BoxeOmnisport

Le manager international Mohamed Guenif tire sa révérence

La famille algérienne du noble art en deuil

C’est avec une immense tristesse que la famille nationale du noble art a appris la disparition, à l’âge de 69 ans, de Mohamed Guenif, icône de la boxe algérienne, organisateur et manager international de matchs de boxe, suite à une maladie. Cette triste nouvelle s’est propagée comme une traînée de poudre dans tous les fiefs de la boxe à travers le pays, notamment de sa ville natale de Boufarik. Homme de terrain, visionnaire, Mohamed Guenif incarne l’âme de la boxe nationale, contribuant largement au rayonnement de la discipline au-delà des frontières. Mohamed Benguesmia, l’ancien champion international, est toujours cité comme un exemple de réussite grâce à Mohamed Guenif, son manager et promoteur, dont le rôle fut fondamental dans l’ascension fulgurante du boxeur algérien. À une époque où l’Algérie se cherchait, en raison de troubles sociaux et politiques, c’est sur le ring que Mohamed Guenif trouvait sa vocation, convaincu que la boxe était une école de vie, prônant le respect et la persévérance. Fidèle à son pays, sans jamais le quitter malgré les sollicitations nombreuses à l’étranger, il a toujours attendu avec impatience l’installation officielle de la commission de la boxe professionnelle au sein de la Fédération algérienne de boxe (FAB), une étape cruciale pour asseoir ses activités de promoteur international et faire de l’Algérie une plaque tournante des matchs de gala professionnels, mais en vain. Mohamed Guenif est reconnu aux plus hauts sommets de la boxe mondiale. En 2003, il a reçu une distinction prestigieuse de la World Boxing Board (WBB) américaine, récompensé comme le meilleur promoteur de boxe au monde, un titre qui souligne à quel point son travail a marqué la scène internationale. En 2006, il fut reconnu comme le meilleur promoteur arabe, et en 2012, l’Union des boxeurs professionnels (UBO) est venue confirmer à nouveau son immense talent. Il avait consacré toute son énergie et tous ses efforts à la boxe, sacrifiant bien des choses pour réaliser son rêve : voir l’Algérie, son pays natal, honorée par la réussite éclatante de ses champions. Parmi ses exploits, le plus marquant reste l’accompagnement exemplaire de Mohamed Benguesmia, triple champion du monde WBB en 2003, 2004 et 2005, dont l’incroyable palmarès témoigne de l’impact profond qu’a eu Guenif en tant que manager.

Fils de Boufarik, terre de champions
Mohamed Guenif est né le 26 juillet 1957 à Boufarik, où il a toujours vécu. Une ville qui regorgeait de grands sportifs, notamment de bons boxeurs. À peine adolescent, Guenif participe à des combats amateurs à Blida, Bou-Ismaïl, Alger et Boufarik. Grâce à ces manifestations, il a connu et côtoyé de grands boxeurs, à l’image de feu Ould Makhloufi, champion d’Afrique 1975-76, et de feu Aouicha Ali. Mais Guenif s’est vu obligé de quitter sa ville pour étudier à Tizi Ouzou, sans pour autant oublier la boxe, puisqu’il rejoint le club de la Ville des Genêts, avec lequel il effectuera une vingtaine de combats à travers les villes de la Grande Kabylie. C’est à cette période qu’il a connu Loucif Hamani, l’un des plus grands boxeurs algériens de l’histoire. En 1980, il s’investit pleinement au sein du WAB (Widad Avance Boufarik), d’abord comme entraîneur, puis comme dirigeant de la section boxe. Son implication débouche sur un rôle influent au sein de la Ligue de Blida, où il a notamment occupé la fonction de vice-président. C’est à cette période qu’a émergé son idée de lancer la boxe professionnelle en Algérie, selon les normes et les standards internationaux. En dépit du manque de structures et d’encadrement à cette époque, Guenif décide de prendre sous son aile de jeunes boxeurs prometteurs qu’il a façonnés avec acharnement pour en faire de véritables champions. En tant que promoteur, Guenif a eu l’honneur d’organiser 4 championnats du monde, 3 événements intercontinentaux IBF et WBO, 4 championnats d’Afrique avec Dine Ahmed, Mohamed Benguasmia et Merzak Dahmouche, ainsi que plus de 80 galas internationaux.

Par B. Sadek

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page