Avec 13 médailles d’or, 10 en argent et 17 en bronze — L’Algérie signe son meilleur bilan à l’étranger

L’Algérie a bouclé les 20ᵉ Jeux méditerranéens de Tarente (Italie) en signant sa meilleure performance hors du sol national : 40 médailles au total, dont 13 en or, 10 en argent et 17 en bronze. Un record absolu qui place la délégation algérienne à la 9ᵉ place du classement général, portée par des exploits individuels d’exception et des succès collectifs historiques.
Ce bilan exceptionnel marque un tournant décisif dans l’histoire du sport algérien aux Jeux méditerranéens, démontrant que la nation nord-africaine peut désormais rivaliser avec les meilleures délégations du bassin méditerranéen. Au cœur de cette moisson sans précédent, une athlète a dominé la compétition : Kaylia Nemour, championne olympique et mondiale, repart de Tarente avec quatre médailles (trois titres individuels et une de bronze par équipes), s’imposant comme la sportive la plus médaillée de l’édition. Mais derrière cette star, c’est toute une génération qui a brillé, de l’athlétisme à la boxe, en passant par la lutte, l’haltérophilie, le judo, le karaté, le tennis de table et les sports collectifs. Cette émergence collective témoigne d’un travail de fond réalisé par les fédérations sportives algériennes.
Athlétisme : un bilan acceptable
L’athlétisme a été le principal pourvoyeur de médailles de la délégation algérienne, avec un total de 8 breloques (3 or, 3 argent, 2 bronze). Une performance collective qui confirme la vitalité du demi-fond et du fond algériens, ainsi que la qualité des spécialistes des concours. Cette discipline, traditionnellement forte en Algérie, constitue le socle de la réussite sportive nationale aux Jeux méditerranéens. Djamel Sedjati a ouvert le bal en s’imposant avec autorité sur le 800 mètres. Le champion du monde a signé une course maîtrisée, franchissant la ligne en 1:46.00, devant l’Espagnol D. Barroso Bravo (1:46.35) et le Croate M. Bloudek (1:46.58). Un titre qui vient couronner une saison déjà riche et qui rassure sur sa forme avant les prochains Mondiaux. Sedjati a démontré une capacité à gérer ses efforts et à accélérer au moment opportun. Sur la longue distance, Saïd Ameri a offert un autre titre majeur en remportant le 10 000 mètres. Le fondiste a réalisé un record personnel (28:31.26), devançant ses poursuivants avec une accélération décisive dans les derniers kilomètres. Une victoire qui illustre la profondeur du réservoir algérien sur les épreuves d’endurance. Ameri a confirmé à Tarente son statut de référence du fond algérien, démontrant une régularité impressionnante. Dans les concours, Mohamed Yasser Triki a confirmé son statut de spécialiste du triple saut en décrochant l’or, tandis que Tarek Hocine montait sur la troisième marche du podium au saut en longueur. Deux médailles qui témoignent du retour en force des sauteurs algériens sur la scène méditerranéenne. Triki a réalisé une performance technique remarquable, enchaînant des sauts réguliers et puissants. Côté argent, Anis Chott a brillé sur le 1 500 mètres, tandis que Mohamed Seifeddine Boukertaba s’est illustré sur le semi-marathon, bouclant la course avec une médaille d’argent qui porte le total algérien à 40 médailles à l’issue des derniers jours de compétition. Chott, jeune espoir du demi-fond algérien, a démontré un potentiel énorme en tenant tête aux coureurs expérimentés de la région.
Enfin, deux médailles de bronze sont venues compléter ce bilan : Omar Seraïche sur le 3 000 mètres steeple et Zahra Tatar au lancer du marteau, confirmant la diversité des talents présents dans l’équipe d’Algérie. Seraïche a démontré sa capacité à négocier les obstacles avec fluidité, tandis que Tatar a offert une belle surprise en accédant au podium.
Gymnastique artistique : Nemour l’athlète la plus titrée des Jeux
Si une athlète a incarné à elle seule l’excellence algérienne à Tarente, c’est bien Kaylia Nemour. La championne olympique et mondiale a signé une performance historique en remportant quatre médailles, dont trois titres individuels, s’imposant comme la sportive la plus médaillée des Jeux. Cette domination sans partage a fait d’elle la figure emblématique de cette édition des Jeux méditerranéens. Dès l’entame, Nemour a dominé le concours général individuel avec un total de 57,750 points, devançant largement l’Espagnole Alba Petisco (52,850) et l’Italienne Sofia Tonelli (51,650). Une démonstration de régularité et de maîtrise sur les quatre agrès. La gymnaste algérienne a déployé un niveau technique exceptionnel, enchaînant les mouvements complexes avec une précision chirurgicale. Elle a ensuite enchaîné avec deux autres titres individuels : aux barres asymétriques, son agrès de prédilection où elle a obtenu 15,650 points, puis à la poutre, confirmant sa supériorité technique et mentale. Sur les barres, Nemour a exécuté une série de mouvements d’une difficulté extrême, incluant des éléments de liaison inédits. À la poutre, elle a démontré un équilibre et une sûreté impressionnants. Enfin, elle a contribué à la médaille de bronze par équipes dames, aux côtés de Djenna Laroui, Louna Hamames et Léna Khenoun, offrant à l’Algérie un podium collectif historique. Cette réussite par équipe revêt une importance particulière, car elle démontre que la gymnastique algérienne dispose désormais d’un collectif capable de rivaliser avec les meilleures nations méditerranéennes. Avec ce quadruplé, Kaylia Nemour a non seulement égalé le bilan des athlètes les plus titrées de l’édition, mais s’est imposée au sommet grâce à la valeur de ses trois titres en or. Elle a été élue meilleure athlète des Jeux, une reconnaissance amplement méritée. Cette distinction vient couronner une carrière déjà exceptionnelle et positionne Nemour comme l’une des gymnastes les plus accomplies de sa génération.
