Championnats d’Afrique des nations, Accra-2026

Ayachi offre à l’Algérie une seconde médaille d’or
Sur la piste et dans les concours qui ont clos ces Championnats d’Afrique des nations, Younes Ayachi a offert à l’Algérie une précieuse victoire au saut en hauteur.
Le jeune sauteur a franchi une barre à 2,22 m, décrochant ainsi la deuxième médaille d’or pour l’équipe algérienne et confirmant la montée en puissance qui le caractérise, sous la conduite de son entraîneur Mohamed-Amine Hafed. Cette performance arrive après une saison déjà remarquable : Ayachi s’était illustré en salle en Belgique où il avait pris la deuxième place avec un bond à 2,26 m. À Accra, il a signé un nouveau record national U-20, établi la meilleure performance mondiale de sa catégorie pour la saison et amélioré son record personnel (précédent : 2,21 m), témoignant d’une progression constante tant sur le plan technique que mental.
L’Algérie termine avec quatre médailles
La sélection nationale a conclu ces Championnats d’Afrique d’athlétisme 2026 avec un bilan solide, malgré l’absence de plusieurs têtes d’affiche : quatre médailles au total, réparties en deux titres et deux troisièmes places, obtenues lors de la dernière journée, disputée dimanche à Accra. Le premier titre a été remporté par Zahra Tatar au lancer du marteau. Impériale, elle a lancé son engin à 69,82 m sous la direction de Toumi Hakim, confirmant son statut de leader continental et sa régularité dans les grandes compétitions. Sa série, marquée par des lancers puissants et maîtrisés, montre une athlète capable de rivaliser sur la scène mondiale si elle conserve cette trajectoire de progression.
La deuxième médaille d’or, donc, est celle de Younes Ayachi au saut en hauteur. Outre la valeur statistique de son 2,22 m, sa victoire revêt une dimension symbolique : elle illustre la profondeur de la formation algérienne en sauts verticaux et la qualité du travail mené par les entraîneurs nationaux auprès des jeunes générations. Les deux médailles de bronze sont venues compléter ce tableau encourageant. Souad Azzi a décroché le bronze sur le 20 km marche en 1h34m26s, performance supervisée par l’entraîneur Karim Anzi. Sa course a été marquée par une gestion intelligente du rythme et une finition solide, lui permettant de contenir une concurrence dense et de ramener une médaille durement disputée. Azzi apparaît comme une athlète d’endurance prometteuse dont il faudra suivre l’évolution sur les prochaines échéances.
Dhiae-Eddine Boudoumi a, quant à lui, remporté le bronze au saut à la perche avec 4,20 m, sous la supervision de Samir Ben Ahmed. Sa médaille récompense une technicité en pleine amélioration et une capacité à se transcender lors des moments clés. Boudoumi a, en outre, pris une honorable 4e place au décathlon avec 7 259 points, montrant une polyvalence rare : capable de performances dans les épreuves combinées et dans les concours spécialisés, il constitue une option précieuse pour la délégation nationale.
Performances proches du podium et enseignements
Plusieurs autres athlètes ont frôlé le podium, offrant des perspectives positives pour l’avenir. Ismaïl Benhammouda (20 km marche), Tarek Hocine (saut en longueur) et Mohamed-Ali Gouaned (800 m) ont terminé à la quatrième place, souvent à de faibles écarts des médaillés. Ces résultats traduisent non seulement un vivier compétitif, mais aussi la nécessité d’un travail ciblé sur les détails — départs, transitions, rythmes de course et optimisation technique — pour transformer ces places d’honneur en podiums lors des prochaines compétitions.
La délégation algérienne, composée de dix athlètes engagés dans diverses disciplines (concours, demi-fond, marche), a donc démontré une organisation cohérente et une capacité à obtenir des résultats malgré un effectif réduit. Les entraîneurs cités (Mohamed-Amine Hafed, Hakim Toumi, Karim Anzi et Samir Ben Ahmed) ont tous joué un rôle clé dans la préparation physique et tactique des athlètes, soulignant l’importance d’un encadrement stable pour maintenir la progression constatée cette saison.
Les Jeux méditerranéens de Tarente, le prochain défi
À peine retombée l’émotion d’Accra, le regard de la Fédération et des athlètes se tourne déjà vers la prochaine échéance majeure : les Jeux méditerranéens de Tarente, en Italie. Cette compétition présente une opportunité stratégique pour capitaliser sur les résultats africains. Pour Ayachi, Zahra et les autres médaillés, Tarente sera l’occasion de confirmer leur forme face à des nations européennes et nord-africaines, de tester des ajustements techniques et de gagner en expérience face à des adversaires souvent plus nombreux et plus expérimentés.
Tarente servira aussi de test pour la profondeur de l’équipe algérienne : les épreuves méditerranéennes rassemblent des athlètes de haut niveau, et une bonne moisson là-bas consoliderait la place de l’Algérie sur la scène régionale. Les entraîneurs déjà évoqués devraient affiner les plans de préparation, en insistant sur la régularité des concours, la récupération entre les tours et la programmation des charges d’entraînement pour atteindre un pic de forme au bon moment.
En somme, ces championnats d’Afrique des nations à Accra ont confirmé que l’Algérie dispose d’un noyau prometteur d’athlètes capables de prétendre à des médailles continentales et régionales. Si la continuité du travail d’encadrement et une planification adaptée précèdent Tarente, les performances récentes laissent entrevoir des perspectives encourageantes pour la suite de la saison.
K. M.



