Cette problématique prend une dimension supplémentaire lorsqu’on évoque la sélection nationale. La Nationale 1 dames doit pouvoir constituer le principal réservoir de joueuses capables d’alimenter l’équipe nationale. Or, pour qu’une internationale progresse, il faut qu’elle puisse évoluer régulièrement dans des rencontres disputées, avec un niveau d’intensité suffisant.
Cela passe forcément par des championnats plus homogènes.
Une jeune joueuse qui dispute régulièrement des matches serrés, avec une forte pression et des responsabilités importantes, accumule une expérience différente de celle acquise lors de rencontres où l’écart est déjà conséquent après quelques minutes.
Le championnat doit donc devenir davantage qu’une simple compétition pour le titre : un espace de développement des joueuses et de préparation de la future équipe nationale.
La sélection nationale en attente d’un nouveau cycle
C’est justement là que se situe l’un des principaux enjeux de cette saison. Depuis le Championnat arabe 2025, la sélection nationale féminine n’a plus véritablement occupé le devant de la scène internationale. Au Caire, l’Algérie avait terminé le premier tour avec trois défaites, contre l’Égypte, la Tunisie et la Jordanie, avant de s’incliner en demi-finale face à l’Égypte.
Le dernier rendez-vous avait donc mis en évidence l’écart qui séparait l’Algérie des meilleures nations arabes présentes dans la compétition.
La relance de la sélection passe ainsi nécessairement par la relance du championnat.
Et cette saison peut justement servir de point de départ à un nouveau cycle.
Les clubs de tête face à une nouvelle responsabilité
Le MCA, le GS Cosider et Hussein-Dey Marine ont occupé une place importante dans la hiérarchie récente. Leur présence est évidemment bénéfique pour le championnat, puisqu’elle permet de maintenir un haut niveau d’exigence au sommet.
Mais leur rôle peut également dépasser la simple recherche de titres.
La progression du basket féminin algérien nécessite que les meilleures équipes disposent d’une concurrence plus importante. Cela signifie aussi que le championnat doit permettre aux autres clubs de se rapprocher progressivement du niveau des formations de référence.
Plus les matches seront disputés, plus les joueuses accumuleront de l’expérience et plus le championnat pourra servir de véritable laboratoire à la sélection nationale.
Un championnat comme première étape vers l’international
L’un des objectifs à moyen terme doit donc être de recréer une passerelle claire entre championnat national et équipe nationale.
Une joueuse doit pouvoir être repérée dans son club, progresser dans un championnat exigeant, intégrer la sélection U21, puis franchir progressivement le cap vers l’équipe nationale A.
Ce parcours doit devenir beaucoup plus régulier.
La décision de considérer les U21 comme la sélection A cette saison peut constituer une étape dans cette construction. Mais pour que cette politique porte ses fruits, elle devra être accompagnée par un championnat suffisamment compétitif.
Une saison pour changer de dimension
Le championnat national féminin reprend donc avec plusieurs interrogations.
Qui succédera à Hussein-Dey Marine ? Le MCA et le GS Cosider retrouveront-ils le sommet ? D’autres formations parviendront-elles à se rapprocher du trio de tête ? Le Play-In permettra-t-il de créer davantage de suspense ? Les Play-down contribueront-ils à rendre la lutte pour le maintien plus disputée ?
Mais, derrière ces questions sportives, se trouve un enjeu plus important encore : le niveau général du basket féminin algérien.
Car l’objectif final dépasse le titre de champion d’Algérie. Il s’agit de permettre aux clubs de progresser, aux jeunes joueuses de disposer d’un meilleur environnement compétitif et, à terme, de redonner à la sélection nationale les moyens de rivaliser régulièrement sur la scène internationale.
Le championnat reprend ce week-end. Pour les clubs, la première bataille sera celle du terrain. Pour le basket féminin algérien, le véritable défi sera de faire de cette saison le point de départ d’une progression durable.
Walim Mansouri