Haltérophilie, trois médailles inattendues
L’haltérophilie algérienne a confirmé son retour au premier plan méditerranéen avec trois médailles, dont deux titres. Cette discipline, qui avait connu des hauts et des bas au cours des dernières années, a démontré à Tarente qu’elle pouvait désormais compter sur une nouvelle génération de force. Fares Touairi (-95 kg) a brillé en remportant l’or à l’arraché et le bronze à l’épaulé-jeté, tandis que son frère Aymen Touairi (-110 kg) s’est imposé à l’épaulé-jeté, offrant à l’Algérie un nouveau titre dans les catégories lourdes. Cette réussite fraternelle constitue un fait rare dans l’histoire de l’haltérophilie algérienne et témoigne de la qualité du travail réalisé au sein des clubs. Les deux frères ont démontré une technique impeccable et une force physique impressionnante. Ces performances illustrent la progression constante des haltérophiles algériens, capables désormais de rivaliser avec les meilleures nations du bassin méditerranéen. Les résultats de Tarente ouvrent des perspectives prometteuses pour les prochaines compétitions internationales, notamment les Championnats d’Afrique et les Jeux olympiques.
Lutte, 7 médailles et une grande satisfaction
La lutte a été l’autre grand pourvoyeur de médailles, avec 7 breloques au total. Une discipline où l’Algérie confirme son statut de puissance régionale. Cette moisson exceptionnelle témoigne du travail de fond réalisé par la Fédération algérienne de lutte, qui a investi dans la formation des jeunes lutteurs. En gréco-romaine, Abdelkrim Fergat (60 kg) a décroché l’or, tandis que Fayçal Benfredj (67 kg) montait sur la deuxième marche du podium. En lutte libre, Oussama Laribi (65 kg) a complété le podium masculin avec le bronze. Fergat a démontré une supériorité technique évidente, dominant ses adversaires avec des prises efficaces et une défense imperméable. Côté féminin, Chaïma Chebila a offert une médaille de bronze supplémentaire, confirmant l’émergence des lutteuses algériennes sur la scène internationale. Cette performance revêt une importance symbolique particulière, car elle témoigne de la féminisation progressive de la lutte algérienne et de la capacité des athlètes féminines à atteindre les plus hauts niveaux.
Tennis de table, une médaille d’or qui confirme l’exception
Le tennis de table a offert à l’Algérie un titre de prestige avec Mehdi Bouloussa, sacré champion en simple messieurs. Une victoire qui vient couronner des années de travail et place l’Algérie parmi les nations majeures de la discipline en Méditerranée. Bouloussa, joueur expérimenté et régulier sur le circuit international, a démontré à Tarente un niveau de jeu exceptionnel. Ce titre revêt une importance particulière pour le tennis de table algérien, discipline qui avait connu des résultats en dents de scie au cours des dernières années. La victoire de Bouloussa vient récompenser les efforts déployés par la Fédération pour développer la pratique du tennis de table à travers le territoire national.
Judo, une seule médaille et une grande déception
En judo, Messaoud Redouane Dris (-73 kg) a remporté l’or, offrant à l’Algérie un titre supplémentaire dans les sports de combat. Une performance qui confirme la qualité de la formation algérienne. Dris, judoka expérimenté et régulier sur le circuit international, a démontré une maîtrise technique remarquable, enchaînant les projections et les contrôles au sol avec une efficacité déconcertante. Cependant, ce titre unique ne doit pas masquer les difficultés rencontrées par le reste de la délégation algérienne de judo, qui avait nourri des ambitions plus élevées avant le départ pour l’Italie. Plusieurs judokas algériens, pourtant favoris dans leurs catégories, ont été éliminés prématurément, suscitant des interrogations sur la préparation mentale et physique de l’équipe nationale.
Karaté, Cylia Ouikene sauve la mise
Côté karaté, Célia Ouikane (-50 kg) a dominé la finale en battant l’Italienne Erminia Perfetto (9-3), décrochant ainsi l’or dans sa catégorie. Un titre qui vient enrichir le palmarès déjà fourni de la karatéka algérienne. Ouikane, révélée lors des précédents championnats internationaux, a démontré une supériorité technique évidente, enchaînant les techniques de pied et de poing avec une précision chirurgicale. Cette victoire revêt une importance particulière, car elle vient compenser les déceptions enregistrées par d’autres karatékas algériens, qui n’ont pas réussi à atteindre les podiums dans leurs catégories respectives. Ouikane s’impose désormais comme la référence du karaté algérien féminin, avec des ambitions légitimes pour les prochaines compétitions internationales.
