malgré l’émergence de profils plus dynamiques, a illustré une gestion parfois trop affective de l’effectif. Dans un contexte de duel physique intense, l’équipe aurait sans doute gagné à injecter davantage de fraîcheur et de vitesse. Ce tournoi aura ainsi servi de révélateur. Avant de rêver d’Amérique, les Verts devront trancher, assumer la méritocratie et ajuster leurs choix avec lucidité. Le Mondial ne pardonne pas les erreurs de casting, encore moins les hésitations.
Omar Adli


