
La Red Bull aborde l’horizon 2026 au cœur de l’une des phases de transition les plus profondes de son histoire récente. En moins de deux ans, l’état-major qui avait bâti l’ère de domination de Milton Keynes s’est quasiment volatilisé. Adrian Newey a rejoint Aston Martin, Jonathan Wheatley a saisi l’opportunité de devenir team principal chez Audi, tandis que Christian Horner et Helmut Marko ont quitté l’organigramme selon des modalités différentes. Désormais aux commandes, Laurent Mekies mène une reconstruction à marche forcée. Et cette recomposition pourrait rapidement toucher le cœur même du projet sportif : Max Verstappen. Selon plusieurs sources concordantes, Gianpiero Lambiase, ingénieur de course emblématique du Néerlandais et responsable de l’ingénierie de piste, serait pressenti pour une promotion vers un rôle plus stratégique et managérial, moins directement lié à l’exploitation de la monoplace. Un scénario qui impliquerait, de facto, la fin du duo Verstappen–Lambiase sur le muret des stands à partir de 2026, une hypothèse déjà suggérée par certains échanges radio en fin de saison à Abu Dhabi. Parallèlement, Red Bull va perdre trois ingénieurs clés de l’entourage technique du quadruple champion du monde. Tom Hart, ingénieur de performance, a accepté une offre de la Williams.
David Mart, spécialiste moteur, rejoindra Audi où il retrouvera Jonathan Wheatley. Quant à Michael Manning, autre figure importante du dispositif technique, il met un terme définitif à son aventure à Milton Keynes après avoir prolongé d’une saison en 2025. Juan Pablo Montoya estime cette évolution inévitable. « Je ne pense pas que Red Bull ira chercher des profils à l’extérieur. Mekies fait du très bon travail et Lambiase sera probablement promu », a confié le Colombien, évoquant un rôle plus managérial, possiblement lié aussi à des considérations personnelles. « Verstappen devra alors travailler avec quelqu’un de nouveau, avec qui l’alchimie ne sera pas forcément immédiate. » À l’aube d’un changement de règlement majeur, Red Bull entame donc une nouvelle ère, où même son pilier sportif devra s’adapter. En Formule 1, la domination n’immunise jamais contre l’instabilité.
Amayas LAAZIB



