Championnat d’Afrique classique, Gowaneng-2026 — Bellahcene conserve sa couronne

Le Championnat d’Afrique individuel classique d’échecs (AICC), tournoi le plus prestigieux et le plus sélect du calendrier africain, s’est achevé après 9 rondes intenses où les meilleurs grands maîtres, maîtres internationaux et espoirs du continent se sont affrontés pour le titre suprême de champion d’Afrique. L’AICC est un événement qui a façonné des générations d’échéphiles et représente la principale voie d’accès des joueurs africains à la scène internationale. Le vainqueur du titre officiel de champion d’Afrique obtient une place directe à la prestigieuse Coupe du monde FIDE, étape clé menant au Championnat du monde d’échecs. Cela offre à nos meilleurs nationaux une expérience inestimable face à l’élite mondiale. Le niveau élevé des participants offre aux joueurs la possibilité d’obtenir des normes de Grand Maître (GM) et de Maître International (MI), essentielles à la réussite des compétitions. Le grand maître égyptien Amin Bassem, faut-il le rappeler, a dominé ce championnat à l’ère moderne, à 8 reprises, et a consolidé son statut de l’un des plus grands joueurs africains de tous les temps, avant d’être fortement concurrencé par l’Algérien Bilel Bellahcene.
Une consécration amplement méritée
En remportant le Championnat d’Afrique d’échecs individuel 2026, le grand maître algérien Bilel Bellahcene confirme désormais son statut de maître incontesté du continent. Déjà sacré en 2025 en Égypte, il réalise, cette fois, le doublé historique à Gowaneng, au Botswana. Engagé derrière le favori égyptien Amin Bassem, Bellahcene a dominé la compétition de bout en bout. Après huit rondes, il était en tête, devançant l’Égyptien. Dans une dernière ronde tendue, il a su gérer la pression pour conserver son avance et s’adjuger le titre continental avec autorité. Le grand maître algérien, au style dynamique et précis, a su combiner solidité et créativité offensive tout au long du tournoi. Il a notamment brillé face à des adversaires coriaces, confirmant sa supériorité sur le continent. C’est avec fierté et respect que la famille échéphile algérienne a appris la victoire bien méritée du champion Bilal Bellahcene, qui a décroché son deuxième titre de champion d’Afrique des échecs. Bellahcene a réalisé une performance exceptionnelle, dépassant les 2600 points ELO et parvenant à surpasser l’un des noms les plus prestigieux et les plus influents de la scène arabo-africaine, le grand maître égyptien Amin Bassem, réaffirmant ainsi sa place parmi l’élite des échecs africains.
Il s’est illustré dès son jeune âge
Natif de Strasbourg, Bilel Bellahcene est un jeune prodige algérien des échecs, formé au club Bischwiller, en Alsace (France). Il a dévoilé tous ses talents dès son jeune âge. Il décroche sa première médaille de bronze internationale aux Championnats du monde des moins de 16 ans. Une année plus tard, il est titré maître international, et s’octroie par la suite le titre de grand maître international. Binational et ayant évolué sous les couleurs de la France, il décide d’intégrer la FAE en 2018, pour porter les couleurs nationales. Cette même année, il participe aux Olympiades de Batoumi, en Géorgie, et s’octroie le titre de premier échiquier de l’équipe d’Algérie. Il a aussi participé aux Jeux africains de 2019, au Zonal africain, et se qualifie aux Championnats du monde en Russie. Bellahcene n’a jamais caché sa fierté de jouer sous les couleurs nationales. C’est son père qui lui a transmis la passion des échecs depuis l’âge de 5 ans et l’a mis sous la coupe de l’entraîneur Etienne Mench, au sein du club alsacien de Bischwiller. En plus de titres nationaux de France, il a aussi décroché 2 titres de champion européen en 2009 et 2010. Il remporte le titre de champion du monde en blitz, catégorie des moins de 16 ans, en janvier 2013 aux Émirats arabes unis (EAU). L’année suivante (2014), il décroche la médaille de bronze à Durban, à l’occasion des Championnats du monde dans la catégorie des moins de seize ans. Bellahcene est affilié à la Fédération algérienne des échecs depuis juillet 2018, après ses contacts avec le président de cette instance, Brahim Azzedine Djelloul. Il a par la suite participé aux Jeux africains de 2019, avant l’arrêt total des compétitions en raison de la pandémie du Covid-19. Vainqueur du Festival de Gibraltar en 2022, il a participé à la Coupe du monde FIDE et devient une figure majeure de la Zone 4.1. Champion d’Afrique 2025 (Caire) et 2026 (Botswana), il est le premier Algérien à réaliser cet exploit.
Sadek B.



