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Course contre la montre  pour nommer un sélectionneur

En prévision de la prochaine date IHF

Au moment où l’Égypte, l’un des poids lourds du handball africain, officialise déjà deux rencontres amicales de prestige les 13 et 15 mai face à l’Islande – quatrième du dernier championnat du monde et habituée des podiums internationaux –, la sélection algérienne masculine des « Verts » se trouve dans une impasse préoccupante.
Elle reste sans sélectionneur. Cette situation, qui défie la logique d’une préparation internationale anticipée sur plusieurs mois, soulève de vives interrogations au sein de la communauté handballistique algérienne. Alors que les calendriers mondiaux s’épaississent avec les qualifications IHF pour les prochains événements majeurs, l’Algérie semble prise dans une inertie administrative qui pourrait compromettre ses ambitions. Près d’un mois après la fin du dernier championnat d’Afrique des nations (CAN), où les Verts ont affiché des promesses malgré une élimination précoce, et suite à l’expiration du contrat de Salah Bouchekriou – un technicien expérimenté qui avait su insuffler une dynamique offensive notable –, aucun nouveau staff technique n’a été officialisé. Le temps presse pourtant : les échéances internationales, comme les fenêtres de la Fédération internationale de handball (IHF), exigent une planification rigoureuse. Stages de cohésion, matches amicaux contre des adversaires calibrés (pensez aux duels récents d’équipes comme le Maroc ou la Tunisie face à des nations européennes), et une vision technique claire sont les piliers d’une préparation réussie. À quelques semaines d’un potentiel arrêt international, l’absence totale de communication sur un regroupement ou des tests amicaux laisse un vide béant. Pendant ce temps, des nations rivales comme l’Angola ou le Nigeria ont déjà enclenché leur machine : stages en Europe, tests tactiques innovants et consolidation d’automatismes. Pour les observateurs avertis, cette passivité est un signal d’alarme. Une sélection nationale ne vit pas d’exploits isolés ; elle requiert une continuité humaine et stratégique.
Le choix d’un sélectionneur transcende le simple nom propre : il incarne une philosophie de jeu – offensive fluide ou défense hermétique ? –, une gestion des egos dans un vestiaire multigénérationnel, et un projet à moyen terme. À l’horizon 2027, avec un Mondial qui s’annonce comme le graal continental, l’Algérie ne peut se permettre de bricoler. Rappelons l’exemple historique des Verts : sous l’ère Rachid Ghezzal dans les années 80-90, une stabilité technique avait propulsé l’équipe vers des quarts de finale mondiaux. Aujourd’hui, avec un vivier talentueux issu des championnats locaux et de la diaspora (pensez à des joueurs comme Belkacem ou Filah), il est impératif de miser sur un coach capable d’hybrider expérience locale et influences internationales.
Même situation pour la sélection féminine : un retard encore plus critique
La problématique est encore plus alarmante chez les seniors dames. À 10 mois de la prochaine CAN, prévue en décembre par la Confédération africaine de handball (CAHB) et qui servira de tremplin pour les qualifications mondiales, l’équipe nationale ne dispose toujours d’aucun sélectionneur. Plus d’une année s’est écoulée sans encadrement officiel, sans stage de regroupement ni même un tournoi de préparation. Cette absence de visibilité stratégique handicape gravement la construction d’un collectif compétitif. Dans un handball féminin africain en pleine explosion – avec des puissances comme l’Angola (double championne du monde) ou le Sénégal qui multiplient les podiums continentaux –, l’improvisation est un luxe que l’Algérie ne peut s’offrir. La préparation d’une CAN ne tolère pas les approximations : elle repose sur un suivi hebdomadaire des athlètes, l’identification d’un noyau dur (défenseuses solides comme celles d’El Biar ou attaquantes dynamiques de Blida), et un travail progressif alliant condition physique, schémas tactiques et psychologie de groupe. Historiquement, les « Super Fauves » ont brillé par intermittence – médailles CAN en 2018 et 2022 –, mais l’instabilité post-pandémie a érodé ce capital. Les nations leaders investissent dans la durée : stages en Tunisie ou au Sénégal, confrontations avec des équipes européennes pour benchmark, et un cadre technique stable qui fidélise les joueuses professionnelles jouant en France ou en Espagne. Pour l’Algérie, rattraper ce retard exige une mobilisation immédiate, sous peine de voir s’évaporer un potentiel générationnel nourri par les championnats Excellence et les écoles fédérales.
Le bureau fédéral doit imposer une planification claire et cohérente
Face à cette double crise, le bureau fédéral de la Fédération algérienne de handball (FAHB) est attendu au tournant. Nommer un staff technique compétent, dévoiler un calendrier de préparation détaillé (avec dates de stages, amicaux et objectifs chiffrés), et tracer une feuille de route précise enverraient un signal fort de ambition. Le handball algérien jouit d’un vivier exceptionnel – clubs formateurs comme le GS Pétroliers ou l’USM Alger, une histoire de gloire olympique dans les années 80 –, mais transformer ce réservoir en résultats concrets passe par une gouvernance exemplaire. Alors que d’autres nations africaines accélèrent leur cadence, les sélections masculine et féminine des Verts ne peuvent végéter dans l’attente. L’heure est à l’action méthodique : anticiper, structurer, performer. Seules une ambition renouvelée et une sérénité retrouvée permettront d’aborder les échéances continentales et mondiales la tête haute.
A.A.

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