
La sélection nationale algérienne masculine de basket-ball entame un nouveau cycle de préparation qui marque le début d’un important chantier pour les Verts. Ce second regroupement en Slovénie s’étalera du 4 au 14 juillet, ponctué par deux rencontres amicales de haut niveau, face à la Slovénie et à la Serbie.
Ce deuxième stage, après celui effectué à l’ESHRA, constitue un véritable test pour le sélectionneur national, Ali Bouziane, et son staff technique. Car une question revient avec insistance : à quoi doit-on réellement s’attendre à l’issue de ce stage ?
Une liste construite dans la continuité
En dévoilant sa liste de 16 joueurs, Ali Bouziane avait expliqué avoir privilégié plusieurs critères, notamment l’équilibre entre les différents postes, les statistiques individuelles, le temps de jeu en club et la nécessité de préserver l’ossature du groupe sacré champion arabe l’été dernier au Bahreïn. Le sélectionneur a également choisi d’intégrer huit nouveaux joueurs binationaux évoluant en France et aux États-Unis, dans une volonté affichée d’élargir le vivier de la sélection nationale et d’apporter davantage de concurrence. Sur le papier, le groupe présente donc un mélange intéressant entre joueurs expérimentés, jeunes éléments du championnat national et nouvelles recrues venues de l’étranger. Mais la réalité du terrain pourrait rapidement imposer d’autres considérations.
Le principal adversaire : le manque de compétition
Si le niveau de la Superdivision a été salué cette saison par le sélectionneur lui-même, un constat demeure : une grande partie des joueurs locaux convoqués sont éloignés de la compétition depuis plusieurs semaines. La saison nationale est terminée et, pour certains éléments, la coupure dure déjà depuis un certain temps. Une situation qui soulève naturellement des interrogations concernant leur état physique et leur capacité à répondre immédiatement aux exigences du staff national. Le défi sera donc double. D’une part, retrouver progressivement le rythme des entraînements de haut niveau. D’autre part, assimiler les principes tactiques et les exigences physiques imposés par le sélectionneur. Dans ce contexte, il serait sans doute prématuré d’attendre un niveau optimal dès les premiers jours du regroupement.
Le souvenir du stage de novembre
Cette problématique n’est pas nouvelle pour Ali Bouziane. Lors du précédent rassemblement, en novembre dernier, le sélectionneur avait déjà été confronté à une préparation physique insuffisante de plusieurs joueurs. Le manque de rythme compétitif avait alors constitué l’un des principaux chantiers du staff technique. Aujourd’hui, la question se pose à nouveau : comment éviter de revivre le même scénario ? Le sélectionneur semble avoir anticipé cette difficulté en programmant une préparation progressive, articulée autour de deux phases distinctes. Le stage d’Alger doit permettre une remise en condition physique et une première évaluation des joueurs. Le second regroupement en Slovénie sera davantage orienté vers la compétition et la confrontation internationale. Cette approche paraît logique, surtout lorsqu’on sait que plusieurs joueurs devront retrouver des repères physiques avant même de pouvoir être jugés sur leur véritable niveau technique.
Les binationaux auraient-ils une longueur d’avance ?
L’un des enjeux majeurs de ce second stage concerne également l’intégration des huit nouveaux joueurs binationaux. Évoluant dans des championnats étrangers où le rythme de compétition est souvent plus soutenu, certains d’entre eux pourraient arriver avec une condition physique plus avancée que celle de plusieurs joueurs locaux. Cette situation pourrait naturellement influencer la hiérarchie au sein du groupe. Toutefois, Ali Bouziane a toujours insisté sur l’importance de la complémentarité et non de l’opposition entre joueurs locaux et expatriés. Le sélectionneur cherche avant tout à construire l’équipe la plus compétitive possible, indépendamment du championnat d’origine des joueurs. Le stage d’Alger constituera donc une première occasion d’observer la capacité des nouveaux venus à s’intégrer au projet collectif et à s’adapter au basket algérien.
La Slovénie et la Serbie comme véritables examens
S’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives, les véritables enseignements devraient être tiré après le stage de Slovénie. Les confrontations amicales face à la Slovénie et à la Serbie offriront un niveau d’opposition particulièrement relevé. Elles permettront au staff technique d’évaluer la capacité du groupe à résister physiquement, tactiquement et mentalement face à des références européennes du basket mondial. C’est également à ce moment-là que les choix définitifs du sélectionneur devraient commencer à se dessiner. Les joueurs devront non seulement convaincre sur le plan technique, mais également démontrer leur aptitude à supporter l’intensité du basket international moderne. Ali Bouziane connaît les défis qui l’attendent. Entre la gestion de joueurs en manque de compétition, l’intégration de nouveaux profils et la nécessité de construire rapidement un collectif performant, le technicien national devra trouver le juste équilibre. Quant aux réponses définitives, elles arriveront sans doute en Slovénie, lorsque les Verts seront confrontés à la réalité du très haut niveau européen.
Walim Mansouri


