Ballon d’Or : le sacre de Kane fait l’unanimité, sauf en Espagne

Les éloges pleuvent dans le monde entier après le sacre de Harry Kane. Le Ballon d’Or « France Football » 2026 fait quasiment l’unanimité, sauf peut-être en Espagne, où les critiques sont parfois un peu plus vives.
Au lendemain du sacre d’Harry Kane au Ballon d’Or « France Football » à Londres, la presse internationale n’est pas avare en commentaires, ce mardi matin. Présent au London Palladium, Barney Ronay souligne, pour le Guardian, « la fin d’une attente de vingt-cinq ans pour l’Angleterre », en référence au dernier couronnement anglais, celui de Michael Owen en 2001. Pour le journaliste, « Kane mérite amplement de remporter le trophée suprême du football. Il récompense une année exceptionnelle : il a remporté le Soulier d’or européen, joué un rôle majeur dans le titre de champion d’Allemagne du Bayern Munich, mené l’Angleterre en demi-finales de la Coupe du monde et, surtout, fait preuve d’une humilité remarquable en tant que superstar ».
Dans son argumentaire, Ronay assure : « Au Bayern, Kane est également devenu une véritable coqueluche de la Bundesliga », et estime que les 100 millions d’euros investis dans l’attaquant lors de son arrivée, il y a trois ans, alors qu’il avait déjà 30 ans, sont finalement pleinement justifiés.
« La magie, c’est Lamine Yamal »
En Espagne, outre la mise en avant d’Alexia Putellas, le ton est un peu plus offensif. « Le choix de Kane comme meilleur joueur du monde cette saison ne reflète pas la réalité », ose Santi Nolla, directeur du média catalan Mundo Deportivo. « Il n’a disputé ni la finale de la Coupe du monde ni celle de la Ligue des champions, et la Bundesliga se classe entre la troisième et la quatrième place des cinq meilleurs championnats européens. C’est un grand joueur, certes. Un excellent buteur et un homme bien, de surcroît. Il apporte bien plus que de simples buts, certes. Mais la magie, c’est Lamine Yamal. L’imprévisible, le spectaculaire, l’originalité ne se traduisent pas toujours par des buts. »
Dans Marca, en toute modestie, Juan Ignacio Gallardo estime que l’interview accordée par Kane au média madrilène, au moment du vote des jurés en septembre, « a fait pencher la balance ». Son collègue Ferran Martínez ajoute que « Kylian Mbappé a une nouvelle fois échoué ». Toujours au sujet du Français, et également de Lamine Yamal, Roberto Gómez s’est fendu d’un sévère réquisitoire dans « La Tribu », sur Radio Marca : « Ils n’ont fait que mendier », selon l’éditorialiste, qui craint, pour les deux joueurs, « comme pour Vinícius, un avant et un après », et anticipe « des conséquences désastreuses ». Toujours dans Marca, Nacho Labarga voit « une malédiction » dans le fait que l’Espagne n’ait pas été récompensée après sa Coupe du monde victorieuse, comme en 2010, lorsque Andrés Iniesta et Xavi avaient été battus par Lionel Messi.
Dans l’autre quotidien madrilène, Juanma Leiva, rédacteur en chef d’AS, est plus mesuré et salue Kane, « un joueur régulièrement sous-estimé ». Idem pour La Gazzetta dello Sport, qui y voit « une star normale ». Enfin, en Argentine, La Nación rappelle que Lionel Messi (82 buts en 2010-2011) avait inscrit plus de buts que Kane (73). Néanmoins, cet argument est également utilisé par A Bola (Portugal), mais en faveur de l’Anglais, pour soutenir que le nouveau Ballon d’Or s’était rapproché, la saison dernière, de ce qui se faisait de mieux. Peut-on lire sur le site lequipe.fr.


