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Du pain sur la planche pour  la commission de discipline

Affaires OMA-OEO, OMA-MCA et MCA-HCM

La commission des litiges de la Fédération algérienne de handball (FAHB) s’apprête à traverser une période exceptionnellement intense et décisive. 
Trois dossiers brûlants, deux chez les messieurs et un chez les dames, trônent actuellement sur son bureau. Ces affaires, aux ramifications complexes et aux enjeux sportifs colossaux, pourraient redessiner entièrement la hiérarchie des championnats, en particulier dans la course effrénée aux play-offs. Dans un contexte où la saison entre dans sa phase finale, chaque décision prise par la commission pèsera d’un poids énorme, influençant non seulement les classements, mais aussi la crédibilité même de la compétition.
OMA – OEO : un match non joué au cœur de la discorde
Le premier dossier, et non des moindres, porte sur la rencontre du championnat Excellence messieurs entre l’Olympique d’Annaba (OMA) et l’Olympique d’El-Oued (OEO), initialement programmée à la salle d’Annaba. Ce match, qui devait se dérouler dans le cadre de la phase régulière, n’a jamais pu avoir lieu en raison d’un parquet rendu impraticable. Les faits : la salle avait été nettoyée avec une substance glissante, rendant le sol dangereux pour les joueurs et incompatible avec les normes de sécurité imposées par la FAHB et les règlements internationaux de l’IHF (Fédération internationale de handball). L’Olympique d’El-Oued, qui avait bravé un interminable déplacement de plus de 400 kilomètres à travers l’est algérien, exige l’attribution pure et simple des deux points de la victoire, arguant que cette défaillance n’incombe en rien à ses responsabilités. De son côté, l’OMA rejette fermement toute culpabilité, précisant que la maintenance de la salle relève exclusivement des gestionnaires publics de l’infrastructure, et non du club lui-même. Sportivement, les enjeux sont disproportionnés. L’OEO, déjà solidement qualifié pour les play-offs grâce à une saison régulière impeccable, n’a pas sa qualification en jeu sur ce coup. En revanche, pour l’OMA, cette affaire est une question de survie. Le club annabi est plongé dans une bataille à trois pour la dernière place qualificative, aux côtés de l’Amel Barika et du Mouloudia d’Alger (MCA). Actuellement à égalité de points ou à un cheveu près au classement, une décision en faveur d’El-Oued pourrait plonger Annaba dans les abysses, tandis qu’une reprogrammation ou un nul administratif maintiendrait la tension. La commission devra trancher en s’appuyant sur les rapports des délégués, les preuves matérielles (photos du parquet, témoignages) et les articles du règlement général de la FAHB concernant les « cas de force majeure ». Une telle affaire rappelle des précédents douloureux dans le handball national, où des matchs perdus sur tapis vert ont déjà fait basculer des saisons entières.
OMA – MCA : une fin de match explosive sous le feu des controverses arbitrales
Le deuxième litige, tout aussi épineux, concerne la manche précédente du championnat Excellence messieurs, opposant l’Olympique d’Annaba au Mouloudia d’Alger. Les Annabis l’ont emporté dans un suspense infernal, 26 à 25, mais la joie fut de courte durée. Immédiatement après le coup de sifflet final, le MCA a déposé un recours formel auprès de la commission des litiges. Selon les Algérois, l’arbitre central aurait mis un terme prématuré à la rencontre, ignorant l’alerte du délégué du match qui avait signalé la présence illégale d’un 8e joueur sur le terrain, côté OMA, dans les toutes dernières secondes. Cette irrégularité, si elle est avérée, constituerait une violation flagrante de l’article 5 du règlement du jeu, qui limite strictement les équipes à 7 joueurs sur le terrain (6 de champ + 1 gardien). Le MCA a formulé un rapport et demande l’annulation du résultat et une possible défaite sur tapis vert pour l’adversaire. L’OMA, bien entendu, conteste vigoureusement, affirmant que l’incident n’a pas influé sur le score et que l’arbitrage était conforme. Ce dossier dépasse le cadre purement technique : MCA et OMA sont des rivaux directs dans la course aux play-offs, avec des calendriers serrés et des effectifs sous tension. Une révision du score pourrait propulser les Mouloudéens dans le quatuor final, au détriment d’Annaba, et modifier l’ensemble du tableau.
Chez les dames, la salle de Bouzaréah au centre du litige
Du côté féminin, le troisième dossier agite le championnat des dames, précisément la deuxième journée des play-offs entre le Mouloudia d’Alger (MCA) et le Handball Club de Mila (HCM). Prévue à la mythique salle de Bouzaréah, à Alger, cette rencontre n’a pas pu se tenir pour des raisons d’organisation ubuesques. À l’arrivée des équipes, un match de coupe d’Algérie de futsal occupait encore les lieux, dépassant largement le délai réglementaire de battement (généralement 30 à 60 minutes selon le règlement FAHB). Le HCM, respectueux des textes, a signifié aux officiels son refus de jouer, invoquant l’article sur les « conditions d’homologation des salles ». Résultat : le MCA risque une défaite sur tapis vert et la perte de deux points cruciaux dans ces play-offs à enjeux. Les Algéroises ont riposté par un recours immédiat, soulignant que la programmation des salles relève des instances fédérales ou municipales, et non de leur gestion directe. Le HCM, de son côté, campe sur ses positions et réclame les points, ayant honoré le déplacement dans les délais. Ce litige illustre les problèmes chroniques d’infrastructures dans le handball féminin algérien, où les salles polyvalentes sont souvent surbookées entre disciplines. Avec les play-offs dames en pleine effervescence, une décision défavorable au MCA pourrait compromettre ses chances de titre, tandis qu’une annulation favoriserait Mila. La commission devra démêler ce sac de nœuds en consultant les calendriers officiels et les responsabilités contractuelles.
Des dossiers qui doivent être traités immédiatement
Ces trois dossiers, tous arrivés quasi simultanément sur le bureau de la commission des litiges, représentent un véritable défi pour la Fédération algérienne de handball. Au-delà des détails réglementaires – tapis verts, reports ou nullités –, ce sont des équilibres sportifs fragiles qui risquent d’être ébranlés, tant chez les messieurs que chez les dames. Les clubs impliqués, leurs joueurs galvanisés et des supporters passionnés attendent des verdicts transparents, impartiaux et strictement conformes aux textes fédéraux et internationaux. Dans une phase de saison où chaque point vaut son pesant d’or, ces affaires pourraient non seulement redistribuer les cartes des play-offs, mais aussi relancer les débats sur la modernisation des infrastructures et l’arbitrage assisté. La FAHB a l’obligation de trancher rapidement, idéalement avant la prochaine journée, pour préserver l’équité et la fluidité de la compétition.
A. A.

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