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Tout le monde donnait les Verts vainqueurs face à la Jordanie

La veille du coup d’envoi du match entre la Jordanie et l’Algérie, les regards de la presse mondiale se multiplient : certains saluent la fougue des Jordaniens, d’autres insistent sur l’obligation de résultat pesant sur les Algériens. Entre la découverte du plateau mondial pour la « Nashama » et le retour attendu des « Fennecs », ce match est présenté comme un rendez-vous révélateur, tant pour des ambitions naissantes que pour une équipe expérimentée appelée à confirmer son statut.

Pour une première participation à la fête planétaire du football, la Jordanie tombe dans un groupe corsé et n’a pas été gâtée par le tirage. Son apprentissage du très haut niveau ne doit pas se transformer en correction après la défaite inaugurale face à l’Autriche, d’autant qu’elle affronte une sélection algérienne plus expérimentée et riche en individualités. Classée 68e au classement FIFA, la Jordanie progresse et a montré de belles choses ces derniers mois sur la scène asiatique, même si l’écart avec le niveau mondial reste perceptible. Les « Nashama », nom donné par les Jordaniens à leurs équipes, évoluent sans complexe et affichent une certaine insouciance offensive : elles trouvent le chemin des filets très régulièrement — 10 de leurs 11 dernières sorties se sont soldées par au moins un but inscrit. Leur production offensive reste toutefois modeste (généralement 1 ou 2 buts par match). L’autre versant de leur jeu est une exposition défensive récurrente, souvent pénalisée au pire moment : sur leurs cinq dernières rencontres, elles ont concédé un but dans le temps additionnel à trois reprises. Moussa Al Tamari (Stade rennais) et ses coéquipiers ont déjà inscrit une page d’histoire en qualifiant le pays et en marquant le premier but jordanien du tournoi (Ali Olwan contre l’Autriche), et ils n’entendent pas s’arrêter là.

L’Algérie, elle, fait son retour en Coupe du monde pour sa cinquième participation, après une édition 2014 conclue en 8es de finale au Brésil. Le défi s’annonce de taille : les « Fennecs » ne peuvent se permettre la défaite et doivent viser la victoire afin de préserver des chances réelles de qualification. Dotée d’un réservoir de talent et d’expérience nettement supérieur, l’équipe algérienne arrive favorite sur le papier. Cependant, la prestation contre l’Argentine a déçu : manque de créativité et trop d’attentisme ont suscité de vives critiques, même si l’adversaire était l’équipe championne du monde et menée par un Lionel Messi exceptionnel. Le gardien Luca Zidane avait pour sa part enchaîné quatre matchs sans encaisser après la Coupe d’Afrique des nations, illustration d’une assise défensive sérieuse emmenée par le capitaine Aïssa Mandi et le titulaire de la charnière, Ramy Bensebaïni, en l’absence de Riyad Mahrez. Face à l’Argentine, l’Algérie a néanmoins eu la possession (53%), preuve d’un collectif à l’aise sur le ballon et désireux de dicter le tempo — type d’équipe peu encline à se faire surprendre par une formation techniquement inférieure comme la Jordanie.

Fait notable, l’Algérie n’a jamais battu la Jordanie dans l’histoire des confrontations entre les deux nations : deux rencontres amicales, un succès jordanien le 14 juillet 1988 (2-1) et un match nul le 30 mai 2004 (1-1). Malgré la vaillance jordanienne, l’écart en termes d’individualités et d’expérience laisse penser que l’Algérie partira favorite et devrait l’emporter. C’était le constat que faisait la presse mondiale avant la rencontre.

K. M.

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