
La route vers les Jeux olympiques de Los Angeles 2028 est officiellement ouverte pour le tennis de table et l’Algérie y place ses espoirs sur un seul nom : Mehdi Bouloussa. Début septembre à Tarente, en Italie, le pongiste algérien a offert à l’Algérie la première médaille d’or de son histoire en tennis de table aux Jeux méditerranéens, en s’imposant, en simple messieurs, face à l’Égyptien Youssef Ahmed. Cette performance, obtenue après un parcours exigeant incluant une demi-finale serrée contre le Français Léo De Nodrest, a marqué un tournant symbolique fort pour la discipline en Algérie. Sur le plan comptable, ce titre n’a toutefois pas fait bouger le classement mondial ITTF, les Jeux méditerranéens n’étant pas intégrés au calendrier des épreuves génératrices de points.
Bouloussa, seul qualifiable via le ranking ?
Dans la course olympique, deux voies principales s’offrent aux athlètes : la qualification directe via le classement mondial (être parmi les mieux classés dans la limite des quotas par nation) et les places continentales, attribuées via des tournois qualificatifs (en Afrique, un seul ticket par genre est généralement en jeu). À ce jour, Mehdi Bouloussa est le seul Algérien en mesure de viser une qualification par le ranking. Il figure autour de la 71ᵉ place mondiale avec environ 465 points, après une période de régularité sur quatre ans, malgré un léger recul d’un rang par rapport au dernier classement. Pour rester dans la zone qualificative d’ici 2028, il devra multiplier les participations à des opens internationaux et engranger des victoires contre des joueurs mieux classés, conformément à la logique du système ITTF qui récompense la fréquence et la qualité des résultats.
Derrière Bouloussa, la marge est étroite
Les autres membres de l’équipe nationale accusent un retard net : Stéphane Ouaiche est 135ᵉ mondial (203 points), en perte d’un rang, tandis que chez les dames, Tania Morice occupe la 123ᵉ place avec 223 points. Leurs trajectoires passent désormais par un déclic compétitif rapide : des résultats probants lors des prochains opens internationaux sont indispensables pour espérer remonter et se rapprocher des places éligibles. En double messieurs, la paire Milhane Djellouli – Mahieddine Bella est 43ᵉ mondiale (350 points), ayant perdu deux places, or, seules les 16 meilleures paires mondiales sont directement retenues pour les JO. Côté dames, les duos Malissa Nasri – Amina Kesaci et Jade Morice – Tania Morice sont respectivement 116ᵉ et 117ᵉ avec seulement 90 points, et en double mixte, Amina Kessaci – Milhane Jellouli pointent à la 71ᵉ place (175 points).
Ces classements indiquent clairement que la qualification algérienne en double se jouera très probablement via le tournoi continental africain, dont le vainqueur obtient un quota olympique. Pour l’heure, la date et le programme du qualificatif africain ne sont pas encore officialisés, mais son enjeu est déjà clair : en individuel, il faudra viser au moins le top 4 africain pour espérer un ticket, et en double, seule la victoire au tournoi continental garantit la qualification, selon les règles ITTF. La date butoir pour figer les classements et valider les quotas est fixée au 5 juin 2028, et d’ici là, la Fédération prévoit des stages périodiques pour maintenir la forme des athlètes et les préparer à la densité de matchs exigée au plus haut niveau.
Dans un sport où le professionnalisme se mesure à la régularité des résultats et à l’exposition internationale, Bouloussa incarne aujourd’hui la référence algérienne. Son sacre à Tarente a prouvé son potentiel, mais la route de Los Angeles demande une stratégie claire : calendrier chargé, préparation physique et mentale, et soutien logistique soutenu de la Fédération et des tutelles. Si l’Algérie veut confirmer sa percée au tennis de table sur la scène olympique, c’est autour de Bouloussa, et d’un plan de préparation ambitieux, que devra se construire la prochaine étape.
K. M.



