
À quelques semaines des prochaines échéances internationales, notamment les Jeux méditerranéens et le Championnat du monde, la sélection nationale masculine de handball a effectué un premier stage de préparation, ponctué par une double confrontation amicale face à la Tunisie, à Monastir.
Battus vendredi dernier sur le score de 40 à 30, avant de montrer un bien meilleur visage samedi, malgré une courte défaite (27-25), les Verts ont laissé entrevoir quelques motifs d’espoir pour le nouveau sélectionneur espagnol, Raúl Alonso. Dans cet entretien, le technicien espagnol revient longuement sur ce premier regroupement, l’état d’esprit du groupe, les enseignements tirés des deux rencontres et les nombreux défis qui attendent le Sept national.
Quel premier bilan faites-vous de ce stage de préparation effectué en Tunisie ?
Le bilan est globalement positif et intéressant pour nous. Ce stage a été bénéfique parce qu’il nous a permis de nous retrouver rapidement dans un contexte de compétition, avec deux matchs de haut niveau face à une très bonne équipe tunisienne. J’ai découvert un groupe de joueurs sérieux, ambitieux et talentueux. J’ai vu des garçons qui avaient envie de travailler et de donner le maximum pendant toute la durée du stage. Pour un entraîneur, c’est très important. J’ai également apprécié leur comportement avec le staff. Ils ont été réceptifs, disciplinés et impliqués dans le travail demandé. Ce sont des éléments importants pour construire quelque chose sur le long terme. Bien sûr, nous sommes encore au tout début du projet, mais il y a déjà des signes encourageants.
Malgré deux défaites, vous semblez satisfait de plusieurs aspects…
Oui, parce qu’il faut analyser les choses avec beaucoup de lucidité et de logique. Nous avons affronté la Tunisie, qui reste vice-championne d’Afrique, une équipe expérimentée, bien organisée et habituée à jouer ensemble depuis longtemps. De notre côté, nous venons à peine de commencer le travail. Nous avons préparé cette double confrontation dans un délai très court. Malgré cela, j’ai observé des éléments positifs. Les joueurs ont assimilé beaucoup de choses en peu de temps. C’est très important pour la suite parce que cela montre qu’il existe une bonne capacité d’assimilation au sein du groupe. Entre le premier et le deuxième match, j’ai déjà constaté une évolution dans plusieurs secteurs du jeu. Cela prouve que les joueurs écoutent, comprennent et essaient d’appliquer les consignes.
Revenons justement au premier match perdu (40 à 30). Qu’est-ce qui vous a déplu ?
Honnêtement, je n’étais pas satisfait. Ni du rendement produit sur le terrain, ni de certains aspects tactiques que nous avions travaillés avant la rencontre. L’organisation collective n’était pas à la hauteur de ce que j’attendais. Nous avons eu des difficultés dans les replacements défensifs, dans les transitions et aussi dans la gestion de certains temps faibles. Mais encore une fois, il faut replacer les choses dans leur contexte. Nous étions ensemble depuis très peu de temps et beaucoup de joueurs découvraient certaines méthodes de travail. Il était donc normal de voir des imperfections. Ce premier match m’a surtout permis d’identifier plusieurs aspects sur lesquels nous devons progresser rapidement.
En revanche, la deuxième confrontation vous a laissé une meilleure impression…
Les joueurs ont montré un bien meilleur visage. Défensivement, nous avons été plus agressifs et plus disciplinés. Offensivement aussi, il y avait plus de fluidité et de patience dans la circulation du ballon. Ce deuxième match m’a laissé optimiste parce que j’ai senti un groupe capable de progresser rapidement avec du travail et de la continuité.
Peut-on dire que ce groupe possède déjà une identité ?
Aujourd’hui, nous essayons surtout de poser les bases de ce que nous voulons construire à l’avenir. Mais je peux dire qu’il existe une bonne base de joueurs. Il y a des qualités physiques, techniques et mentales intéressantes. Maintenant, il faudra transformer ce potentiel en véritable force collective. Cela demandera de la patience, de la discipline et beaucoup d’efforts au quotidien.
Quels sont justement les principaux axes de travail pour les prochaines semaines ?
Il y a beaucoup de choses à améliorer. Sur le plan tactique, un grand chantier nous attend. Nous devons travailler davantage l’organisation défensive, les automatismes offensifs, la gestion des temps faibles et aussi certains détails dans la transition. Avec mon staff, nous allons mettre en place un plan de travail précis pour les prochaines semaines. Nous voulons avancer étape par étape, sans brûler les étapes. Le plus important aujourd’hui, c’est d’installer une méthode claire et une culture de travail solide. Nous devons aussi enchaîner rapidement parce que les prochaines échéances arriveront très vite. Les Jeux méditerranéens et le Championnat du monde nécessitent une préparation sérieuse et rigoureuse.
Vous restez donc optimiste pour la suite ?
Oui, je reste optimiste. Bien sûr, il y a énormément de travail à faire et personne ne doit penser que tout sera réglé rapidement. Nous devons rester lucides et concentrés. Mais je vois aussi beaucoup de potentiel dans cette équipe. J’ai découvert un groupe qui veut apprendre et progresser. C’est une base très importante pour un entraîneur. Si nous continuons à travailler avec cet état d’esprit, je suis convaincu que cette équipe peut évoluer dans la bonne direction. Le chemin sera long, mais nous allons tout faire pour construire une sélection compétitive capable de représenter dignement le handball algérien lors des prochaines compétitions internationales.
Propos recueillis par A. A.



