Les éliminatoires de la CAN sont proches — Penser dès maintenant à la rentrée

L’aventure algérienne au Mondial-2026 s’est achevée plus tôt que prévu. Éliminés dès les seizièmes de finale après leur défaite face à la Suisse, les Verts quittent l’Amérique du Nord avec le sentiment d’avoir manqué une occasion importante de franchir un nouveau palier sur la scène internationale.
Si la qualification au deuxième tour constitue une belle opération, le contenu affiché tout au long de la compétition laisse un goût amer. Le premier constat concerne l’incapacité de l’équipe à trouver une véritable stabilité. Battue lourdement par l’Argentine lors de son entrée en lice, l’Algérie a ensuite alterné les périodes encourageantes et les passages beaucoup plus compliqués. Le succès obtenu face à la Jordanie puis le nul spectaculaire contre l’Autriche avaient entretenu l’espoir d’un parcours plus ambitieux, mais les limites aperçues dès les premiers matchs ont fini par ressurgir. La situation de Vladimir Petković apparaît aujourd’hui fragilisée. Le technicien suisse n’a jamais réussi à imposer une identité de jeu claire ni à trouver les solutions permettant de corriger les carences observées durant le tournoi. Les choix effectués dans plusieurs rencontres ont alimenté les critiques, tout comme certaines décisions de gestion qui n’ont pas produit les effets escomptés. Son avenir semble désormais s’inscrire loin du banc des Verts. Cependant, réduire cet échec à la seule responsabilité du sélectionneur serait une analyse incomplète.
Plusieurs joueurs majeurs sont passés à côté de leur compétition. Le secteur défensif, en particulier, a affiché des fragilités préoccupantes. Avec neuf buts concédés en quatre rencontres, l’arrière-garde algérienne n’a jamais dégagé la solidité indispensable pour espérer rivaliser durablement avec les meilleures nations. Les cadres attendus au rendez-vous n’ont pas toujours répondu présents. Entre erreurs individuelles, manque de coordination et difficultés à gérer les moments clés, la sélection a souvent donné l’impression de subir les évènements plutôt que de les maîtriser. Dans l’entrejeu également, l’impact espéré n’a pas été constant, ce qui a souvent compliqué les transitions et l’équilibre collectif. Au milieu de ce bilan contrasté, quelques satisfactions émergent néanmoins. La plus importante se nomme Ibrahim Maza. Pour sa première grande compétition internationale, le jeune milieu offensif a confirmé tout le potentiel que les observateurs lui prêtent. Sa qualité technique, sa capacité à éliminer et sa personnalité ont fait de lui l’une des révélations algériennes du tournoi.
D’autres jeunes éléments ont également profité de cette Coupe du monde pour marquer des points. Anis Hadj Moussa, Nadhir Benbouali ou encore Farès Ghedjemis ont démontré qu’ils pouvaient prétendre à un rôle plus important dans les années à venir. Leur progression constitue sans doute la meilleure nouvelle pour une sélection appelée à se renouveler. Car une nouvelle étape s’ouvre désormais. Le départ attendu de Petković, la retraite internationale de Riyad Mahrez et le vieillissement de plusieurs cadres annoncent la fin d’un cycle. L’objectif de la fédération sera désormais de bâtir une équipe capable de préparer les prochaines échéances continentales et mondiales. La reconstruction s’impose donc comme la priorité. Elle devra s’appuyer sur une nouvelle génération talentueuse, tout en conservant l’expérience de certains anciens. Malgré la déception du Mondial, l’Algérie dispose encore d’un réservoir prometteur. C’est autour de cette relève que devront se construire les ambitions des Verts pour les années à venir.
Omar ADLI



