OmnisportVolley

L’EN féminine, le grand chantier de Boussebt

Parmi les nombreux dossiers qui attendent la nouvelle équipe dirigeante de la Fédération algérienne de handball, celui de la sélection nationale féminine figure certainement en tête des priorités et des préoccupations. À quelques mois du Championnat d’Afrique et des Jeux méditerranéens, les handballeuses algériennes demeurent toujours sans sélectionneur, une situation qui commence à devenir préoccupante et qui suscite des appels à la réaction de la part de plusieurs clubs et anciens cadres. Depuis près de deux années, la sélection féminine traverse une période de quasi-hibernation, marquée par l’irrégularité des regroupements, l’absence de compétitions internationales et une visibilité réduite sur le long terme. Les regroupements se sont faits rares et l’équipe nationale a perdu un temps précieux dans sa préparation, notamment en matière de cohésion, de développement tactique et de suivi individuel des performances. Pourtant, le rendez-vous continental de décembre approche rapidement et nécessitera un travail de reconstruction important, tant sur le plan athlétique que sur l’organisation collective.

Les Jeux méditerranéens constitueront certes une étape de préparation intéressante, offrant des confrontations de bon niveau et une opportunité de jauger l’écart avec d’autres nations de la région, mais ils ne peuvent masquer l’urgence de la situation. Sans sélectionneur, aucun projet sportif structuré ne peut être lancé et aucun travail de fond — formation, détection, médical, suivi psychologique et planification des compétitions — ne peut être engagé de manière pérenne. Il faudra aussi penser à renforcer les liens avec les clubs pour assurer la disponibilité des joueuses lors des phases cruciales de préparation et mettre en place un staff élargi capable d’assumer les différents volets du projet.

Un championnat peu concurrentiel

La tâche du futur entraîneur s’annonce d’autant plus complexe que le Championnat national féminin souffre d’un manque de concurrence et d’une hétérogénéité importante entre les clubs. Ces dernières saisons, le Handball Club d’El-Biar a largement dominé les débats, confirmant son statut de référence du handball féminin algérien grâce à une politique de formation solide et à des résultats constants. Cette domination, aussi méritée soit-elle, réduit toutefois les possibilités d’évaluation dans un contexte de forte concurrence, car peu d’équipes sont en mesure d’aligner un niveau régulier et homogène face aux meilleures formations. Le futur sélectionneur devra travailler sur la durée, instaurer une méthodologie de suivi individualisé et concocter des plans de développement pour des profils spécifiques.

Agir sans perdre de temps

Le président de la Fédération, Mourad Boussebt, est désormais face à l’un des principaux chantiers de son mandat. La nomination du sélectionneur national ne peut plus attendre, car chaque semaine perdue éloigne un peu plus la sélection féminine de ses objectifs sportifs et fragilise la crédibilité du projet à moyen terme. L’heure est venue de trancher et de lancer un nouveau cycle fondé sur des objectifs clairs, des moyens adaptés et un staff capable d’embarquer les joueuses autour d’une vision commune, car avant de parler de résultats, il faudra d’abord reconstruire une équipe nationale capable de retrouver son rang sur la scène africaine, ce qui passe par la définition d’un modèle de jeu, la sélection d’un noyau dur et la mise en place d’un suivi médical et physique exigeant.

A.A

    Articles similaires

    Bouton retour en haut de la page