Une génération arabe en marche vers la F1

Il y a parfois des trajectoires qui racontent plus qu’un simple parcours sportif. Celle d’Isack Hadjar en fait partie.
Né en France de parents algériens, le jeune prodige franco-algérien a choisi de courir sous licence française, mais il porte dans son nom et son histoire une part d’Algérie que nul ne peut ignorer. Cette année, il a franchi les portes de la Formule 1 avec Racing Bulls. Son talent brut, sa détermination et son audace en font le premier véritable représentant du monde arabe à s’installer durablement dans le paddock. Une réussite qui ouvre une voie, un symbole qui inspire déjà une relève prête à enfiler le casque. Et dans cette relève, il y a un visage que l’Algérie revendique pleinement : Leo Sami Robinson. Né à Birmingham, Algéro-britanique ayant choisi de concourir sous licence algérienne, portant fièrement les couleurs du pays de sa mère.
Évoluant dans le palier de la Formule 4, il essaye de grimper les échelons avec ambition. Sa progression méthodique, son sens de la course et son engagement pour représenter l’Algérie donnent un souffle nouveau au sport automobile maghrébin. Au levant, c’est Christopher Feghali, la pépite libanaise, qui fait des étincelles. Également en F4, il multiplie les coups d’éclat malgré son jeune âge. Soutenu par une nation passionnée de sport mais peu présente en monoplace, le Liban voit en lui une chance rare de retrouver un jour un drapeau rouge-blanc-rouge sur la grille de la F1. Dans la péninsule arabique, l’Arabie saoudite avance également ses atouts.
L’émergence de pilotes saoudiens en F4, soutenus par un pays qui investit massivement dans le sport automobile, témoigne d’une volonté claire : faire du royaume une terre de champions, pas seulement de Grands Prix. Ces jeunes talents gagnent en expérience sur leurs terres… avec un horizon bien plus large en vue.
Et l’avenir se conjugue aussi au féminin. Les sœurs Amna et Hamda Al Qubaisi, pionnières émiraties, ont fait tomber plusieurs barrières en monoplaces. Elles ne sont pas seules dans cette aventure : un autre pilote émirati, jeune et prometteur, grimpe les catégories dans l’espoir de rejoindre ce groupe d’élite en lutte pour la F1. Ensemble, ils prouvent que la nouvelle vague arabe est multiple, mixte et ambitieuse. Du Maghreb au Golfe en passant par le Liban, une génération s’élance, déterminée à faire du monde arabe un acteur majeur de la Formule 1 de demain. Et avec Hadjar déjà en haut de la pyramide … la marche semble soudain moins impossible.
Djaffar KHODJA



