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Une entame spectaculaire, Lauryssen prend le pouvoir

Coup d’envoi du Tour d’Algérie 2026

C’est sous un ciel clément et dans une ambiance sportive relevée que la 26e édition du Tour d’Algérie cycliste a été officiellement lancée vendredi à Oran, avec une première étape longue de 126,7 kilomètres disputée en circuit fermé.

Ce départ, très attendu par les amateurs de la petite reine, marque le retour en force d’un événement phare du calendrier continental africain, après des éditions précédentes marquées par des défis logistiques et sanitaires. Oran, la perle de l’Ouest algérien, s’est parée de ses plus beaux atours pour accueillir ce peloton cosmopolite : drapeaux flottant au vent, stands de ravitaillement animés par des familles locales, et un public nombreux massé le long du parcours, acclamant les coureurs avec une ferveur typiquement algérienne. Pas moins de 106 coureurs ont pris le départ, représentant 18 équipes, dont 8 étrangères venues d’Europe et d’Afrique, aux côtés de 10 formations algériennes bien décidées à défendre leurs chances sur leurs terres. Parmi les équipes étrangères, on note la présence remarquée de Tarteletto (Belgique), Embrace The World (Allemagne), Energus (Lituanie) et Tshenolo Pro Cycling (Afrique du Sud), des structures professionnelles habituées aux circuits continentaux.

Du côté national, les équipes comme Madar Pro Team et les sélections régionales affichent une ambition claire : briller devant leur public et accumuler de l’expérience face à des rivaux aguerris. Un peloton aussi dense confirme l’importance grandissante du Tour d’Algérie sur la scène internationale, boosté par le soutien de la Fédération algérienne de cyclisme et des sponsors locaux. Cet événement n’est pas seulement une compétition ; il joue un rôle pivotal dans la promotion du cyclisme national, en formant les jeunes talents et en attirant les regards des scouts continentaux. Historiquement, le Tour, lancé en 1936, a vu naître des légendes locales et offert des victoires prestigieuses à des coureurs comme Abdelkader Zaaf dans les années 1950. Aujourd’hui, il renaît de ses cendres pour redevenir un rendez-vous incontournable.

Un début de course nerveux et offensif
Dès les premiers coups de pédale, la course s’est montrée particulièrement animée, reflétant l’enjeu d’une étape inaugurale où tout peut basculer. Les équipes ont rapidement cherché à placer leurs éléments dans les premières offensives, conscientes de l’importance des classements annexes dès cette étape inaugurale. Les routes oranaises, bordées de palmiers et serpentant entre mer et collines, ont servi de toile de fond à ces escarmouches initiales, avec un vent latéral qui a rendu les positions en tête précaires. Le premier sprint intermédiaire, disputé au 13e kilomètre, a donné lieu à une première bataille intense, un véritable test de vitesse pure. L’Allemand Amann Meo (Embrace The World), connu pour ses pointes fulgurantes acquises sur les velodromes européens, s’est montré le plus véloce, devançant le Lituanien Nikolas Kimavicius (Energus), un rouleur solide, et le Belge Santy Arne (Tarteletto), déjà à l’affût pour son équipe. Le Tunisien Med Aziz Dellal, déjà très actif et revanchard après des Tours passés, s’est distingué en s’invitant dans cette lutte, annonçant une présence maghrébine offensive. Cette performance précoce de Dellal, habitué des sprints chaotiques, a électrisé le public local, signe que les coureurs de la région ne se contenteront pas de figurer.

