
Avec cinq médailles à Tarente, trois en argent et deux en bronze, le DEN Said Ibaghrachen se dit satisfait du bilan de la boxe algérienne aux Jeux méditerranéens. Il mise désormais sur cette nouvelle génération pour relever les prochains défis, notamment la Coupe du monde en novembre et les qualifications pour les JO de Los Angeles 2028.
La boxe algérienne a bouclé les épreuves aux Jeux méditerranéens de Tarente avec un bilan qui reste largement encourageant. Avec cinq médailles, trois en argent et deux en bronze, les pugilistes algériens ont confirmé leur présence parmi les disciplines qui comptent dans le sport national. Au-delà de la couleur des médailles, cette participation a surtout permis à plusieurs jeunes boxeurs de se frotter pour la première fois à une compétition internationale de haut niveau. Un passage formateur qui devrait leur servir pour les prochaines échéances et les défis à venir. Le Directeur des équipes nationales, Said Ibaghrachen, retient ainsi les nombreux motifs de satisfaction et estime que cette génération possède les qualités nécessaires pour s’inscrire dans la durée.
« On ne peut qu’être fiers de nos boxeurs »
« À l’issue des épreuves de la boxe aux Jeux méditerranéens de Tarente, on ne peut qu’être satisfaits de notre sélection nationale masculine et féminine, avec un bilan de trois médailles d’argent et deux autres en bronze. Nous avons pris part à trois finales. Fatiha Mansouri, dans la catégorie des -51 kg, a fourni une remarquable prestation et nous avons tous cru à sa victoire en finale. Malgré cela, elle repart avec une médaille d’argent qui n’est pas anodine. Elle reste sur une bonne dynamique ces derniers temps et doit continuer à travailler pour progresser. Même constat positif pour Ismail Bekhsis (-65 kg), qui participait à sa première compétition mondiale officielle. Il a réalisé un excellent parcours, notamment avec sa victoire contre l’Italien devant son public. Au deuxième tour, il a également réussi à s’imposer face à un adversaire de très haut niveau, le Turc vice-champion du monde et d’Europe, ce qui lui a donné énormément de confiance pour aller jusqu’en finale. Il s’est finalement incliné 3-2 face au Marocain, classé troisième au dernier Mondial disputé au Brésil. Cela reste une très belle expérience pour lui. Il possède un énorme potentiel et fera sans doute partie d’un joli projet olympique. Pour sa part, Mustapha Abdou (-80 kg) a perdu sa finale contre l’Espagnol, mais il a également montré de très belles choses. Malgré cette défaite, cette troisième médaille d’argent constitue une très belle prouesse pour lui. À cela s’ajoutent les deux médailles de bronze, ce qui nous permet de dresser un bilan satisfaisant. »
Ce bilan, bien que ne comportant pas d’or, traduit une progression tangible de la boxe algérienne sur la scène méditerranéenne. La régularité des podiums, la capacité à atteindre les finales et la performance de jeunes éléments face à des adversaires confirmés témoignent d’un travail de fond qui commence à porter ses fruits. Le fait que trois boxeurs différents soient montés sur la plus haute marche du podium – même en argent – montre également une certaine diversité dans les catégories de poids, ce qui est un indicateur de santé pour une discipline.
« Une nouvelle génération qui mérite notre confiance »
« Il y a également un autre point très important à retenir : notre équipe nationale masculine et féminine a connu un nouveau souffle dans sa composition avec l’arrivée d’une nouvelle génération formée de jeunes boxeurs talentueux et qui ont un bel avenir devant eux. Les derniers résultats enregistrés ont démontré leur grand potentiel. C’est justement pour cette raison que nos sélectionneurs ont pris la décision de les engager dans ces Jeux méditerranéens. Ils sont les meilleurs dans leurs catégories respectives, mais surtout, ils sont en constante progression. Il était donc important de leur faire confiance, de leur donner la chance de démontrer leurs capacités et, surtout, de les préparer pour les prochains défis et les importantes échéances à venir. Un riche programme nous attend en fin de cette année et durant l’année prochaine, qui sera décisive. Nous devons donc continuer à travailler avec cette génération, l’accompagner et lui permettre d’acquérir davantage d’expérience au plus haut niveau. »
Cette volonté de rajeunir l’équipe nationale s’inscrit dans une logique de renouvellement et de construction sur le long terme. En exposant tôt ces jeunes talents à des joutes internationales, la fédération cherche à les aguerrir psychologiquement et techniquement, afin qu’ils ne soient pas déstabilisés lors des grandes compétitions à venir. Cette stratégie, si elle est bien menée, pourrait permettre à l’Algérie de disposer d’un vivier solide pour les cycles olympiques futurs, notamment celui de Los Angeles 2028.
