24e édition des Championnats d’Afrique — L’Algérie termine à la deuxième place
La sélection algérienne d’escrime a réalisé une participation remarquée et riche en enseignements durant la 24e édition du Championnat d’Afrique seniors tenue, du 31 mai au 6 juin, à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
Cette édition a réuni près de 30 nations africaines — un plateau dense et compétitif qui a mis à l’épreuve l’expérience, la préparation physique et la résistance mentale des athlètes. Arrivés avec des objectifs clairement affichés par le staff technique et une préparation intensive menée pendant plusieurs mois, les escrimeurs algériens ont su défendre avec détermination et panache les couleurs nationales. Au terme de six jours de joutes techniques et tactiques, l’Algérie se classe à une très honorable deuxième place au classement général, juste derrière l’équipe égyptienne, historiquement dominante sur le continent. Ce résultat confirme les progrès constants et visibles enregistrés ces dernières années par la Fédération et les clubs locaux, qui ont su structurer un travail de fond — formation des jeunes, stages à l’étranger et renouvellement des méthodes d’entraînement — permettant désormais à l’Algérie de s’imposer comme l’une des grandes nations africaines de la discipline.
Une moisson enrichie lors des épreuves par équipes
Après des performances individuelles prometteuses, les compétitions par équipes ont offert à la délégation algérienne l’occasion d’étoffer son palmarès continental. Le fleuret féminin a été l’un des temps forts de la compétition : le quatuor composé de Yasmine Tantast, Sonia Zeboudj, Malek Tantast et de Charline Boukhelifa a livré une succession de rencontres où les choix tactiques, la solidarité et la gestion des moments clés ont fait la différence. Les Algériennes, souvent menées puis revenant au score grâce à des relais maîtrisés, ont affiché une excellente cohésion et une grande maîtrise technique. Leur parcours s’est soldé par une médaille d’argent qui illustre non seulement leur talent individuel, mais aussi la qualité du collectif et du travail mis en place par leurs entraîneurs.
Dans l’épreuve du sabre masculin, les représentants algériens ont également brillé en décrochant la médaille d’argent. L’équipe constituée d’Akram Bounabi, Lotfi Ibrihen, Zacharia Bounachada et de Gabriel Malik Abrous McCarthy s’est montrée combative face aux meilleures sélections du continent. Les assauts ont souvent été rapides et nerveux, caractéristiques du sabre, et les Algériens ont dû faire preuve d’une grande réactivité et d’un sens aigu du timing pour contenir des adversaires de haut niveau. Leur présence en finale témoigne de la montée en puissance de cette arme en Algérie et du travail technique fourni pour améliorer la vitesse d’exécution et la précision des attaques.
La troisième médaille issue des épreuves collectives est venue de l’épée masculine. Le quatuor formé par Djamel Eddine Amari, Tamer Houssam Eddine Berkane, Imrane Mohammedi et Idris Noe Saoual a su tirer parti d’une stratégie prudente mais efficace, axée sur la défense intelligente et les contre-attaques opportunes. En épée, où chaque touche compte et où l’endurance mentale est décisive, les Algériens ont su gérer la pression des rencontres à élimination directe pour monter sur la troisième marche du podium et offrir une médaille de bronze précieuse à la délégation.
Au classement général, l’Algérie termine à la deuxième position, derrière l’Égypte, encore aujourd’hui une grande puissance de l’escrime en Afrique, en raison de son historique de résultats et de ses infrastructures. Le Kenya complète le podium grâce à une médaille d’or, mais la performance algérienne reste majeure. Cette deuxième place constitue une reconnaissance tangible du travail entrepris par les acteurs de la discipline : entraîneurs, clubs, officiels et, plus largement, la Fédération algérienne d’escrime (FAE). Elle traduit l’évolution continue du niveau technique des athlètes nationaux — frappe, positionnement, gestion des tempos — mais aussi l’amélioration des aspects physiques et psychologiques de la préparation. Les observateurs présents à Abidjan ont noté une meilleure homogénéité des équipes algériennes, un vivier plus large et une confiance affichée dans les moments décisifs, éléments qui tranchent avec les participations antérieures où la réussite était souvent le fait d’individualités isolées.
A. A.


