Pourquoi l’Atlético a-t-il dit « non » au Barça dans le dossier Julián Álvarez ?

Les sifflets qui ont accueilli Julián Álvarez au stade Metropolitano face à Villarreal n’étaient pas une simple colère passagère du public, mais l’ultime épisode d’un feuilleton estival complexe.
Les protagonistes étaient l’Atlético de Madrid et le Barça, et la victime une star qui était encore, il n’y a pas si longtemps, l’idole des supporters. En effet, dès le premier jour du mercato, la position de l’Atletico était claire et ferme : l’Araignée ne portera pas le maillot blaugrana.
La première raison est purement sportive. L’Atlético n’a pas seulement fermé la porte au Barça, mais à tout le monde. Les mots de Gil Marín ont été catégoriques : « Nous n’accepterons ni 100, ni 150, ni 200 millions pour Julián », avec le maintien de la clause libératoire faramineuse de 500 millions d’euros.
Pour Diego Simeone, l’équipe a franchi un cap qualitatif cet été avec l’arrivée de grands noms comme Cuti Romero, Hojlund, Kang-in Lee et Grimaldo, en plus d’Arnau Ortiz.
Mais la pièce maîtresse sur laquelle repose le projet de conquête de titres, c’est l’attaque. Et comme l’a dit le Cholo après le match nul face à Villarreal : « Si nous voulons gagner un titre, nous devons être unis et disposer d’attaquants de premier plan. Nous les avons et nous devons les conserver ».
C’est une réalité que confirment les chiffres, puisque Álvarez est aujourd’hui le troisième attaquant le plus cher du monde avec une valeur de 120 millions d’euros selon Transfermarkt, derrière Haaland et Mbappé seulement. Dix buts en Ligue des champions ont mené l’équipe en demi-finale, malgré une blessure à la cheville, ce qui prouve qu’il est irremplaçable dans un marché fou où les prix sont payés avec une majoration de 43% par rapport à la valeur réelle.
Et en l’absence de toute pression pour vendre au nom du fair-play financier, et avec l’arrivée du fonds Apollo pour élever les ambitions, vendre la star serait un pas en arrière.
Grave accusation de « pression et harcèlement »
Le deuxième aspect est personnel et juridique. L’Atlético de Madrid ne s’est pas contenté de refuser : il a déposé une plainte officielle auprès de la FIFA et de la Fédération espagnole, accusant le Barça d’avoir négocié avec son joueur dans son dos, et à un moment extrêmement délicat, lors des confrontations directes entre les deux équipes en Ligue des champions et en Coupe du Roi la saison dernière.
L’Atlético accuse le Barça d’avoir « exercé une pression et un harcèlement » sur le joueur pour le forcer à partir, et le club estime que les déclarations d’Álvarez le 22 juin n’étaient qu’une partie d’un plan orchestré entre le club catalan et les agents du joueur pour faire baisser son prix et écarter les concurrents comme les clubs de Premier League.
Interdit de renforcer un concurrent direct
La troisième raison est stratégique : l’Atlético se considère comme un concurrent direct du Barça sur tous les fronts. La saison dernière, il a éliminé le Barça de la Ligue des champions et de la Coupe, et le championnat reste le plus grand objectif. Vendre son meilleur joueur à un rival qu’il affrontera en demi-finale de la Supercoupe et pour d’autres titres relèverait du suicide sportif.
C’est pour cette raison que le refus a également été catégorique lorsqu’une offre de 150 millions est arrivée du Real Madrid, après la réélection de Florentino Pérez. Le principe est le même : Julián n’est pas à vendre, et s’il faut vendre, que ce soit à l’étranger, plus précisément à Arsenal ou à Chelsea comme dernier recours. Peut-on lire sur le site goal.com.



