MOTOSPORTS

L’énergie, le casse-tête de la FIA

Suite au retour d’information des essais de Bahreïn

À Melbourne, l’énergie sera au cœur des débats. Après les essais hivernaux disputés à Sakhir, où les pilotes ont déjà dénoncé une gestion excessive de la batterie les contraignant à lever le pied bien avant les points de freinage, le Grand Prix d’Australie s’annonce encore plus délicat. Les données de 2025 permettent d’esquisser les ordres de grandeur. L’Albert Park est un tracé rapide, avec une moyenne supérieure à 250 km/h en qualifications l’an dernier. Résultat : davantage de temps passé à pleine charge et une consommation énergétique accrue. Surtout, les possibilités de récupération en phase de freinage y sont nettement plus limitées. Les simulations de Brembo estimaient à 8,3 secondes le temps total passé sur les freins à Melbourne, contre 16,2 s à Bahreïn. Avec une puissance de récupération de 350 kW, cela représente environ 2,9 MJ récupérables par tour, contre 5,7 MJ à Sakhir, très loin des 8,5 MJ autorisés par le règlement. Dans ces conditions, le recours au « lift and coast » et au clipping pourrait s’intensifier. La FIA dispose toutefois de leviers réglementaires : elle peut réduire l’énergie maximale récupérable à 8 MJ par tour, voire à 5 MJ en qualifications, dans la limite de huit épreuves par saison. Ces paramètres pèseront lourd sur les choix d’aileron et de niveau d’appui. Moins de charge aérodynamique signifie moins de traînée et potentiellement plus de récupération au freinage, mais aussi un risque de perte en virage. À Melbourne, l’équilibre entre performance pure et gestion énergétique pourrait bien faire la différence.

Djaffar KHODJA

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page