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Pourquoi les médias saoudiens s’acharnent-ils sur Houssem Aouar ?

Depuis plusieurs jours, le milieu de terrain d’Al-Ittihad, Houssem Aouar, fait l’objet de vives critiques de la part de certains médias saoudiens. Ces derniers multiplient les attaques et appellent ouvertement à son départ pour laisser la place à un autre joueur étranger, en dépit de sa contribution décisive au sacre du club en Saudi Pro League la saison passée. Dès son arrivée en Arabie saoudite, Aouar s’est retrouvé sous une pression médiatique constante, souvent jugé selon des critères différents de ceux appliqués aux joueurs européens. Une situation qui suscite de nombreuses interrogations, d’autant que ses performances chiffrées plaident largement en sa faveur.

Des statistiques qui plaident en sa faveur
La saison dernière, l’ancien joueur de l’AS Roma a disputé 33 rencontres, inscrivant 13 buts (dont un seul penalty) et délivrant 4 passes décisives, soit une implication directe dans 17 réalisations. Des chiffres exceptionnels pour un milieu de terrain. Pourtant, ces résultats n’ont pas suffi à apaiser les critiques, tandis que d’autres joueurs, souvent européens et moins performants, bénéficiaient d’une indulgence certaine. Le revers d’Al-Ittihad face à Al-Nassr en demi-finale de la Supercoupe a ravivé la polémique. Certains médias ont choisi de pointer Aouar, alors que l’ensemble de l’équipe est passé à côté de son match. Un traitement qui alimente le sentiment d’une campagne ciblée, davantage liée à son statut d’« étranger non européen » qu’à son rendement réel.

Un scénario récurrent pour les Algériens
Aouar n’est pas le seul international algérien à avoir été confronté à ce type de campagne. Riyad Mahrez, star d’Al-Ahli, avait déjà été la cible de critiques virulentes avant de répondre sur le terrain en offrant à son club son premier sacre en Ligue des champions d’Asie. Ces situations traduisent une claire inégalité de traitement, les joueurs algériens doivent enchaîner les performances de haut niveau pour être acceptés, quand un joueur européen peut voir sa cote grimper après une simple bonne prestation. Un biais qui commence à agacer une partie du public, en Algérie comme ailleurs dans le monde arabe. Si le départ d’Aouar venait à se confirmer, Al-Ittihad perdrait un élément décisif de son sacre national. Le scénario rappellerait celui d’Abdelmalek Ziaya, autre international algérien passé par le club, et qui avait lui aussi quitté l’équipe malgré son apport. Au final, au-delà des joueurs concernés, c’est bien le championnat saoudien qui risque de sortir perdant de cette logique d’exclusion, alimentée par une vision encore trop marquée par le « complexe de l’Européen ».

Djamel ABED

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