Omnisport
Le trio Bouloussa, Ouaïche et Tania Morice qualifié pour les Mondiaux
Coupe d’Afrique IFFT, Benghazi-2026

La participation algérienne à la Coupe d’Afrique individuelle de tennis de table, messieurs et dames, s’est soldée par une moisson de résultats probants qui marquent un tournant dans l’histoire récente de cette discipline en Algérie.
Organisée dans une atmosphère électrique, cette compétition continentale a réuni les meilleurs talents africains, offrant un tremplin idéal pour les athlètes en quête de reconnaissance internationale. À l’issue des quarts de finale, trois pongistes algériens ont composté leur billet pour la Coupe du monde, prévue cet été à Macao, en se qualifiant pour le dernier carré continental. Cette prouesse n’est pas seulement une série de victoires, elle reflète des années d’investissements dans la formation, les stages à l’étranger et une stratégie fédérale axée sur la détection précoce des talents. Une performance de choix qui confirme la montée en puissance du tennis de table national sur la scène africaine, où l’Algérie passe progressivement d’outsider à acteur incontournable.
Ouaïche a impressionné d’entrée
Chez les messieurs, Stéphane Ouaïche a livré un parcours solide et maîtrisé, démontrant une maturité qui le place déjà parmi les favoris continentaux. Âgé de seulement 22 ans, ce prodige du ping-pong algérien, formé dans les salles bondées d’Alger, a su capitaliser sur une préparation minutieuse incluant des simulations de matchs contre des adversaires internationaux. Après avoir terminé en tête de son groupe avec une série de victoires convaincantes, le pongiste algérien a entamé les matchs à élimination directe avec autorité, affichant une confiance rare pour son âge. En huitième de finale, il a dominé le Nigérian Omotayo, un joueur habitué des podiums panafricains, sur le score sans appel de 4 sets à 0, affichant une grande sérénité dans le jeu grâce à un service imprévisible et des retours agressifs qui ont déstabilisé son rival dès les premiers échanges. En quart de finale, Ouaïche a confirmé son excellent niveau face au Camerounais Batix Ylane, un gaucher technique réputé pour sa défense impénétrable, qu’il a nettement battu sur le même score (4-0) en variant les rythmes et en exploitant les moindres faiblesses adverses. Cette victoire lui a ouvert les portes des demi-finales et, surtout, l’a qualifié officiellement pour la Coupe du monde de Macao, un objectif prioritaire pour l’athlète algérien qui rêve de mesurer ses coups à l’élite mondiale.
Bouloussa, l’expérience qui a fait la différence
Autre satisfaction algérienne chez les messieurs, Mehdi Bouloussa a, lui aussi, validé son billet mondial après un parcours plus disputé, mais tout aussi méritoire, prouvant que l’expérience accumulée sur les circuits africains paie toujours. Vétéran de 28 ans, avec un palmarès déjà garni de médailles continentales, Bouloussa, originaire d’Oran, a su transformer chaque match en une leçon de résilience. En huitième de finale, il s’est imposé avec autorité face au Malgache Razafinarivo (4-0), un adversaire véloce connu pour ses attaques fulgurantes, se mettant dans de bonnes dispositions pour la suite en contrôlant le tempo dès le premier set. Opposé en quart de finale à l’Égyptien Abdelaziz Youcef, un des cadors du continent avec un classement ITTF avancé, Bouloussa a livré l’un des matchs les plus intenses du tournoi, un duel haletant qui a tenu en haleine les spectateurs pendant plus d’une heure. Solide mentalement, précis dans les moments clés comme ces sauvetages de balle au bord du filet, il a su faire la différence pour s’imposer 4-2, en remontant un déficit de deux sets grâce à des ajustements tactiques brillants. Cette qualification pour les demi-finales et, par la même occasion, son ticket pour la Coupe du monde de Macao représente une performance de haut niveau face à un adversaire redoutable. Toutefois, Bouloussa, bien qu’il ait eu en face un redoutable adversaire en demi-finale, n’a pas été empêché de forcer le destin et de se qualifier en finale en s’imposant avec brio face au Nigérian Aruna Quadri.
Tania Morice, 15 ans et déjà un Mondial !
Chez les dames, la belle histoire est signée Tania Morice, âgée de seulement 15 ans, une pépite issue des catégories jeunes algériennes qui éclate déjà au plus haut niveau. Repérée lors d’un tournoi régional il y a deux ans, cette prodige d’Alger a suivi un programme accéléré d’entraînement, mêlant physique, technique et psychologie sportive. La jeune pongiste algérienne a frappé un grand coup en quart de finale en dominant la Tunisienne Hadj Salah Zoubir, une habituée des compétitions maghrébines, sur le score sans appel de 4-0, avec des services liftés imparables et une mobilité exceptionnelle qui a laissé son adversaire sans réponse. Une victoire nette qui lui permet non seulement d’accéder aux demi-finales, mais aussi de valider sa toute première participation à une coupe du monde, sous les couleurs de l’équipe nationale, un exploit rarissime pour une athlète de son âge. Heureuse et émue, les larmes aux yeux après le dernier point, Tania Morice voit son travail acharné, ses sacrifices scolaires et sa progression fulgurante récompensés par une qualification.
Fin de parcours pour Jade Morice
La deuxième représentante algérienne, Jade Morice, n’a en revanche pas réussi à franchir l’obstacle des quarts de finale, malgré une préparation irréprochable et une saison solide en amont. Sœur aînée de Tania et pilier de l’équipe nationale depuis plusieurs années, elle incarnait les espoirs d’une double qualification féminine. Opposée à la n°1 africaine, l’Égyptienne Goda Hana, une machine à gagner invaincue depuis des mois et championne en titre, elle s’est inclinée sur le score de 4-0 dans un match à sens unique où chaque échange soulignait la supériorité technique de l’adversaire. Une élimination logique face à une adversaire de très haut niveau, mais une expérience précieuse pour la suite de sa carrière.
Une présence algérienne affirmée à Macao
Avec trois qualifications pour la Coupe du monde, l’Algérie confirme son statut parmi les nations montantes du tennis de table africain, surpassant ses performances des éditions précédentes et envoyant un signal fort à la concurrence égyptienne et nigériane. La diversité des profils – un jeune prodige comme Ouaïche, un expérimenté comme Bouloussa et une ado phénoménale comme Morice – illustre la richesse et le potentiel du vivier national, nourri par des investissements fédéraux en équipements et en stages internationaux. Désormais tourné vers un nouveau défi de taille sur la scène mondiale à Macao, ce trio portera les couleurs algériennes avec ambition, face à des géants comme la Chine ou le Japon. Il faudra confirmer lors des prochaines échéances internationales, ce qui servira aussi d’expérience inestimable pour la génération montante, boostant ainsi la popularité du tennis de table dans les écoles et les centres sportifs du pays.
A. A.



