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Le sélectionneur national des U20 fait le point sur le Mondial féminin — Mourad Aït Ouarab : « Satisfait du degré de progression des joueuses »

Après la victoire contre les États-Unis, puis face à la Guinée, une première à ce niveau pour une sélection algérienne U20, nos handballeurses poursuivent leur parcours au Championnat du monde en Chine. Malgré la défaite face à l’Islande lors de la Coupe du Président, le sélectionneur Mourad Aït Ouarab se montre satisfait de l’évolution de son groupe, qui a déjà amélioré son classement mondial par rapport à la précédente édition, disputée en Macédoine du Nord.

Vous venez de décrocher deux victoires historiques face aux États-Unis et à la Guinée. Quel est votre sentiment ?

Ces deux succès ont une grande valeur. Au-delà des résultats, ils récompensent le travail accompli depuis plusieurs semaines. Battre les États-Unis puis la Guinée est une première pour cette génération dans un Championnat du monde. Les joueuses ont démontré beaucoup de caractère et d’envie. C’est une belle satisfaction, même si nous savons que le travail est encore long. Ces victoires ont plusieurs significations. D’abord, elles constituent une reconnaissance du projet de formation mis en place par la Fédération et le staff technique. Les entraîneurs locaux et les préparateurs physiques ont travaillé sur des cycles ciblés de préparation, combinant séances de renforcement, analyses vidéo et rencontres amicales qui ont permis d’affiner les automatismes collectifs. Ensuite, sur le plan psychologique, remporter des matchs contre des nations issues de solides écoles de handball redonne confiance aux joueuses et valide la stratégie tactique adoptée. Enfin, pour le handball algérien dans son ensemble, ces résultats chez U20 ouvrent une fenêtre d’opportunités : attractivité pour les clubs, intérêt des médias et, potentiellement, un meilleur soutien institutionnel.

Malgré la défaite contre lIslande, estimez-vous que votre équipe est en progression ?

Absolument. Le match contre l’Islande a montré que nous étions capables de rivaliser durant plusieurs séquences. Certes, nous avons perdu, mais le contenu reste encourageant. Je suis très satisfait du rendement de l’équipe depuis le début du tournoi. Les joueuses appliquent de mieux en mieux les consignes et gagnent en confiance à chaque rencontre. Sur le plan tactique, certains points positifs sont à retenir. Notre défense a montré de solides interventions, notamment lors des phases de transition où plusieurs récupérations ont permis des contre-attaques rapides. Offensivement, la circulation de balle s’est améliorée : les ailières ont su exploiter les espaces, et le pivot a gagné en présence, obligeant les défenses adverses à resserrer et à ouvrir des lignes de passe. Toutefois, il reste des marges de progression, notamment dans la gestion des fins de période et la finition en supériorité numérique. Le staff travaille avec les joueuses pour corriger ces points lors des séances d’entraînement qui suivent les matchs.

Par rapport au précédent Mondial, peut-on parler dune réelle évolution ?

Oui, sans hésitation. Lors du précédent Championnat du monde en Macédoine du Nord, nous avions terminé à la 31e place sur 32 équipes. Aujourd’hui, nous avons déjà amélioré ce classement et nous allons disputer des matchs pour les places allant de la 21e à la 24e position. Cela prouve que l’équipe avance dans la bonne direction et que les efforts fournis commencent à porter leurs fruits. Cette progression chiffrée est significative, car elle traduit non seulement une meilleure préparation physique et tactique, mais aussi une structuration plus sérieuse du travail avec les clubs formateurs. Plusieurs joueuses issues de centres de formation régionaux ont confirmé leur valeur sur la scène internationale, ce qui montre l’importance d’un suivi régulier dès les catégories de jeunes. L’amélioration du classement mondial est aussi un signal fort pour les instances fédérales : investir dans les programmes jeunesse porte ses fruits et doit être poursuivi.

Le fait de disputer autant de matchs de haut niveau constitue-t-il un avantage pour lavenir ?

Bien sûr. C’est même l’un des principaux objectifs de cette participation. Les joueuses accumulent de l’expérience en affrontant des équipes issues de différentes écoles de handball. Chaque match leur apporte quelque chose, que ce soit sur le plan tactique, physique ou mental. Ce vécu sera très précieux pour la suite de leur carrière. Confronter nos joueuses à des systèmes offensifs et défensifs variés leur permet d’élargir leur palette de solutions en match. La répétition d’efforts intenses favorise aussi l’adaptation physiologique, condition indispensable pour supporter les échéances seniors. Au niveau mental, les joueuses apprennent à gérer la pression, les moments difficiles et le score — compétences souvent déterminantes dans les phases finales des compétitions. Les retombées à moyen terme peuvent aussi être organisationnelles : les clubs bénéficieront de joueuses plus expérimentées et les entraîneurs nationaux auront un vivier mieux préparé pour les échéances majeures.

Certaines joueuses sont-elles désormais proches de léquipe nationale seniors ?

Oui, je pense que plusieurs éléments ont démontré qu’ils possèdent le potentiel nécessaire pour rejoindre les seniors dans un avenir proche. Elles continuent à progresser et cette compétition leur permet de franchir un palier. Il faudra poursuivre le travail, mais je suis convaincu que certaines pourront intégrer progressivement l’équipe A. Parmi celles qui se distinguent, on note la gardienne qui a réalisé plusieurs arrêts décisifs dans les moments clefs, et une pivot qui impose de plus en plus sa présence physique dans la surface. Ces performances attirent l’attention des sélectionneurs seniors et des clubs, et si elles maintiennent ce niveau, une convocation en équipe A lors des prochains rassemblements est envisageable. L’intégration devra cependant être progressive, avec un suivi individualisé pour assurer la transition entre le niveau U20 et le haut niveau senior, surtout en termes de charge de travail et de responsabilités sur le terrain.

Cette progression tombe au bon moment avec les Jeux méditerranéens prévus en août prochain…

Effectivement. Le calendrier est intéressant. Les Jeux méditerranéens représentent une excellente opportunité pour poursuivre la dynamique et permettre à certaines jeunes de découvrir le niveau senior. Cette génération constitue un vivier important pour l’avenir du handball féminin algérien. À nous de bien accompagner ces joueuses afin qu’elles poursuivent leur développement et qu’elles puissent, à terme, apporter un véritable plus à la sélection nationale. Les Jeux méditerranéens offriront un cadre compétitif intermédiaire idéal pour évaluer la capacité des joueuses à s’exprimer face à des équipes seniors issues de plusieurs nations du bassin méditerranéen. C’est aussi un rendez-vous médiatique utile pour valoriser le travail accompli et attirer un soutien accru, public et privé. Le staff national doit désormais calibrer la préparation : mix d’entraînements collectifs, renforcement individuel et matchs amicaux ciblés. L’objectif reste de capitaliser sur l’expérience du Mondial tout en ménageant les jeunes pour éviter les surcharges.

Propos recueillis par A. A.

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