Boxe, 5 médailles et une absence inhabituelle du vermeil
La boxe algérienne a signé une belle performance collective avec 5 médailles (2 argent, 3 bronze). Cette moisson témoigne de la profondeur de l’équipe algérienne, capable de placer plusieurs athlètes sur les podiums, même si l’absence de titre en or constitue une déception relative pour une discipline traditionnellement forte en Algérie. Abdou (80 kg), Ismaïl Bekhsis (65 kg) et Fatiha Mansouri (51 kg) ont chacun décroché l’argent, tandis que deux autres boxeurs ont complété le podium avec le bronze. Les boxeurs algériens ont démontré un niveau technique élevé et une condition physique impressionnante, ne s’inclinant en finale que face à des adversaires légèrement supérieurs.
Trois médailles en aviron, taekwondo et raffa
En aviron, Nihad Ben Chaddali a remporté l’argent en skiff poids léger individuel dames. En taekwondo, Nadir Harbi (-58 kg) a décroché le bronze, tandis qu’en rafa, Nour El-Houda Maïdi a complété le podium en individuel dames. Ces médailles témoignent de la diversification des succès algériens, au-delà des disciplines traditionnelles.
Ces résultats dans des disciplines moins médiatisées revêtent une importance particulière, car ils témoignent de l’élargissement du spectre des disciplines où l’Algérie peut prétendre aux médailles. L’aviron, le taekwondo et le rafa constituent désormais des disciplines où la délégation algérienne peut espérer réitérer ce type de performances.
Médailles pour le foot, le hand et le basket 3×3, le volley en chute libre
Les sports collectifs ont offert à l’Algérie trois médailles, dont un titre historique. La sélection nationale masculine U21 de football a créé la sensation en remportant l’or après avoir battu le Maroc en finale. Un succès qui couronne une campagne exemplaire et place cette génération parmi les meilleures de l’histoire du football algérien des jeunes. Cette victoire revêt une importance symbolique particulière, car elle vient couronner des années de travail au sein des centres de formation et des clubs algériens. En handball, la sélection nationale masculine a décroché le bronze, tandis que l’équipe de basket-ball 3×3 a complété le podium collectif avec une troisième médaille de bronze. Ces résultats dans les sports collectifs témoignent de la vitalité de ces disciplines en Algérie et de la capacité des équipes nationales à rivaliser avec les meilleures nations méditerranéennes.
Un record historique qui ouvre de nouvelles perspectives
Avec 40 médailles, dont 13 en or, l’Algérie signe à Tarente son meilleur bilan lors d’une édition des Jeux méditerranéens disputée à l’étranger. Un record qui dépasse largement les attentes et place la délégation algérienne à la 9ᵉ place du classement général. Ce bilan exceptionnel marque un tournant décisif dans l’histoire du sport algérien aux Jeux méditerranéens, démontrant que la nation nord-africaine peut désormais rivaliser avec les meilleures délégations du bassin méditerranéen. Cette performance exceptionnelle repose sur plusieurs piliers : l’excellence individuelle (Kaylia Nemour, Djamel Sedjati, Saïd Ameri), la profondeur des effectifs (lutte, boxe, athlétisme) et la réussite collective (football U21, handball, basket 3×3). Ces trois dimensions témoignent d’une politique sportive cohérente et efficace, capable de produire des champions dans des disciplines variées tout en maintenant un niveau de compétitivité élevé dans les sports collectifs. Elle témoigne également de la qualité de la formation sportive algérienne, capable de produire des champions dans des disciplines variées, de la gymnastique à l’haltérophilie, en passant par les sports de combat et les sports collectifs. Cette diversité de réussites constitue un indicateur positif pour l’avenir du sport algérien, témoignant d’une politique de détection et de formation efficace à travers l’ensemble du territoire national. Pour les responsables du sport algérien, ce bilan ouvre de nouvelles perspectives. Il confirme que l’investissement dans la formation, la détection et l’accompagnement des athlètes porte ses fruits. Il invite également à poursuivre sur cette voie, en renforçant les structures d’entraînement et en multipliant les stages de préparation internationale. Les autorités sportives algériennes devront maintenant capitaliser sur cette réussite pour maintenir ce niveau de performance lors des prochaines compétitions internationales.
Pour les athlètes, ces jeux méditerranéens constituent une étape importante dans leur parcours. Pour certains, comme Kaylia Nemour ou Djamel Sedjati, il s’agit d’une confirmation de leur statut de champions de rang mondial. Pour d’autres, c’est une première expérience internationale majeure qui les lance sur la voie des grands rendez-vous à venir. Cette mixité d’expériences au sein de la délégation algérienne constitue un atout pour l’avenir, permettant un transfert de connaissances et d’expériences entre les générations.
A.A



