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Athmani Badreddine, président du Rugby Club Warriors de Béjaïa : « Notre objectif est d’encourager les jeunes à pratiquer le rugby »

À Béjaïa, une ville connue pour son dynamisme associatif et sa passion pour le sport, le rugby commence progressivement à trouver sa place. Derrière cette ambition sportive se trouve le président du Rugby Club Warriors, un ancien joueur animé par une volonté ferme de transmettre les valeurs du rugby à la nouvelle génération. Son projet n’est pas seulement de créer un club, mais de bâtir une véritable vision sportive tournée vers l’avenir des jeunes et le développement du rugby dans la région.

Qui est Athmani Badreddine et comment avez-vous découvert le rugby ?
Je suis originaire de Béjaïa et issu d’une famille étroitement attachée au sport. Mon oncle pratiquait la lutte gréco-romaine dans les années 70, tandis que d’autres membres de ma famille évoluaient dans le football, notamment mon père qui occupait le poste de gardien de but. Le sport a donc toujours fait partie de mon environnement et de mon éducation. J’ai pratiqué plusieurs disciplines sportives, notamment le volley-ball, le basket-ball et le football. Ma découverte du rugby, quant à elle, s’est faite presque par hasard, grâce à mon ami Achour Abderaouf, qui m’a fait connaître cette discipline en 2008. C’est à partir de ce moment que mon histoire avec le rugby a réellement commencé, marquant ainsi le début d’une aventure sportive déterminante dans ma vie.

Comment le rugby a-t-il débuté à Béjaïa et quelle a été la réaction du public à la découverte de cette discipline ?
Béjaïa fait partie des premières wilayas en Algérie à avoir découvert le rugby, notamment grâce à des tournois organisés par d’anciens joueurs algériens évoluant en France. Leur objectif était de faire connaître cette nouvelle discipline au public algérien et de poser les bases de la création de clubs nationaux capables de participer à des compétitions officielles, avec pour ambition finale la mise en place d’une fédération nationale. C’est ainsi que le premier club de rugby à Béjaïa, le RCB (Rugby Club Béjaïa) est né, en 2008, marquant le véritable lancement de cette discipline dans la région. Je me souviens parfaitement d’une organisation remarquable et d’un engouement important de la part des jeunes. Le public a rapidement réagi de manière très positive. Même les familles étaient fortement présentes lors des activités, découvrant et appréciant l’esprit et les valeurs du rugby.

Comment décririez-vous la situation actuelle du rugby dans la wilaya ?
À l’image de nombreuses disciplines sportives, collectives ou individuelles, Béjaïa demeure une wilaya historiquement reconnue pour son riche parcours sportif et pour ses athlètes brillants, aussi bien au niveau national qu’international. Concernant le rugby, la région compte de grands noms, mais le grand public les connaît peu en raison du manque de visibilité médiatique autour de ces personnalités. Bien que le rugby soit relativement récent à Béjaïa, il est essentiel pour nous, les sportifs de cette discipline, de mettre en lumière ces figures emblématiques. Parmi elles, on peut citer Boris Bouhraoua et Sofiane Chellat, qui ont représenté l’équipe nationale à de nombreuses reprises. De nombreux autres acteurs ont contribué au développement de ce sport et ont toujours soutenu ses premiers pas, tels que Chabouni Moussa, Farid et Kader Achour. Il me faudrait beaucoup de temps pour rassembler tous les noms. Le rugby à Béjaïa est destiné à se développer dans le futur, et je pense que cela ne nécessite qu’un peu de temps et de patience. Actuellement, je m’entoure de personnalités expérimentées qui peuvent impulser ce développement et rapprocher les habitants de Béjaïa de cette discipline. Parmi elles, on peut citer Samir Kanouche, Benaida Badri, Mazouzen Kamel, Mohamed Kabbou et Oulmehdi Abdelghani. Tous ont été joueurs et continuent de s’impliquer activement dans le développement du rugby à Béjaïa. Leur expérience constitue un atout précieux pour former et guider les jeunes. Et toutes ces années d’engagement offrent une vision solide pour l’avenir de ce sport dans la région.

Quels sont les réalisations et les titres dont vous êtes le plus fier pour le rugby à Béjaïa ?
Comme je viens de le dire, Béjaïa a vu la création d’un premier club en 2008, mais au fil des années, cinq clubs de rugby ont vu le jour dans la wilaya. Les équipes se renouvellent régulièrement, et aujourd’hui, Béjaïa compte deux clubs actifs, en plus de mon club actuel. Soit un total de trois équipes : JSRB, RBS et mon club RC Warriors. La wilaya a déjà réalisé des exploits notables : le titre de champion d’Algérie en 2010 avec le RCB, ainsi que deux championnats de beach rugby. Nous avons également remporté le Championnat d’Oran en 2017 avec le MCB, et nos équipes apparaissent régulièrement parmi les finalistes et sur le podium des trois premières places. De plus, le club JSRB a également obtenu d’excellents résultats, témoignant de la qualité et du dynamisme du rugby à Béjaïa.

Quels sont les objectifs du club et ses ambitions à court et long termes ?
Les objectifs du club reposent avant tout sur la formation et l’encadrement des jeunes, afin de leur offrir un cadre sportif sain basé sur les valeurs fondamentales du rugby, telles que le respect, la discipline et l’esprit d’équipe. À court terme, nous ambitionnons de structurer davantage le club, d’élargir notre base de joueurs et de participer activement aux compétitions nationales. À long terme, notre vision est de faire du RC Warriors un club de référence à Béjaïa et au niveau national, et de contribuer durablement au développement du rugby en Algérie. Nous souhaitons également rapprocher cette discipline du grand public et créer une véritable culture du rugby au sein de la région.

Un dernier mot pour conclure ?
Je suis très heureux et honoré d’avoir pu avoir cet échange avec vous. Le temps était malheureusement limité pour évoquer en profondeur toute l’histoire et la réalité du rugby à Béjaïa, mais j’ai essayé d’en présenter une synthèse afin de transmettre l’essentiel de ce sport et de son évolution dans la région. Notre club reste toujours ouvert à tous, en particulier aux jeunes de différentes catégories d’âge. Nous disposons actuellement des catégories U10, U14, U16, U18, ainsi que les seniors. Concernant la section féminine, sa création est prévue prochainement, dès l’intégration d’une entraîneuse spécialisée, dont l’annonce officielle sera faite au moment opportun.

Entretien réalisé par A. Badis

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