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Ottawa 2026, l’heure de vérité pour la sélection nationale féminine

Du 9 au 19 septembre 2026, Ottawa devient la capitale mondiale du basket-ball en fauteuil roulant à l’occasion des Championnats du monde organisés sous l’égide de la Fédération internationale (IWBF).

Onze jours de compétition, 336 athlètes, 28 sélections (16 masculines et 12 féminines) : l’événement s’annonce comme un rendez-vous historique pour la discipline, avec une visibilité inédite en Amérique du Nord. Pour l’Algérie, cette édition revêt une importance particulière : les Vertes, uniques représentantes du continent africain chez les dames, y disputent leur troisième Mondial, après Hambourg (2018) et Dubaï (2023).

La ville d’Ottawa a été choisie pour accueillir cette 11e édition des Championnats du monde IWBF, confirmant la montée en puissance du Canada comme terre d’accueil des grandes compétitions de sport adapté. Les rencontres se déroulent principalement à l’Arena de TD Place et au Raven’s Nest de l’Université Carleton, deux sites modernes entièrement adaptés aux exigences du handi-basket de haut niveau.

Le programme, dense et rythmé, prévoit une phase de groupes du 9 au 15 septembre pour les femmes, suivie des quarts de finale, demi-finales et finales jusqu’au 19 septembre. La cérémonie d’ouverture, le 9 septembre, donnera le coup d’envoi d’une compétition où chaque match comptera double : pour le classement, bien sûr, mais aussi pour la promotion d’un sport qui combine intensité physique, tactique collective et résilience mentale.

Groupe B : un baptême du feu contre l’élite mondiale

Placée dans le groupe B, la sélection algérienne féminine hérite d’un tirage au sort exigeant, avec cinq adversaires de premier plan : les Pays-Bas, la France, les États-Unis, le Japon et l’Allemagne. Ce groupe, souvent présenté comme le « groupe de la mort » féminin, concentre plusieurs médaillées paralympiques et mondiales, offrant aux Algériennes une occasion rare de se mesurer à l’élite planétaire.

Le parcours des Vertes débute le mercredi 9 septembre à 19h15 (heure locale) face aux Pays-Bas, une équipe européenne rodée aux joutes internationales. Dès le lendemain, jeudi 10 septembre à 1h00, elles affronteront la France, autre puissance européenne du handi-basket. Le samedi 12 septembre à 16h15, ce sera le tour des États-Unis, tenants réguliers des plus hautes marches des podiums mondiaux. Le dimanche 13 septembre à 19h30, le Japon, équipe asiatique technique et rapide, sera au programme. Enfin, le mardi 15 septembre à 16h00, l’Allemagne, solide et physique, clôturera le premier tour pour les Algériennes.

Dans l’autre groupe féminin (groupe A), on retrouve le Brésil, la Chine, la Grande-Bretagne, l’Australie, l’Espagne et le Canada, pays hôte. Les meilleures équipes de chaque groupe accèderont directement aux quarts de finale, tandis que les suivantes disputeront des matches de classement pour les places de 5e à 12e.

Une préparation longue et structurée

Pour aborder ce Mondial dans les meilleures conditions, la sélection algérienne a suivi un programme de préparation rigoureux, articulé autour de quatre stages nationaux. Le dernier en date, à Staoueli (wilaya d’Alger), s’est tenu du 15 au 26 août 2026, sous la direction du coach national Youcef Houri. Ce stage a mis l’accent sur le renforcement des aspects techniques, tactiques et psychologiques, avec notamment des matches amicaux contre la sélection masculine U23, afin d’exposer les joueuses à un rythme et à une intensité supérieurs.

Avant Staoueli, trois autres regroupements avaient déjà eu lieu à Seraidi (Annaba), Tikjda et Fouka (Tipaza), permettant au staff technique de construire une progression continue dans la charge d’entraînement et la cohésion collective. Cette préparation s’inscrit dans la continuité du sacre continental remporté en avril 2026 à Luanda (Angola), où les Algériennes avaient décroché leur cinquième titre africain consécutif en battant l’Afrique du Sud en finale (45-30).

Une équipe expérimentée, mais consciente du défi

La délégation algérienne, composée de 12 joueuses, s’est envolée hier matin depuis l’aéroport Houari-Boumediene (Alger) à destination d’Ottawa, via Paris. Parmi les noms figurent Djamila Kemghani (capitaine), Nawal Khedir, Samiha Abdelali, Nadjet Benaceri, Kheira Zairi, Dahbia Semati, Mokhtaria Dlili, Zaara Kadi, Fatima Bouzidi, Nebia Mehimda, Warda Himouchen et Fatima Khaled. L’encadrement technique comprend Youcef Houri (coach principal), Nabila Cherifi, Lina Kerouana et Abdelaziz Bella.

Nebia Mehimda, doyenne et pilier de l’équipe, présente à tous les sacres continentaux récents, a exprimé sa détermination à « faire bonne figure » et à « honorer les couleurs nationales », tout en reconnaissant la difficulté de la tâche face à des adversaires de « grandes qualités mondiales ». Pour elle et ses coéquipières, l’objectif est clair : affirmer une identité de jeu, montrer que le handi-basket algérien existe au plus haut niveau et laisser une trace positive dans cette compétition.

Un enjeu qui dépasse le sport

Au-delà des résultats sportifs, la participation algérienne à Ottawa 2026 s’inscrit dans une dynamique plus large de reconnaissance du handisport national. Les Vertes portent les couleurs de tout un continent, avec la responsabilité symbolique de représenter l’Afrique dans un tourneau où la parité et la visibilité des athlètes en situation de handicap sont plus que jamais mises en avant.

Pour le staff et les joueuses, chaque rencontre sera aussi une opportunité d’apprentissage, de confrontation à des styles de jeu variés (européen, nord-américain, asiatique) et de progression individuelle et collective. Même si la qualification pour les quarts de finale s’annonce très difficile au vu de la densité du groupe B, l’ambition reste de gagner en expérience, de tester les limites de l’équipe et de préparer l’avenir, notamment en vue des prochains Jeux paralympiques.

À partir du 16 septembre, selon les résultats, les Algériennes disputeront soit des quarts de finale, soit des matches de classement pour les places 9 à 12. Les demi-finales sont prévues le 17 septembre, les matches pour les 5e–7e places le 18, et la grande finale, ainsi que le match pour la médaille de bronze, le 19 septembre.

Un rendez-vous à suivre de près

Pour les supporters algériens, Ottawa 2026 offre une occasion unique de suivre en direct l’évolution du handi-basket féminin national face à la crème mondiale. Les matches seront diffusés sur plusieurs plateformes, dont CBC au Canada, et relayés par les fédérations nationales et internationales.

Dans un contexte où le sport adapté gagne en visibilité et en reconnaissance institutionnelle – le gouvernement canadien ayant d’ailleurs annoncé un soutien financier de 2,5 millions de dollars pour l’organisation –, la prestation des Algériennes sera scrutée comme un indicateur de la progression du handisport en Afrique du Nord.

Par : B. Sadek

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