« Désormais, il faut se projeter vers nos prochaines échéances, avec comme premier rendez-vous la phase finale de la Coupe du monde, prévue en Ouzbékistan au mois de novembre. Nous allons préparer les pugilistes des sélections nationales masculine et féminine qui ont participé à ces Jeux méditerranéens afin qu’ils abordent ce rendez-vous dans les meilleures conditions. Plusieurs stages de préparation sont prévus. Il faut rappeler que la Fédération algérienne de boxe a signé des conventions avec des pôles importants de la boxe mondiale, notamment le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, qui constituent deux grandes écoles de la discipline. Ces deux pays en progression permanente dominent depuis plusieurs années les sports de combat en général et la boxe en particulier. Nous aurons donc une série de stages là-bas, qui seront certainement très intéressants et fructueux pour nos sélections. Ensuite, nous aurons à préparer les prochains Jeux africains, prévus en mois de février 2027.
Cette approche pragmatique, fondée sur la préparation intensive et l’exposition à des environnements compétitifs de haut niveau, vise à combler les lacunes techniques et tactiques observées lors des dernières compétitions. Les stages au Kazakhstan et en Ouzbékistan, pays reconnus pour leur excellence en boxe, permettront aux boxeurs algériens de bénéficier d’un encadrement de qualité et de sparrings partners de niveau mondial. Cette immersion dans des centres d’entraînement d’élite est un levier essentiel pour accélérer la progression des athlètes et les préparer aux exigences des tournois qualificatifs olympiques.
« 2027, l’année décisive sur la route vers Los Angeles »
Cette année 2027 sera cruciale pour nous, puisque nous aurons les Jeux olympiques de Los Angeles en ligne de mire. Il y aura d’abord des tournois de qualification avant le dernier tournoi qualificatif final, qui devrait avoir lieu au Nigeria en 2027, en attendant la désignation officielle de la date. Ce sera la dernière ligne droite vers les JO, avec sept catégories de poids chez les hommes et sept chez les dames. Seul le vainqueur de chaque catégorie validera officiellement son billet pour les Jeux olympiques de 2028. L’enjeu sera donc énorme pour l’Algérie et la concurrence très rude entre les grandes écoles africaines, notamment avec les nombreux duels qui opposeront les pays d’Afrique du Nord. Il y aura également le Championnat du monde en 2027, où un autre quota olympique sera attribué. Enfin, une troisième opportunité sera offerte à travers un tournoi mondial de qualification, qui constituera l’ultime chance de décrocher son ticket pour Los Angeles. Pour atteindre ces objectifs, il n’y a qu’une seule recette : le travail et l’abnégation. Dans le cadre de la préparation de nos sélections nationales, un expert international viendra prochainement renforcer notre travail. Son expérience et ses connaissances de la discipline et de ses rouages apporteront certainement un plus à nos différents staffs et à nos athlètes. Ce sera une expérience positive dont chacun pourra tirer profit. »
L’année 2027 s’annonce donc comme un tournant décisif pour la boxe algérienne, avec une série de compétitions qui détermineront la présence du pays aux JO de Los Angeles. La pression sera forte, d’autant plus que les places qualificatives sont limitées et que la concurrence africaine, notamment nord-africaine, est particulièrement relevée. Pour maximiser ses chances, l’Algérie devra non seulement compter sur le talent de ses boxeurs, mais aussi sur une préparation rigoureuse, un encadrement technique de pointe et une gestion optimale des aspects psychologiques et physiques des athlètes. L’arrivée d’un expert international devrait permettre d’apporter un regard extérieur et des méthodes éprouvées, susceptibles de faire la différence dans des duels souvent très serrés.
Entretien réalisé par N. E.



