
Imane Toubal poursuit l’écriture d’une des plus belles pages du sport féminin algérien. Samedi à Győr (Hongrie), la joueuse algérienne a de nouveau brillé en remportant le tournoi international WC50, épreuve intégrée au circuit UNIQLO Wheelchair Tennis Tour. Cette nouvelle victoire témoigne d’un parcours construit sur la passion, la persévérance et une grande force mentale.
En finale du simple, Toubal a pris le meilleur sur la Néerlandaise Donna Broek-Jansen, troisième tête de série, au terme d’un match maîtrisé remporté en deux sets (7-5, 6-3). Elle n’a pas perdu de temps non plus en double : associée à la Colombienne Zuleinny Rodriguez Trujillo, elle a décroché le titre en battant la paire composée de l’Australienne Sally Schwartz et de la Danoise Louise Charlotte Willerslev-Olsen.
Cette double consécration confirme l’ascension rapide de la joueuse, désormais 82e mondiale — un classement d’autant plus remarquable qu’elle n’a repris la compétition internationale que depuis quelques mois. Début juin, Imane se rendra en Italie pour un nouveau rendez-vous, avec l’objectif de poursuivre sa progression et de défendre les couleurs de l’Algérie.
Le parcours d’Imane Toubal est d’abord celui d’une passionnée. Initiée très jeune au tennis par son père Mohamed Toubal, entraîneur en Algérie, elle intègre rapidement les sélections nationales et collectionne les titres dans les catégories jeunes, dont le championnat d’Algérie. Sa trajectoire la conduit ensuite en France pour ses études, où elle rejoint une université dotée d’une académie de tennis et poursuit sa formation sportive.
Sa carrière bascule cependant à cause de graves problèmes d’arthrose au genou gauche, qui l’obligent à renoncer au tennis traditionnel. Cette période de remise en question est douloureuse : « Psychologiquement, c’était très compliqué », confie-t-elle. C’est alors qu’Imane découvre le tennis en fauteuil et décide de se lancer dans cette nouvelle discipline, fidèle à son tempérament combatif.
Les efforts portent aujourd’hui leurs fruits. Avant son titre en Hongrie, elle avait déjà remporté deux tournois internationaux. Récemment à Madrid, battue au premier tour par une Française classée 24e mondiale, elle a su rebondir en remportant le tournoi de consolation et en empochant des points précieux au classement.
« Le but est de jouer un maximum de matchs possibles », explique-t-elle. Après une interruption des entraînements en octobre 2025, elle n’a repris la compétition qu’en mars 2026, sans préparation réelle pendant six mois. Malgré ce retard, ses résultats dépassent les attentes : « Entrer dans le top 100 mondial avec seulement trois ou quatre tournois disputés en deux mois, c’est très positif », dit-elle avec fierté. Au-delà des performances, Imane met en avant sa fierté patriotique : « Je suis très fière de représenter l’Algérie. Dès que je vois mon nom avec celui du pays dans les tableaux, j’ai une immense fierté. »
Par son parcours, Imane Toubal dépasse le simple statut d’athlète : elle incarne la détermination, le courage et la capacité de se réinventer — une source d’inspiration pour une nouvelle génération de sportifs algériens.
Par N. E.



