D’autres joueurs emboîteraient le pas à Mahrez — Fin de cycle pour les cadres des Verts

La sélection algérienne s’apprête à vivre une transition d’envergure, aux conséquences sportives et humaines majeures. Après l’annonce de la retraite internationale de Riyad Mahrez, officialisée au lendemain de l’élimination contre la Suisse au Mondial-2026, d’autres cadres emblématiques de l’équipe seraient eux aussi sur le point de tirer leur révérence.
Selon plusieurs sources concordantes, Aïssa Mandi et Ramy Bensebaïni auraient pris la décision de mettre un terme à leur carrière internationale. Si aucune confirmation officielle n’a encore été communiquée par la Fédération algérienne de football (FAF), la tendance se dessine et laisse entrevoir la fin d’un cycle qui aura marqué la décennie écoulée.
Un trio symbole d’une décennie
Riyad Mahrez, Aïssa Mandi et Ramy Bensebaïni ont formé l’ossature d’une équipe qui, entre 2015 et 2025, a connu une période de stabilité rare pour les Verts. Mahrez, capitaine au charisme incontestable et auteur de gestes décisifs sur les pelouses européennes, a été la figure de proue d’un collectif capable d’atteindre des sommets : le sacre continental de 2019 reste le point d’orgue de cette génération. Mandi, défenseur central à la lecture de jeu fine et aux interventions souvent salvatrices, et Bensebaïni, latéral polyvalent reconnu pour sa puissance et ses montées, ont complété ce triptyque d’expérience qui a servi de colonne vertébrale à la sélection.
Le poids des grandes campagnes
Au-delà du titre africain, ces trois joueurs ont été présents lors de plusieurs campagnes internationales — qualifications tendues, phases de poules de Coupes du monde, et matchs amicaux à forts enjeux. Leur implication, sur et en dehors du terrain, a contribué à ancrer une culture de compétitivité et de solidarité au sein du groupe. Mahrez, notamment, a souvent endossé un rôle de leader moral, parlant tant avec ses actes que dans les vestiaires. Mandi et Bensebaïni, eux, ont apporté la consistance défensive et l’expérience des grands rendez‑vous nécessaires pour canaliser les jeunes éléments.
Pourquoi maintenant ? Les signaux et les doutes
Plusieurs éléments expliquent que la décision de ces cadres tombe maintenant. Sportivement, l’élimination prématurée au Mondial a constitué un électrochoc : elle invite à une remise à plat des objectifs et des méthodes. Physiquement et personnellement, l’âge et les blessures influent inévitablement sur la capacité à enchaîner les saisons à haut niveau et à répondre aux exigences internationales. Enfin, la perspective d’un renouvellement générationnel, déjà amorcé avec l’émergence de talents locaux et de joueurs évoluant régulièrement en Europe, rend la passation inévitable. Sur le plan des déclarations publiques, Aïssa Mandi avait laissé planer le doute au lendemain du match contre la Suisse, refusant de confirmer ou d’infirmer son avenir. Cette incertitude a été interprétée par des observateurs comme un signe précurseur : la décision individuelle, parfois mûrie en privé, peut ne plus nécessiter d’annonce spectaculaire dans un contexte de reconstruction collective.
Conséquences sportives immédiates
L’éventuel départ simultané de Mahrez, Mandi et Bensebaïni pose plusieurs questions immédiates : qui portera la flamme offensive après Mahrez ? La sélection dispose de jeunes ailiers prometteurs, mais aucun n’a encore atteint la régularité et l’impact du capitaine sortant. Comment recomposer la charnière défensive sans Mandi ? Plusieurs jeunes défenseurs sont en observation, mais l’expérience manquera dans les moments-clés. Quel profil pour le couloir gauche en l’absence de Bensebaïni ? Le poste réclame à la fois solidité défensive et apport offensif, qualités rares réunies chez le joueur formé en Europe. Ces questions imposent à la FAF et au staff technique une stratégie claire : accélérer la promotion des jeunes tout en conservant un encadrement d’expérience pour assurer une transition moins brutale.
La gestion de la transition relève autant de l’aspect sportif que managérial. Le sélectionneur et ses adjoints devront définir une feuille de route : calendrier de renouvellement, intégration progressive des nouveaux venus, préparation physique adaptée, et plan de communication pour éviter un vide médiatique. La FAF, de son côté, devra s’assurer d’un soutien structurel (stages mieux calibrés, matchs amicaux pertinents, coopération avec les clubs) afin que la relève bénéficie d’un environnement propice à son développement.
Scénarios possibles pour la suite
Plusieurs pistes se dessinent pour l’avenir immédiat de l’équipe : transition progressive : maintien de quelques cadres marginalisés pour encadrer les jeunes, avec des présences ponctuelles pour matchs clés. Choc générationnel : large renouvellement avec pari sur de nouveaux profils, acceptant une période d’adaptation avec résultats irréguliers. Mix équilibré : recomposition autour d’une colonne vertébrale remaniée mêlant jeunes talents et vétérans encore motivés, avec une préparation axée sur la cohésion. Chacune de ces options suppose des choix forts de la part du sélectionneur et de la fédération, ainsi qu’un alignement entre les clubs formateurs et la sélection nationale.
Omar A.