Le maillot à pois déjà convoité
Au 26e kilomètre, le premier Grand Prix de la Montagne de cette édition a permis de dessiner les contours du classement du meilleur grimpeur, sur une côte modérée mais décisive pour tester les jambes fraîches. L’Allemand Homrigausen Heiko Pascal (Embrace The World), grimpeur patenté avec un palmarès en Coupe des Nations, a franchi la ligne en tête, s’assurant ainsi les premiers points du maillot à pois tant convoité. Sa descente fluide et contrôlée a impressionné, rappelant ses succès en Allemagne. Derrière lui, le Rwandais Kevin Nshuittira, révélation africaine au gabarit léger idéal pour les montées, et le Belge Santy Arne ont complété le podium de cette ascension, dans un duel acharné. Hamza Mansouri (Madar Pro Team) confirmait lui aussi sa belle forme en figurant parmi les cinq premiers, grimpant avec une aisance qui trahit des mois d’entraînement en altitude dans les Aurès. Un signal fort envoyé par le coureur algérien, très en jambes sur cette entame de Tour, et qui rêve déjà de ravir ce maillot symbolique aux étrangers.

Une échappée bien construite et pleine d’ambitions
Le véritable tournant de cette première étape est intervenu avec la formation d’une échappée solide de quatre coureurs : Hamza Mansouri, Windy Lauryssen (Tarteletto), Med Aziz Dellal et le Sud-Africain Alexander Erasmus (Tshenolo Pro Cycling). Ce quatuor, hétéroclite mais complémentaire – un grimpeur algérien, un puncheur belge, un attaquant tunisien et un rouleur sud-africain –, s’est construit dans le creux d’une descente technique, profitant d’un moment de relâchement du peloton. Ce groupe de tête, homogène et bien organisé, a rapidement creusé l’écart sur le peloton, atteignant jusqu’à 2 minutes 59 secondes d’avance, un gouffre impressionnant sur une étape plate. Une marge significative qui leur a permis de gérer leur effort à l’approche du circuit final, long de 30 kilomètres à parcourir à trois reprises, avec ses virages serrés et ses faux plats usants. Cette échappée a été marquée par une forte présence algérienne, notamment grâce à Hamza Mansouri et Med Aziz Dellal, très actifs et combatifs, illustrant la volonté des équipes locales de peser sur la course. Mansouri, avec son expérience des Tours maghrébins, a relayé sans compter, tandis que Dellal injectait de l’énergie par ses accélérations répétées.

Les sprints intermédiaires, enjeu stratégique
Au 63e kilomètre, le deuxième sprint intermédiaire a été l’occasion pour les hommes de tête de se disputer de précieux points, un bonus vital pour les classements verts. Windy Lauryssen s’est montré le plus rapide, devançant Alexander Erasmus et Oliver Jekabs (Energus), ce dernier ayant réussi à faire la jonction temporairement depuis le peloton, dans un effort solitaire héroïque.
Hamza Mansouri, toujours présent dans le groupe de tête, a une nouvelle fois confirmé sa régularité et son engagement dans cette étape, terminant quatrième et engrangeant des points pour l’Algérie.

Un circuit final décisif
À l’approche des trois derniers tours du circuit final, la course a changé de physionomie. Le peloton, emmené par les équipes de sprinteurs comme Tarteletto et Embrace The World, a progressivement réduit l’écart, mettant fin aux espoirs de l’échappée sous la pression d’un train infernal.
La tension est montée d’un cran dans les derniers kilomètres, avec une lutte acharnée pour le placement avant l’emballage final. Les équipes étrangères, bien structurées avec leurs lieutenants dévoués, ont su imposer leur rythme pour préparer le sprint massif, dans les rues d’Oran illuminées par le soleil couchant.

Lauryssen, puissance et maîtrise
Dans cette arrivée rapide et technique, bordée de barrages et de supporters en liesse, le Belge Yorben Lauryssen (Tarteletto) a fait parler toute son expérience et sa puissance. Parfaitement lancé par son coéquipier Arne, il a dominé ses adversaires pour s’imposer en 3h05min43s, devançant Alexander Erasmus et le Lituanien Oliver Jekabs. Une victoire nette et sans contestation qui permet à Lauryssen de s’installer immédiatement comme l’un des hommes forts de cette édition.

Walim Mansouri.

 

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