
La participation algérienne aux Jeux méditerranéens de Tarente 2026 restera avant tout marquée par l’exploit solitaire de Dris Messaoud, seul médaillé d’or du judo algérien dans une compétition où les attentes étaient pourtant bien plus élevées.
Dans la catégorie des moins 73 kg, Dris Messaoud a offert à l’Algérie son unique médaille d’or lors de ces jeux, en s’imposant en finale face au Marocain Hassan Doukkali, qu’il avait déjà battu par le passé sur la scène continentale. Ce succès lui permet de conserver son titre méditerranéen acquis, en 2022, à Oran et de réaffirmer son statut de référence régionale dans sa catégorie. Sa victoire a été saluée comme un moment fort pour la délégation algérienne, d’autant qu’elle intervient dans un contexte où le bilan global du judo national est loin d’être reluisant.
Avant le départ pour Tarente, les espoirs placés dans les deux sélections, masculine et féminine, étaient importants. Beaucoup dans le milieu sportif et médiatique tablaient sur un minimum de quatre à cinq médailles, en s’appuyant sur le brillant visage montré par les judokas algériens lors du récent Championnat d’Afrique. La Fédération algérienne de judo avait, de son côté, mis les moyens pour offrir une préparation de haut niveau. Plusieurs stages en Algérie et à l’étranger, une participation à des tournois internationaux de préparation et un encadrement technique renforcé étaient au programme afin d’aborder ce grand rendez-vous méditerranéen dans les meilleures conditions. Malgré ces efforts, les résultats collectifs ont été en deçà des attentes, provoquant une certaine déception au sein de la délégation et des supporters. Les performances des autres athlètes, sans être catastrophiques, n’ont pas permis de décrocher de nouveaux podiums, transformant l’or de Messaoud en une réussite isolée au milieu d’un tableau globalement décevant.
Chez les hommes, à l’exception de l’exploit de Dris Messaoud chez les -73 kg, les autres judokas algériens ont terminé dans le Top 8 sans atteindre les marches du podium. Ben Larib, dans la catégorie des -60 kg, s’est classé 7ᵉ, tout comme Kaïs Moudeterre (-66 kg). Abdeslam Belbelhout a occupé la 7ᵉ place chez les -81 kg, de même qu’Oussama Kabri (-90 kg). Dans les catégories lourdes, Rayane Benatia (-100 kg) et Mohamed Lili (+100 kg) ont tous deux terminé à la 5ᵉ place, confirmant une présence honorable, mais insuffisante pour viser les médailles. Du côté des dames, le constat est similaire. Rahma Ghalima (-48 kg), Anaïs Guebli (-52 kg), Amina Berraoual (-57 kg) et Dyhia Benchallal (+78 kg) ont toutes terminé à la 7ᵉ place de leurs catégories respectives. Ces résultats témoignent d’un niveau certain, mais aussi d’un écart encore perceptible avec les meilleures nations méditerranéennes, notamment le Maroc, la France ou l’Italie, qui ont multiplié les podiums dans les mêmes catégories.
Entre déception et enseignements pour l’avenir
La déception est d’autant plus forte que le judo algérien avait affiché des ambitions claires avant Tarente, en s’appuyant sur une génération expérimentée et des résultats récents encourageants sur le plan continental. L’unique médaille d’or de Dris Messaoud, aussi précieuse soit elle, ne suffit pas à masquer le fossé entre les objectifs affichés et le bilan final. Pour la Fédération algérienne de judo, ces jeux méditerranéens constituent un bilan en demi-teinte qui appelle à un travail d’analyse approfondi : gestion de la préparation, adaptation aux styles de combat méditerranéens, gestion mentale en phases finales, et peut-être aussi le choix des athlètes retenus pour chaque catégorie. La performance de Messaoud montre que le potentiel existe, mais elle souligne aussi la nécessité de construire un collectif plus solide et plus régulier au plus haut niveau, afin que les prochains grands rendez-vous ne reposent pas sur un seul exploit individuel.
K. M.



