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Avec cinq médailles, mais sans or — Bilan en demi-teinte pour la délégation algérienne aux JM

La boxe algérienne a refermé sa participation aux 20es Jeux méditerranéens de Tarente, en Italie, sur un bilan contrasté : cinq médailles au total, trois en argent et deux de bronze, mais aucune en or. Pour une discipline historiquement pourvoyeuse de titres pour la délégation nationale, ce résultat apparaît en deçà des attentes, laissant un sentiment d’inachevé malgré des performances individuelles dignes d’éloges et un engagement remarquable de l’ensemble des pugilistes.

Un podium masculin dominé par l’argent

Du côté des messieurs, la moisson algérienne s’élève à cinq médailles, réparties entre trois en argent et deux en bronze, sans qu’aucune finale ne soit transformée en titre. Cette série de podiums, bien que flatteuse sur le papier, traduit une difficulté à franchir le dernier obstacle face à des adversaires déterminés et souvent soutenus par leur public.

Ismaïl Bekhsis, dans la catégorie des -65 kg, a ouvert le bal des récompenses masculines en décrochant la première médaille d’argent. Son parcours, marqué par l’élimination de plusieurs favoris, s’est achevé en finale face au Marocain Soulaimane Samghouli, qui l’a remportée de justesse sur le score de 3–2 aux points. Un duel serré où chaque round a été disputé avec intensité, mais où la décision des juges a finalement penché en faveur du boxeur marocain.

Mustapha Abdou, évoluant dans la catégorie des -80 kg, est venu compléter le palmarès masculin en argent. Opposé en finale à l’Espagnol Pablo Coy Bernal, il s’est incliné sur un score plus net de 4–1, témoignant d’une domination ibérique dans ce combat décisif. Malgré cette défaite, son parcours reste une réussite, illustrant la montée en puissance d’une nouvelle génération de boxeurs algériens capables de rivaliser avec les meilleurs de la région méditerranéenne. Les deux médailles de bronze masculines, quant à elles, sont revenues à des pugilistes éliminés au stade des demi-finales. Conformément au règlement en vigueur, les perdants de ce tour se voient automatiquement attribuer une médaille de bronze, sans avoir à disputer de match de classement. Ces deux troisièmes places, bien que méritées, soulignent également la difficulté rencontrée par les boxeurs algériens à franchir le cap des demi-finales, un obstacle récurrent dans les grandes compétitions internationales. Ce bilan, bien qu’honorable, contraste nettement avec les éditions précédentes des Jeux méditerranéens où la boxe algérienne avait souvent brillé par ses titres et sa capacité à dominer plusieurs catégories. L’absence d’or cette fois-ci interpelle les responsables de la Fédération, qui y voient un signal d’alarme quant à la préparation et à la stratégie adoptées pour cette compétition.

Les dames sauvent l’honneur avec une finale

Côté féminin, la délégation algérienne a pu compter sur une performance de premier plan pour sauver l’honneur : celle de Fatiha Mansouri, dans la catégorie des –51 kg. Seule boxeuse à atteindre la finale, elle a ramené l’unique médaille d’argent de la section féminine, après un parcours marqué par des victoires convaincantes et une détermination sans faille. En finale, elle s’est néanmoins inclinée face à une adversaire plus expérimentée, ne parvenant pas à concrétiser ses efforts par un titre. Les autres représentantes de la boxe féminine algérienne, dont Djouher Benane (–65 kg), Melissa Hamda (–57 kg) et Ichrak Chaïb (–60 kg), se sont arrêtées en quarts ou en demi-finales. Leur élimination, bien que décevante sur le moment, a néanmoins contribué à enrichir la moisson de médailles de bronze, renforçant ainsi le poids de la boxe dans le bilan global de la délégation. Leurs performances, marquées par du courage et de la technique, témoignent du potentiel encore inexploité de la boxe féminine algérienne, appelée à jouer un rôle de plus en plus central dans les prochaines compétitions.

Bilan mitigé pour la délégation nationale

Au classement général des médailles, l’Algérie termine sa participation aux Jeux méditerranéens de Tarente avec un total de 15 podiums : une médaille d’or, 4 d’argent et 10 de bronze. La boxe, à elle seule, représente près d’un tiers de ce total, confirmant son statut de discipline majeure au sein de la délégation nationale. Pourtant, si la lutte et l’athlétisme ont réussi à apporter des titres précieux, la boxe — discipline phare du sport algérien et traditionnellement pourvoyeuse de médailles d’or — n’a pas réussi à rééditer ses exploits passés. Les entraîneurs et les responsables de la Fédération ont tenu à saluer l’engagement, le courage et la discipline affichés par l’ensemble des boxeurs, hommes et femmes, tout au long de la compétition. Ils ont également souligné la qualité des performances individuelles, malgré l’absence de titre. Toutefois, ils n’ont pas manqué de pointer les lacunes observées, notamment en matière de préparation physique et tactique, jugées insuffisantes pour rivaliser avec les meilleures nations méditerranéennes lors des phases décisives. Malgré ce bilan en demi-teinte, l’avenir de la boxe algérienne reste prometteur. Plusieurs jeunes boxeurs, déjà présents sur les podiums méditerranéens, ont démontré qu’ils possédaient le potentiel nécessaire pour briguer les plus hautes marches dans un futur proche. La Fédération compte bien capitaliser sur cette expérience tarentine pour aborder les prochains championnats d’Afrique et du monde avec plus d’ambition, en visant clairement la plus haute marche du podium.

Walim Mansouri

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