
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. À chaque journée ou presque du championnat de la Nationale-1 dames, les mêmes constats reviennent : écarts abyssaux, rencontres à sens unique et scores fleuves qui banalisent la victoire.
La 16e journée, disputée les 6 et 7 février, n’a fait que confirmer une tendance lourde : le championnat évolue désormais à deux vitesses, avec un fossé de plus en plus profond entre les équipes de tête et celles du ventre mou jusqu’aux relégables.
Des écarts devenus la norme
Lors de cette 16e journée, plusieurs rencontres se sont soldées par des scores sans appel : EI Annaba – GSC : 39-84, CRAM – USAB : 41-89, HDM – RCB : 83-30, USMA – WRAB : 72-30, MTS – FSS : 72-34. Des écarts dépassant régulièrement les 40 à 50 points, et ce sans surprise. Ces résultats ne sont plus exceptionnels, mais presque routiniers, au point de poser une vraie question sur la compétitivité globale du championnat.
Un trio de tête hors catégorie
Le classement est tout aussi révélateur. Le GSC (31 pts), le HDM (30 pts) et l’USMA (30 pts) dominent outrageusement la compétition, affichant non seulement un nombre élevé de victoires, mais surtout des différences de points impressionnantes : GSC : +541, HDM : +377, USMA : +330. À l’opposé, plusieurs équipes cumulent des écarts négatifs alarmants, dépassant parfois les –400 points, signe d’un déséquilibre structurel plus que ponctuel.
Un ventre mou fragilisé, une fin de tableau en souffrance
Derrière les équipes du haut du tableau, le ventre mou peine à exister. Entre manque de
moyens, effectifs réduits, absence de joueuses d’impact et préparation inégale, certaines formations subissent plus qu’elles ne rivalisent. Pour les clubs du bas du classement, chaque journée devient un exercice de survie, avec des défaites lourdes qui n’aident ni à la progression des joueuses, ni à l’attractivité du championnat.
Un niveau général en net recul
Ces écarts répétés traduisent un déclin du niveau global du championnat de la Nationale-1 dames. Quand seules quatre ou cinq équipes semblent capables de produire un basket structuré, intense et compétitif, l’intérêt sportif s’étiole. Les matchs à enjeu se raréfient, et le public comme les observateurs finissent par se détourner de rencontres dont l’issue est connue avant même l’entre-deux.
Faut-il revoir la formule et réduire le nombre de clubs ?
La question mérite aujourd’hui d’être posée sans détours, le championnat de Nationale-1 dames n’est-il pas trop élargi ? Réduire le nombre de clubs engagés pourrait permettre un resserrement du niveau, avoir des rencontres plus équilibrées, une meilleure exposition des joueuses, ainsi qu’une compétition plus attractive et plus formatrice. Une Nationale-1 à 10 ou 12 équipes, mieux structurée, pourrait offrir davantage de confrontations de haut niveau et limiter ces scores fleuves devenus contre-productifs pour le développement du basket féminin.
Un chantier urgent pour l’avenir
Le débat est lancé. Car au-delà des chiffres, c’est l’avenir du basket féminin algérien qui est en jeu. Sans réforme profonde — sportive, structurelle et organisationnelle — le championnat de Nationale-1 dames risque de continuer à s’enfermer dans un schéma déséquilibré, où la domination de quelques-uns se fait au détriment de la progression de tous. À la Fédération et aux acteurs du basket national de se saisir de cette problématique, avant que le fossé ne devienne définitivement infranchissable.
Walim Mansouri



