MOTOSPORTS

Ferrari : une saison cauchemardesque

Erreurs de choix, évolutions ratées et communication en panne

L’année 2025 tourne à la désillusion pour Ferrari. Derrière les difficultés techniques de la SF-25, c’est toute une philosophie de travail qui semble remise en question. Le mal est profond, bien au-delà d’une simple gestion imparfaite des week-ends de course.

L’exemple du Grand Prix d’Azerbaïdjan en est la parfaite illustration. Attendue comme favorite sur le tracé de Bakou, censé mettre en valeur les qualités de la SF-25, la Scuderia a connu une véritable débâcle. Pourtant, les essais libres avaient laissé entrevoir une voiture rapide, Hamilton et Leclerc signant les deux meilleurs temps du vendredi. Mais dès la qualification, tout s’est effondré. Une fois encore, Ferrari n’a pas su faire progresser sa monoplace au fil du week-end. En réalité, le problème est bien plus structurel. Les difficultés de la SF-25 tiennent à sa conception même. Depuis l’introduction d’une nouvelle suspension arrière en Belgique, censée stabiliser la plateforme aérodynamique, les ingénieurs ont découvert un effet pervers : la voiture s’est avérée beaucoup moins réactive aux changements de réglages.

Si le setup élaboré au simulateur colle aux conditions réelles, la Ferrari se montre rapide. Mais dès que la température ou le grip évoluent, la SF-25 devient imprévisible et difficile à adapter. Ce virage technique, initié par le directeur technique Loïc Serra, a aussi paralysé les développements aérodynamiques. Pendant près de trois mois, toute l’attention a été concentrée sur la suspension, retardant au passage deux évolutions aérodynamiques prévues. Or, dans un plateau où les écarts se resserrent à moins de deux dixièmes entre les dix premiers, le moindre gain de cinq centièmes peut rapporter plusieurs places sur la grille. Là où Red Bull et McLaren ont su exploiter la flexibilité de leurs concepts pour affiner leurs réglages, Ferrari s’est enfermée dans un projet trop rigide, hérité du précédent modèle. La SF-25, pensée pour offrir une performance de pointe « peak performance », manque cruellement de capacité d’adaptation. Résultat : une saison marquée par les frustrations, les espoirs déçus et l’impression persistante d’un potentiel jamais concrétisé.

Amayas LAAZIB

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